Les bienfaits de la carotte

Peu de gens la connaissent sous sa forme sauvage et pourtant… Bien que sa cousine civilisée figure sur toutes les tables, la carotte sauvage suit son petit bonhomme de chemin en toute discrétion mais avec succès, depuis l’Antiquité. À défaut d’une racine consistante à croquer, la sauvageonne nous réserve bien d’autres surprises toutes aussi parfumées…

carottes sauvage

Carottes sauvages – Source : spm

2019

Une famille infréquentable

En été, impossible de ne pas la croiser, elle se balade dans toutes les prairies sèches, en friche ou dans les jardins à l’abandon. On l’aperçoit de loin, haute silhouette gracile à l’inflorescence blanchâtre et légèrement aplatie. Si son identification n’est pas si compliquée, son appartenance à la famille des Apiacées en inquiète plus d’un : il ne s’agirait pas de la confondre avec une de ces ciguës et autres empoisonneuses ! Rassurez-vous, quelques petits repères vous éviteront une erreur fatale. Comme toute plante de cette famille, Daucus carota (de son petit nom latin) possède une inflorescence en double ombelle qui a tendance à s’aplatir à la pleine floraison. Juste au-dessous de celle-ci, de petits organes verts et allongés, les bractées, épousent la courbe de la fleur. Parfois, au cœur de l’inflorescence immaculée, apparaît – comble de l’audace – une fleur pourpre. Toutes les Apiacées ne peuvent pas en faire autant ! Autre singularité, ses feuilles composées et finement découpées exhalent une nette odeur de carotte dès lors que vous les froissez entre vos doigts. Enfin, au moment de la fructification, l’ombelle se referme sur elle-même, formant un petit nid. Les graines, petites, arborent une couleur rosée à maturité ; elles expriment, quand on les écrase, un irrésistible parfum fruité. Impossible de vous tromper !

cultiver des carottes

Cultiver des carottes – Source : spm

La racine des Gaulois

Notre carotte cultivée est civilisée de longue date. Au commencement, il semble que la belle soit venue des plaines montagneuses d’Afghanistan et ait gagné, au fil des siècles, le bassin méditerranéen. Les hommes de l’Antiquité gréco-romaine avaient déjà commencé à cultiver ce drôle de légume fibreux au IIIe siècle avant notre ère. À en croire les écrits de Pline l’Ancien, la carotte était peut-être déjà un légume national chez les Gaulois puisqu’on la trouve sous le nom de Pastinaca gallica, « racine des Gaulois »… Quelques médecins célèbres en ont consigné l’usage : Hippocrate conseille la décoction de graines pour éviter une grossesse non désirée ; quant à Dioscoride, il indique leur usage pour stimuler la diurèse et restaurer les menstruations. Si, à l’époque, la culture de ce légume a déjà modifié certains de ses caractères d’origine (racine plus orangée, plus grosse et surtout moins fibreuse) il faudra néanmoins attendre le Moyen Âge pour en généraliser la consommation sur les tables paysannes. À l’époque, la consommation des racines n’a pas bonne presse auprès de l’aristocratie, tout ce qui pousse en terre étant considéré comme grossier et impur, réservé aux seuls manants. Mais la petite carotte a tenu bon et quelques siècles plus tard et une racine plus tendre, la voici considérée comme un légume de choix, associant diététique, santé et gastronomie.

L’amie du foie

Devenue synonyme de santé, la carotte a gagné ses lettres de noblesse sur le plan nutritionnel et thérapeutique. Imaginée au XIXe siècle par le cuisinier du centre thermal, la fameuse recette des « carottes Vichy » évoque le régime des curistes locaux pour soigner leurs problèmes de congestion hépatobiliaire. À l’époque, son eau minérale était même l’un des ingrédients de la recette ! Or, depuis les médecins de l’Antiquité, les études scientifiques n’ont cessé de démontrer l’efficacité drainante, tonique et anti-inflammatoire de la racine sur toute la sphère hépato-intestinale. En soupe, en purée, en jus frais, c’est un excellent régulateur intestinal dans les situations de constipation ou de diarrhée. Le Dr Jean Valnet conseillait la soupe de carotte pour lutter contre la diarrhée infantile, les fragilités intestinales. Rien de tel que de donner une carotte crue à mordre à un bébé pour favoriser la sortie des dents et calmer les petits désagréments intestinaux qui vont avec ! Remarquablement diurétique, les personnes rhumatisantes, souffrant d’arthrite ou de calculs rénaux auront tout intérêt à introduire la carotte dans leur alimentation quotidienne. D’autre part, sa richesse en vitamines et particulièrement en provitamine A en fait un allié intéressant pour renforcer les défenses immunitaires, améliorer les troubles visuels et favoriser la régénération sanguine. Cette plante étant riche en oligo-éléments (phosphore, calcium, fer, magnésium, potassium), sa consommation entretient l’équilibre minéral du squelette.

masque au carottes

Masque aux carottes – Source : spm

Au service des femmes !

Si la racine cultivée est un délicieux légume, celle de sa cousine sauvage, insignifiante et très fibreuse, ne mérite guère le détour. En revanche, ses graines méritent qu’on s’y arrête. Aromatiques comme la plupart des graines condimentaires de sa famille (anis vert, cumin, aneth, fenouil, carvi), celles de Daucus carota surprennent par leur parfum fruité. Non dépourvues de vertus, les semences séchées et prises en infusion ont toujours accompagné les femmes dans leur intimité. Des Romaines antiques jusqu’aux Amérindiennes, toutes ont recherché auprès d’elles une aide emménagogue, aphrodisiaque, contraceptive et même parfois abortive ! Cette aptitude à contrarier l’implantation de l’embryon a été confirmée depuis, par des études démontrant qu’elles bloqueraient la synthèse de la progestérone, à condition que le traitement soit pris juste après l’ovulation. Il semblerait qu’à l’inverse leur infusion prise avant l’ovulation favoriserait la fécondation… L’huile essentielle obtenue par la distillation des graines est précieuse pour le soin de l’épiderme. Diluée dans une huile végétale, elle est régénérante et nourrissante pour les peaux fatiguées, ridées ou dévitalisées. Elle n’a pas d’autres contre-indications que celles inhérentes aux huiles essentielles en général (femme enceinte ou allaitante, enfants…).

Mon soin réparateur du soir

  • 30 ml d’huile végétale de rose musquée (Rosa rubiginosa)
  • 20 ml d’huile végétale de noyau d’abricot (Prunus armeniaca)
  • 1 ml d’huile essentielle de graines de carotte sauvage (Daucus carota)

Versez le tout dans un flacon muni d’une pompe, remuez. Versez quelques gouttes dans le creux de la main et massez doucement le visage après le nettoyage du soir.

Les madeleines aux graines de carotte

  • 150 g de farine de riz/millet ou autre
  • 100 g de sucre blond
  • 110 g de margarine végétale
  • 2 œufs
  • 1 cuillerée à soupe de poudre à lever
  • 1 cuillerée à soupe de graines de carotte sauvage fraîches

1. Ôtez le pédoncule des graines. Faites fondre la margarine au bain-marie puis laissez refroidir.

2. Fouettez ensemble le sucre et les œufs entiers jusqu’à ce que le mélange blanchisse.

3. Ajoutez les graines de carotte, la farine et la levure et mélangez le tout pour éviter les grumeaux sans travailler trop la pâte. Ajoutez la margarine en dernier quand elle est bien refroidie. Mélangez.

4. Laissez reposer la pâte une demi-heure au réfrigérateur et préchauffez le four à 180 °C. Graissez et farinez les moules.

5. Mélangez la pâte et remplissez les moules aux ¾. Enfournez. Les madeleines sont cuites quand elles ont doré et formé leur chapeau

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