Une maman désespérée, au bout du rouleau se donne la mort après la réduction de ses aides sociales

Les pathologies mentales peuvent parfois survenir suite à un événement traumatisant. Que ce soit de la tristesse, de l’angoisse ou de la dépression, l’émotion peut pousser certaines personnes à commettre l’irréparable. Le témoignage suivant, relayé par BBC News, démontre les répercussions de certains événements de la vie sur le mental. En effet, une femme se serait suicidée suite à une situation financière qu’elle était incapable de supporter.

Philippa Day, 27 ans, avait déjà un équilibre mental assez fragile avant son décès. Suite à de nombreuses dettes, à la réduction de ses prestations de protection sociale et à une demande d’évaluation refusée, elle s’est donnée la mort. C’est du moins ce que revendique sa famille.

Une situation financière insupportable

Philippa aurait sollicité de nouvelles prestations mais au lieu de cela, elle a vu ses paiements passer de 255 euros par semaine à 67 euros. À ce propos, BBC révèle que le Département du travail et des pensions (le DWP), a déclaré qu’il ne pouvait pas commenter la situation.

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Philippa Day a été très inquiète de sa situation financière – Source : Mirror 

La femme qui vit au Royaume-Uni est décédée à l’âge de 27 ans et aurait été trouvée effondrée chez elle, ce qui a entraîné un coma de 10 semaines. D’après sa famille, elle avait déjà reçu un diagnostic de trouble de la personnalité avec une instabilité émotionnelle. Sa santé mentale se serait d’autant plus détériorée avec une dépression post-partum, a déclaré Imogen Day, sa sœur. Par conséquent, elle était devenue incapable de travailler. En effet, la dépression post-partum peut s’avérer dévastatrice et ne doit pas être prise à la légère.

En outre, Philippa souffrait d’un diabète de type 1 et avait, pour cette raison, reçu des allocations de subsistance pour personnes handicapées. Mais après avoir fait une demande de paiement d‘indépendance personnelle (la PIP), les aides ont cessé. 

Des formulaires n’ont pas été reçus et ses aides financières ont été réduites à une petite allocation de subsistance de 67 euros mensuels. Sa sœur raconte par ailleurs que les mois précédents sa mort, le sujet le plus fréquent de leurs conversations concernait la réclamation de sa PIP et le fait que sa qualité de vie s’était grandement détériorée. 

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Philippa s’est donnée la mort, ne pouvant plus supporter sa situation financière – Source : BBC

Elle a fini par mettre fin à ses jours

D’après Imogen, la famille pense que ses envies suicidaires ont été déclenchées  après qu’on lui ait rejeté sa demande d’évaluation à domicile. La famille a même accusé le département du travail d’avoir manqué à un article de loi prônant « le droit à la vie ». Le DWP aurait déclaré qu’il n’était pas au courant des circonstances de Philippa, ce qui est selon Imogen tout bonnement « incorrect ». 

En effet, elle déclare : « Avec toutes ses relations avec le DWP, ma sœur et ses infirmières psychiatriques ont été très clairs à propos de l’impact sur sa santé mentale et le fait que cela la faisait se sentir plus suicidaire. »

Suite à cet incident, Imogen souhaite que le système du processus de réclamation des aides soit remanié afin de protéger les personnes vulnérables. 

Un porte-parole du DWP a exprimé ses condoléances envers la famille de la défunte et a déclaré qu’il serait inapproprié de commenter davantage tant que l’enquête est en cours. 

Les difficultés financières ou plus globalement socio-professionnelles peuvent en effet, pousser à des gestes irréversibles. En atteste également le cas de Jessy Paola Moreno Cruz, une femme qui s’était jetée d’un pont avec son fils en raison de ses problèmes d’argent. 

Comment aider une personne suicidaire ?

Dans ce genre de situations, à défaut de recette miracle, certaines recommandations générales peuvent être utiles si nous faisons face à une personne qui exprime des idées suicidaires. Sachez également que ces recommandations valent dans la prévention du suicide et ce, que la personne exprime ses idées de façon directe ou indirecte. Exposées par le Centre de Prévention du Suicide, elles impliquent de :

  • Parler du sujet de façon calme et ouverte ;
  • Tenter d’écouter ce qu’elle endure tout en l’invitant à se confier ;
  • Savoir qu’il est normal de ne pas tout comprendre ;
  • Ne pas minimiser une tentative de suicide ;
  • L’encourager à recourir à l’aide d’un spécialiste ou d’un organisme de soutien ;
  • Ne pas hésiter à recourir vous-même à une aide si vous en ressentez le besoin.

Il est par ailleurs, conseillé d’éviter certaines conduites qui ne permettent pas de favoriser la reconnaissance de la souffrance chez la personne en question :

  • Éviter de lui présenter des « recettes » de bonheur ;
  • Il faut éviter de la juger ;
  • De vous montrer engagé au-delà de votre pouvoir ou bien de lui donner de faux espoirs ;
  • De lui faire des leçons de morale ;
  • D’inciter la personne à vivre pour des proches, soient-ils ses enfants, son conjoint/sa conjointe, ses parents. Cela favoriserait son sentiment de culpabilité ;
  • Éviter de porter la responsabilité de l’accompagnement à vous seul ;

Enfin, il est impératif de ne pas garder la situation secrète. La prise en charge par un professionnel peut également contribuer à la prévention du suicide. 

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