« J’ai eu des relations sexuelles avec 16 hommes en un an et je n’ai pas besoin de votre jugement »

Témoin d’une conversation entre deux amis, Sarah réalise à quel point la sexualité des femmes est encore taboue. Dans un texte poignant, elle pointe du doigts ces idées obsolètes et rompt le silence pour faire comprendre qu’une femme peut être libérée...et respectable. “ J’ai eu des relations sexuelles avec 16 hommes en un an. Et ça m’a fait du bien” écrit-elle.

C’est le récit d’une femme qui a voulu libérer sa parole pour dénoncer des idées sexistes et mysogines. Relayé par le site américain Scary Mommy, ce témoignage écrit par Sarah, auteur du blog NY Chick, met le holà aux idées reçues. Elle pointe du doigt la discrimnination dont sont victimes les femmes et le regard stigmatisant que peuvent porter sur elles certains hommes. 

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Sarah, auteur du blog NY Chick Source : NY Chick

“ Elle a couché avec tous les garçons qui travaillent à l’auberge” 

Sarah rapporte un événement qui l’a particulièrement marqué. Au cours de son voyage à travers l’Europe qui a duré un an,  elle se retrouve un jour dans un restaurant à Budapest avec deux amis. L’un d’eux parle d’une jeune fille qui séjourne dans la même auberge que le trio. “ J’ai entendu qu’elle avait couché avec un garçon de l’auberge sur le comptoir de la cuisine », a-t-il affirmé. Puis à l’autre de surenchérir : “ Elle a couché avec tous les gars qui travaillent à l’auberge. C’est dégoûtant ».  Sarah raconte que c’est à ce moment-là qu’elle eut une révélation : cette fille, ça pourrait être elle. “ En l’écoutant parler de cette femme, j’ai pensé à tous les hommes avec qui j’ai eu des relations sexuelles pendant mon voyage jusqu’à présent. Cela faisait trois mois et je pouvais en compter sept, dont lui” écrit-elle. 

“Ce jour là, je n’ai pas réagi” 

Si la jeune femme n’a pas réagi aux remarques sexistes de ses amis, elle n’en pensait pourtant pas moins. “ Ce jour-là, je n’ai pas réagi. Au lieu de ça, j’ai continué à manger mon hamburger végétarien.” regrette Sarah. “ Sur le coup, je me suis dit que j’aurais jamais fait ce que cette fille de l’auberge avait fait. C’est vrai, je n’aurais jamais pris le risque de faire l’amour au milieu d’une cuisine (…) Mais en repensant à cette conversation, je sais que vouloir me dissocier de cette femme était arbitraire. Ça aurait pu être moi. J’aurais dû la défendre” regrette Sarah. 

“Qui peut vraiment se permettre de juger” 

En se repassant cette conversation au crible, Sarah s’est rendue compte que cette jeune femme a été victime de calomnie. “ En fin de compte, nous avons tous eu des relations sexuelles dans cette auberge. Mes amis, moi, tout le monde dans cette auberge de jeunesse s’entendait bien. C’est exactement ce qui se passe lorsqu’un groupe de jeunes voyageurs avec les hormones en ébullition partage les mêmes dortoirs et boit beaucoup d’alcool. Alors, qui peut vraiment se permettre de juger ?.” se questionne la jeune femme. 

“Nous oublions trop souvent de raconter cette version de l’histoire” 

Sarah explique qu’elle regrette de ne pas avoir dit à son ami ce qu’elle pensait ce jour-là. Au lieu de cela, elle a préféré se taire. “ Par lâcheté et par peur qu’il la juge”, avoue-t-elle. Et d’ajouter : “ Beaucoup d’entre nous, en particulier ceux de la génération Y, ont grandi avec des messages déroutants sur ce que nous sommes censés penser du sexe (…) D’une part, nous aimons le sexe et d’autre part nous pensons que les personnes qui ont beaucoup de partenaires sont moralement déficientes”. La jeune femme constate que ce paradoxe s’applique particulièrement aux femmes. Elles sont critiquées lorsqu’elles sont trop prudes et sont jugées lorsqu’elles vivent leur sexualité sans tabou. Si le sexe peut être à l’origine de certaines expériences parfois regrettables, et peut, lorsque la relation n’est pas réfléchie avoir des conséquences funestes, l’auteur du texte explique qu’il est important de comprendre que dans son essence, le sexe est quelque chose  de sain et de beau. “ Et nous oublions trop souvent de raconter cette version de l’histoire” déplore Sarah. Et pour cause, cet état d’esprit peut parfois pousser les femmes à culpabiliser et à ne plus avoir envie de sexe

“J’ai couché avec 16 hommes en un an” 

En pleine introspection, Sarah réalise qu’elle a couché avec près d’une vingtaine d’hommes en un an, et qu’elle en est très heureuse. “ Je raconte cette histoire parce que j’ai couché avec 16 hommes en même temps. Et ça m’a fait du bien.”. La jeune femme tente à travers son texte de sensibiliser aux idées reçues et aux faux-semblants. “ Arrêtons d’avoir honte. Arrêtons de nous inquiéter du nombre de nos partenaires.” conclut Sarah.  Comme elle, une maman qui aime avoir des relations sexuelles occasionnelles à décider de briser les tabous. 

Qu’est ce que le “slut-shaming” 

Le “slut-shaming” est un néologisme qui définit la propension des hommes et des femmes à rabaisser une femme à cause du nombre de ses partenaires, ses pratiques sexuelles, son style vestimentaire etc. Ce phénomène, qui considère les femmes sexuellement actives comme des femmes faciles et frivoles peut-être dangereux. Et pour cause, il encourage la culture du viol et stigmatise les femmes. Ce cercle vicieux peut avoir des conséquences désastreuses et renforce le patriarcat. 

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