Voici pourquoi il ne faut plus donner la fessée !

Un demi-siècle de recherches a permis de mettre en évidence l’influence des fessées sur le développement psychologique des enfants. Si cette attitude parentale est répétitive, elle pourrait même avoir un impact considérable sur l’harmonie sociale.

L’analyse des effets de la fessée sur le développement psychologique de l’enfant a présenté quelques difficultés particulières, d’une part, à cause du fait qu’elle est souvent accompagnée d’autres formes de châtiments corporels ; rendant ainsi impossible d’établir une distinction pertinente entre leurs impacts et ceux des fessées. D’autre part, plusieurs personnes ont encore une opinion traditionnelle concernant cette pratique.

Ce que disent les études

Les résultats de plusieurs enquêtes sur les effets de la fessée sur une population de 160.927 enfants ont été regroupés dans le Journal of Family Psychology. Le docteur Elizabeth Gershoff, qui a contribué à la publication de cette étude sur la fessée – une tape à main nue sur les fesses ou un autre membre – relaie que la plupart des adultes l’admettent en tant que punition, et non comme un comportement abusif.

Les conclusions de ce rapport révèlent néanmoins que la fessée est absolument inadéquate comme mesure de discipline. « Nous avons constaté que la fessée a été associée à des résultats négatifs involontaires de la part des enfants, plutôt que de conduire à l’attitude attendue par leurs parents », est-il indiqué. Elles confirment, en outre, que la conception traditionnelle soutenant que la fessée ne fait pas de mal est erronée, en démontrant que les adultes qui ont été éduqués à coup de fessées étaient plus susceptibles de développer des comportements asociaux et d’être agressifs à l’âge adulte.

L’enquête publiée dans le Journal of Family Psychology compare également l’ampleur de la fréquence de la fessée sur le développement psychosociologique de l’enfant à l’usage de la violence physique. Elle note qu’un enfant souvent fessé est plus susceptible de développer un comportement associable et certains psychologues estiment que ces deux facteurs induisent le même résultat.

Avis d’une spécialiste

Prudence Nazeyrollas, psychopraticienne, confirme que les fessées et châtiments corporels ont des répercussions psychologiques et physiques sur l’enfant. Corroborant ses dires avec les études de l’Observatoire de la violence éducative ordinaire et de l’Association Ni fessées ni tapes, elle soutient que les fessées sont dégradantes, affectent l’estime de soi et suscitent un sentiment d’humiliation pouvant conduire à la construction d’une personnalité dépressive, agressive et violente.

Les châtiments corporels affectent, en outre, la confiance de l’enfant, ainsi que le développement de son quotient intellectuel. Le manque d’interaction verbale est de nature à réduire le développement des capacités intellectuelles de l’enfant. C’est ce que révèle une étude menée par une équipe de chercheurs de l’Université du New Hampshire sur un groupe de 806 enfants âgés de 2 à 4 ans, puis de 704 enfants âgés de 5 à 9 ans.

Sur le volet physique, les enfants le plus souvent frappés sont sujets aux maladies et aux risques d’accidents, tels que les lésions musculaires causées par des fessées répétées ou les lésions cérébrales chez les nourrissons (syndrome du bébé secoué). Ils sont aussi plus susceptibles de souffrir de surpoids voire d’obésité ou d’hypersensibilité au stress.

Éduquer sans frapper

Prudence Nazeyrollas suggère une communication proactive. Elle conseille de pratiquer l’écoute active, en tendant une oreille attentive aux conflits intérieurs de l’enfant et en expliquant les conséquences de son imprudence ou de son action, ainsi que ce que vous ressentez personnellement. Il se sentira valorisé et plus en confiance, ce qui contribuera à réduire ses comportements négatifs.

Cartographie des pays ayant légiféré en la matière

Au final, un rapport de l’Unicef a relancé le débat sur cette question, en constatant que plus de 70% des enfants, à l’échelle mondiale, faisaient l’objet de fessées. 44 pays ont interdit l’usage des châtiments corporels, en toutes circonstances, contre les enfants. La Suède est pionnière en la matière (depuis 1979). La Nouvelle-Zélande est, quant à elle, le premier pays anglophone à lui emboiter le pas. 

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