Comment semer et cultiver l’oseille dans le jardin ?

Si vous cherchez à purifier et à détoxiquer votre organisme, pourquoi ne dégustez-vous pas de l’oseille ? Depuis l’Antiquité, l’oseille sauvage est consommée pour ses vertus. Aujourd’hui, les palais plus délicats peuvent avantageusement lui préférer les variétés cultivées.

Pendant l’Antiquité, on consommait couramment des plantes acides et amères. Les espèces végétales dans ce registre auquel appartient l’oseille sont nombreuses. Elles étaient utilisées pour purifier le corps, notamment durant les périodes de jeûne. Ainsi plusieurs espèces de Rumex sauvages faisaient l’objet de cueillettes avant que les formes cultivées ne gagnent les potagers, toutes originaires de la partie tempérée de l’Europe et de l’ouest de l’Asie. Le Lapathum cité par Plaute et Horace décrit vraisemblablement la patience (Rumex patientia), l’Oxalis de Dioscoride, l’Oxulapathon de Galien et le Rumex de Pline et de Virgile décrivent des espèces du genre Rumex dont notre oseille. À partir du XIIe siècle, on l’identifie plus sûrement dans les écrits. Tous les noms vernaculaires de l’oseille insistent surtout sur son acidité : acidula, acida acetosa, surete… Sans qu’on sache pourquoi, cette particularité séduira davantage les Français. Dans le Bassin parisien, les maraîchers se sont rapidement taillé une réputation dans l’amélioration de cette plante. Dès 1749, on trouve la description de l’oseille «de Belleville », dans l’École du jardin potager de l’agronome de Combles, à feuilles plus amples, plus blondes et moins acides. Elle est toujours cultivée de nos jours et vendue dans nos jardineries. Quelle longévité !

oseille

Oseille – Source : spm

L’oseille au jardin

Une fois l’oseille installée, il suffit de dédoubler les touffes pour la multiplier (voir encadré), mais pour initier la culture, il faut bien commencer par le semis même s’il est un peu capricieux. Les graines sont très fines, 1 seul gramme en contient environ 1 000, aussi faut-il s’aider d’un semoir à main pour faire un semis régulier. Rappelons qu’il s’agit d’une petite boîte à ouverture réglable en fonction de la taille des graines, ce qui permet de « semer clair » en langage de jardinier. Préparer un sol riche et bien exposé, frais et léger, éviter les sols calcaires. Semer de mars à juin en enterrant les graines, seulement à 1 cm de profondeur, par un simple ratissage. Tasser légèrement et arroser en pluie fine, régulièrement pour maintenir le sol frais, sans excès. Lorsque les plants ont 4 ou 5 feuilles, repiquer en lignes distantes de 25 à 30 cm. Par la suite, éclaircir au besoin pour laisser 15 à 20 cm entre deux plants.

Les premières récoltes se font 3 à 4 mois après le semis, feuille à feuille, au fur et à mesure des envies. Une fois par an, en automne ou en début de printemps, apportez un peu d’engrais organique (compost, fumier bien décomposé…) par épandage au pied.

oseille balcon

Oseille sur le balcon – Source : spm

De l’oseille sur le balcon

Comme toutes les salades, l’oseille peut être cultivée facilement sur les balcons et les terrasses, dans des pots ou des jardinières suffisamment profonds. Semer dès marsavril en enterrant peu les semences, tasser légèrement et arroser en pluie fine sans chambouler le semis. Lorsque les plants ont 4 ou 5 feuilles, éclaircir une première fois pour laisser de la place aux plantules, puis une seconde fois quand les cultures sont trop dures pour laisser finalement un plants tous les 15 cm. L’oseille reste en place ; l’année suivante on pourra la multiplier au début du printemps en sortant les touffes pour les diviser en plus petites, à repiquer tous les 20 cm.

On en sème combien ?

En pleine terre le rendement est bon, environ 2,5 à 3 kg par m2. Une ligne de 12 à 15 pieds est suffisante pour la famille, une fois que la culture est installée.

Sus aux trouble-fête

De bonnes feuilles bien charnues, ça ne peut qu’aiguiser l’appétit des limaces et d’ escargots, principaux ennemis de la culture. Dresser autour des pieds des barrages bio de cendre de bois, de sciure, de verre pilé, ou épandre des granulés contenant du ferramol pour une solution respectueuse de l’environnement. La mouche de l’oseille se signale de temps en temps, c’est une mineuse, on l’identifie par les galeries que sa larve creuse dans l’épaisseur de la feuille. Couper les feuilles et les détruire. Les pucerons sont quelquefois de la partie, une ou deux pulvérisations d’insecticide bio suffisent à s’en débarrasser.

Par ici la bonne oseille ?

Rumex acetosa

Rumex acetosa – Source : spm

Il existe deux oseilles principales à cultiver au jardin, à ne pas confondre si l’on achète des plants en jardinerie : l’oseille vierge (Rumex scutatus), qui se multiplie uniquement par division de touffe. Et l’oseille commune (Rumex acetosa) qui pousse par semis et aussi par division de touffe.

Pour des usages médicinaux, toutes les oseilles se valent, et a priori les variétés cultivées sont aussi efficaces que l’espèce sauvage. En revanche, sur les tables, les différences sont notables.

L’oseille vierge dite à feuilles rondes est meilleure que l’oseille commune, de l’avis de certains. Ses feuilles charnues, vertes et rondes sont réunies en bouquets, leur goût légèrement citronné se marie bien avec les viandes blanches, les poissons, les volailles et les sauces blanches. L’oseille commune se décline en plusieurs variétés horticoles :

Large de Belleville  : la variété historique, toujours cultivée, même si vraisemblablement elle a été légèrement modifiée au gré des générations de jardiniers. Grandes feuilles lancéolées, amples, d’un beau vert franc. Très productive. C’est l’oseille de référence

Blonde de Lyon  : anciennement nommée «Blonde de Lyon à larges feuilles » ou encore «Oseille blonde géante », ses différents noms suffisent à la décrire. Son goût, agréable, est légèrement moins acide et plus fin

De Chambourcy : une bonne variété rustique, vigoureuse, donnant de nombreuses feuilles larges et bien vertes.

Oseille

Aigrette, grande oseille, oseille acide, oseille longue, patience acide, surelle, surette, vinette

Plante vivace herbacée potagère, condimentaire et médicinale, poussant en touffe lâche de 60 cm sur une racine pivotante. Feuilles entières, pétiolées, ovales à oblongues, larges nervurées, légèrement cloquées, de couleur verte à rougeâtre. Tige florale, creuse, de 30 cm à 1 m. Fleurs dioïques (les fleurs mâles et femelles apparaissent sur des plants différents), de couleur verte, rassemblées en longues panicules rougeâtres.

L’oseilles médecin

L’oseille est principalement dépurative et digestive. Elle est également apéritive, antiscorbutique, laxative, emménagogue, tonique et stomachique. Sur le plan alimentaire, l’oseille est riche en fer et en vitamine C. Par ailleurs, ce légume ne convient pas aux personnes souffrant d’hyperactivité gastrique et sa richesse en acide oxalique la fait proscrire aux goutteux, aux rhumatisants et aux lithiasiques.

On divise les touffes

Dès la deuxième année, lorsque les carrés d’oseille sont fournis, diviser au printemps par éclats de touffe. Prélever les éclats, les habiller, en réduisant de moitié la surface des feuilles et en égalisant les racines. Repiquer dans les mêmes conditions que pour les plants issus de semis

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