Les femmes ayant des symptômes du syndrome des ovaires polykystiques sont plus susceptibles d’avoir des enfants autistes

Lorsqu’on parle d’autisme, on pense de prime abord à un état mental plutôt qu’à une maladie à proprement dit. Mais en réalité, il s’agit bien d’une maladie neurologique ou condition neurodéveloppementalequi ne se guérit pas et qui affecte le fonctionnement du cerveau, le système immunitaire et biologique. On estime qu’un enfant sur 100 serait atteint d’autisme en France et selon de récentes études cette pathologie serait liée au syndrome des ovaires polykystiques…

Ces études mettent en évidence une cause hormonale liée à certains cas d’autisme ou de troubles apparentés et ce risque serait plus élevé chez les enfants nés de femmes souffrant d’un syndrome des ovaires polykystiques.

En dehors de l’évidence d’une prédisposition génétique favorisant l’apparition des troubles de l’autisme, deux autres approches  scientifiques sont infiniment associées au déclenchement de l’autisme telles que l’approche neurobiologique et les facteurs environnementaux.  

Syndrome des ovaires polykystiques mis en cause dans certains cas d’autisme

Cependant, une étude récente met en corrélation le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) à un risque accru d’autisme chez un enfant à naître. En effet, les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques et en âge d’avoir des enfants, secrètent une grande quantité d’hormones androgènes, y compris pendant la grossesse, provoquant ainsi un dysfonctionnement métabolique dû à la résistance à l’insuline. Une étude du Centre de recherches sur l’autisme de l’Université de Cambridge corrobore ce lien selon lequel les femmes atteintes du syndrome des ovaires polykystiques (SOPK) sont plus susceptibles d’avoir des enfants atteints d’autisme. 

L’auteur principal de la recherche Simon Baron-Cohen, déclare que la recherche permet de situer les effets de la testostérone sur le développement du cerveau du fœtus et sur le comportement et l’esprit plus tardifs de l’enfant et que ces effets hormonaux ne sont pas nécessairement indépendants des facteurs génétiques, car une mère ou son bébé peut avoir des taux plus élevés d’hormone pour des raisons génétiques, et la testostérone peut affecter le fonctionnement des gènes. Une autre recherche met en évidence que les troubles du spectre autistique (TSA), caractéristiques pouvant changer au cours du développement d’une personne, sont mis en mouvement au cours du développement prénatal.

Qu’est-ce que le syndrome des ovaires polykystiques ?

Le syndrome polykystique, pathologie endocrinienne, est caractérisé par un trouble hormonal donnant lieu à des symptômes divergents d’une femme à l’autre, tels que des cycles menstruels irréguliers, de l’acné et une pilosité excessive. Il est également singularisé par une augmentation anormale de la production d’androgènes dans les ovaires et qui altère de manière significative la croissance des follicules ovariens (à savoir l’accumulation autour des ovaires de multiples petits kystes) et perturbe la production des ovules. 

Egalement appelée affection systémique, le syndrome polykystique a un impact sur tout l’équilibre hormonal et peut entrainer différentes complications au niveau cardiovasculaire, métabolique et reproductif mais aussi général. Un éventuel traitement ne repose que sur celui des symptômes et manifestations de l’affection et sur la prévention des complications.

Une étude suédoise confirme le lien de cause à effet 

Une autre étude menée sur le sujet en Suède à l’institut Karolinska de Stockholm portant sur un panel de la population suédoise, met en évidence que les enfants nés de mères produisant un excès d’hormones androgènes ont un risque plus élevé de développer des troubles liés à l’autisme.

« Nous avons découvert qu’un diagnostic de SOPK chez la mère augmentait de 59% le risque de TSA chez l’enfant », a déclaré la psychiatre Kyriaki Kosidou du département des Sciences de la santé publique au sein de l’Institut Karolinska.

Par ailleurs, l’équipe de recherches a aussi mis en lumière que les femmes autistes étaient plus susceptibles d’être atteintes du syndrome polykystique et que celles-ci étaient plus à même d’être également atteintes de troubles de l’autisme, ce qui suggèrerait le lien de causalité du fait des niveaux élevés d’hormones stéroïdes sexuelles. 

Ainsi, ces recherches corroborent celles déjà menées par l’Université de Cambridge qui avait démontré qu’avant même leur naissance, les enfants autistes présentaient des taux élevés d’hormones stéroïdes sexuelles et que ces dernières sont en fait produites par la mère, qu’elle peuvent se frayer un chemin à travers la barrière placentaire et jouent donc un rôle important dans le développement des troubles autistiques lorsque cette dernière est atteinte du syndrome des ovaires polykystiques. 

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