L’ancienne ministre Agnès Buzyn a-t-elle classifié la chloroquine dans la liste des « substances vénéneuses » ?

Le coronavirus continue son avancée en Europe et à travers le monde. Face à cette crise sanitaire, certains scientifiques prônent l'usage de la chloroquine, une molécule souvent controversée. Alors que l’essai clinique européen intitulé ‘’Discovery’’ est en cours, une nouvelle information concernant cet antipaludique serait apparue sur les réseaux sociaux. Selon ces rumeurs, l’ancienne ministre de la Santé, Agnès Buzyn, aurait dès début janvier classifié la chloroquine dans la liste des « substances vénéneuses ». Découvrez le vrai du faux dans cet article. Ces informations ont été relayées par la rubrique CheckNews du journal Libération

A l’heure où la pandémie progresse en Europe et en l’occurrence en France, des informations fusent sur les réseaux sociaux concernant l’ancienne ministre de la Santé et la désormais célèbre chloroquine. Selon ces publications, Agnès Buzyn aurait classifié la chloroquine dans la liste des « substances vénéneuses ». Décryptage.

La chloroquine au centre du débat

Face à la crise sanitaire, il est tout naturel que le public s’intéresse à la course scientifique au remède. Le professeur Didier Raoult, un pionnier de l’emploi de la chloroquine a été l’un des premiers à revendiquer son efficacité. Un point de vue qui n’a pas fait l’unanimité auprès de nombreux médecins et scientifiques qui attendent les résultats d’études approfondies pour se prononcer. Interrogé par Europe 1, Gérald Bronner, sociologue et membre de l’académie de médecine rappelle notamment “que la chloroquine n’est pas admise par la communauté scientifique comme remède contre le Covid-19”.

Depuis quelques jours, une autre information circulerait sur des publications Twitter ainsi que sur des blogs. Selon ces dernières, l’ancienne ministre de la Santé Agnès Buzyn aurait classifié la chloroquine dans la liste des substances « vénéneuses ». A cet effet, Libération fait le point.

Des mesures de précaution

Certains internautes se sont interrogés devant cette décision de l’ancienne ministre, l’un d’entre eux aurait selon le quotidien français commenté :  « Très curieux qu’un médicament en usage depuis des années ait été rendu plus difficile d’accès juste au moment où l’épidémie de Covid-19 a éclaté ».

Tout d’abord, c’est bien le 13 Janvier que, par un arrêté et par délégation pour Agnès Buzyn, Jérôme Salomon aurait classé l’hydroxychloroquine, un dérivé de la chloroquine, dans la liste II des « substances vénéneuses ». Comme l’explique le site du ministère de la Santé, cette liste comprend les médicaments soumis à prescription médicale “et qui ne peuvent ainsi être obtenus que sur présentation d’une ordonnance rédigée par un médecin, un chirurgien-dentiste ou une sage-femme”.

L’ajout de l’hydroxychloroquine dans cette liste aurait été “pris sur proposition” du directeur de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de la santé (ANSM) selon Libération, comme il serait coutume avec toutes les substances composant cette liste.

L’avis de l’ANSM

Afin de comprendre pourquoi cette décision a été prise, il est utile de s’intéresser à l’avis de l’ANSM. Dans un courrier du 8 octobre 2019 cité par le journal Libération, on y lit que  » La chloroquine est inscrite sur la liste II des substances vénéneuses […] par arrêté du 7 janvier 1999. Les données issues de la littérature ont montré un potentiel génotoxique de la chloroquine in vitro et in vivo. Les données disponibles sur la génotoxicité de l’hydroxychloroquine sont quant à elles limitées. Toutefois, du fait de la similitude de structure et des propriétés pharmacologiques des deux molécules, le risque génotoxique de l’hydroxychloroquine ne peut être exclu « .

Le raisonnement de l’ANSM est donc de réglementer l’hydroxychloroquine en raison de la génotoxicité de la chloroquine, une molécule qui reste similaire. L’agence du médicament aurait d’ailleurs répondu à la question du journal Libération en déclarant que cette nouvelle classification devrait servir à  » harmoniser les conditions de prescription et de délivrance entre ces deux médicaments étant donné qu’ils appartiennent à la même classe thérapeutique et qu’ils ont des indications communes ».

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