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L’alerte d’un médecin français à Wuhan : « On sera de nouveau obligés de confiner. C’est le moyen le plus évident pour empêcher la catastrophe »

Depuis Wuhan, foyer initial de l’épidémie, le Dr Philippe Klein partage ses inquiétudes quant aux mesures instaurées en France pour limiter la propagation du virus. Pour l’expert qui dirige une clinique dans la capitale tentaculaire de Hubei, ces dernières sont loin d’être suffisantes. Dans un entretien accordé à La Montagne, le médecin révèle que “la France a raté son déconfinement”.

Plusieurs mois après avoir émis une première alerte depuis la ville connue comme étant le berceau de l’épidémie de Covid-19, le Dr Philippe Klein revient sur l’évolution de la situation sanitaire, notamment en Chine et en France.

“Votre confinement en France ne sert à rien !”

C’est au début du printemps dernier que le Dr Klein a émis sa première alerte, signalant que si la France ne prenait pas de mesures plus drastiques pour empêcher les gens de sortir, le pays allait se retrouver avec “des montagnes de cercueils”. Interrogé par France Info, il prônait « un arrêt complet du pays” pendant 15 jours et estimait que l’Europe, de manière globale, n’avait pas tiré les bonnes leçons de ce qui s’est produit en Chine pour anticiper et réussir à maîtriser l’épidémie sur le continent. À cette même source, l’homme de 56 ans révélait également qu’il n’avait pas vu son épouse et ses enfants depuis 60 jours, indiquant que “Dans une situation aussi exceptionnelle on doit faire des sacrifices exceptionnels”, car ce n’est qu’à ce prix uniquement qu’il aurait été possible de mettre fin à l’épidémie. 

Un retour à la vie “presque” normale

Si aujourd’hui la Chine semble avoir repris une vie “presque” normale, il n’en est pas de même pour la France. En effet, près d’un an après l’apparition du virus Sars-CoV-2, l’empire du Milieu semble plus stable et les citoyens se retrouvent à nouveau dans les bars et restaurants désormais ouverts pour les accueillir. Si la crainte d’une seconde vague en provenance d’autres pays subsiste, indique LCI, les établissements semblent avoir retrouvé leurs habitués, avec des rues bondées dans la capitale de ce pays de plus d’1 milliard d’habitants. 

Pourtant, il y a plusieurs mois, Wuhan était au centre de toutes les inquiétudes. Une évolution que Antoine Bondaz, chercheur à la Fondation pour la recherche stratégique, attribue à une flambée épidémique très localisée. “Plus de 95% des cas étaient situés dans la province du Hubei dont le chef-lieu est Wuhan”, explique-t-il, ajoutant que  » La stratégie du pays était la suivante : mettre la région du Hubei sous cloche tandis que les autres provinces – moins touchées par le virus – lui portaient secours ». La censure et la propagande auraient également joué un rôle pour “mobiliser la population au niveau national”, détaille l’expert. Par ailleurs, la Chine a souvent été blâmée pour son manque de transparence

“La Chine a stoppé le virus, la France a raté son déconfinement”

Originaire de Metz et installé depuis 7 ans à Wuhan avec sa famille, le Dr Philippe Klein expliquait fin octobre à La Montagne que la stratégie la mieux réussie des Chinois, c’était la phase de déconfinement : “elle doit être longue, sous surveillance, être très encadrée avec des moyens de distanciation, le masque, le lavage des mains, l’intelligence artificielle à grande échelle et puis le testing”, explique l’expert, ajoutant que “C’est-ce que nous avons échoué à reproduire en Occident”. 

En faisant référence à la France, il estime que le déconfinement a échoué. “Le virus a toujours été là. Et durant l’été, il y a eu cette population jeune qui l’a disséminé sur l’ensemble du territoire”, poursuit-il. Selon lui, la situation était bien maîtrisée au début du printemps dernier, mais là, cela s’annonce plus complexe. Ainsi, lorsqu’il est interrogé sur le rebond de l’épidémie, le médecin révèle qu’à ses yeux, le confinement s’imposera comme une obligation. « Ça sera inéluctable. C’est le moyen le plus évident pour empêcher la catastrophe” a-t-il estimé. 

Malgré ses échanges avec le président de la République, il ajoute que ce sont les intérêts économiques qui ont été placés en priorité. “Ceux qui ont choisi de freiner plutôt que de stopper ont fait le mauvais choix”, indique le médecin, ajoutant que “Ce qu’on vit aujourd’hui en France, on pouvait le prédire à la fin du mois de mars”. A ses yeux, l’exemple de la Chine aurait dû servir à la France. “C’est pour ça que je me suis battu. Pour gagner du temps mais on n’a pas toujours compris”, déplore le Dr Klein. 

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