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20 % des patients guéris du covid-19 développeraient des troubles psychiatriques selon une étude

Nous avons encore beaucoup à apprendre à propos du coronavirus. Plus spécifiquement, les effets à long terme du Covid-19 intriguent un bon nombre de scientifiques. Une nouvelle étude relayée par Europe 1 montre que près d’un patient sur cinq qui a guéri du coronavirus a développé un trouble psychiatrique dans les trois mois suivant son infection.

Sur le plan psychologique, tout le monde a été éreinté depuis l’apparition du coronavirus. Pour preuve, le nombre croissant de divorces durant la pandémie. Le climat particulièrement anxiogène entraine les gens à se replier sur eux-mêmes et sombrer dans certains cas dans la dépression. Mais la peur de la maladie n’est pas le seul facteur qui pourrait altérer le bien-être psychologique. A en croire une étude relayée par Europe 1le virus pourrait également affecter la santé mentale des personnes atteintes.

L’étude a été menée sur 60 000 personnes atteintes du Covid-19

Les personnes ayant contracté le coronavirus pourraient bien être susceptibles de développer des symptômes d’ordre psychiatrique. Invité à l’antenne d’Europe 1, Le docteur Jimmy Mohamed, médecin généraliste, réagit aux résultats d’une étude parue dans The Lancet Psychiatry.  La recherche, menée sur plus de 60 000 personnes ayant contracté le Covid aux Etats-Unis, révèle que 20% des patients atteints de la maladie ont développé un trouble psychiatrique dans les trois mois qui ont suivi l’infection.

Près d’une personne sur 5 développe des troubles psychiatriques

Les résultats de cette étude concluent la chose suivante : 18,1 % des personnes, ayant contracté le virus ont développé des troubles psychiatriques et cela dans les 3 mois après avoir été testé positif au virus. On peut notamment compter parmi ces symptômes : de l’anxiété, de la dépression ou encore de l’insomnie. Cette étude ne permet toutefois pas de mettre en lumière un lien de causalité direct entre la maladie et ces nouveaux symptômes. En effet, il est possible que des facteurs tels que l’environnement stressant de la pandémie puissent jouer un rôle dans l’apparition de ces nouveaux symptômes. On sait par exemple que la pandémie peut ruiner votre sommeil. Toutefois, en comparant ces chiffres à ceux d’une grippe, une fracture ou une infection respiratoire, les chercheurs ont découvert que les risques de troubles anxieux, d’insomnie et de démence sont plus importants en cas de coronavirus, rappelle le docteur Jimmy Mohamed.

Les troubles psychiatriques, un nouveau facteur de risque ?

Autre découverte importante de cette étude, une personne ayant déjà été diagnostiquée d’un trouble psychiatrique a 65 % plus de chances de contracter le virus qu’une personne qui ne l’a jamais été. Cette nouvelle donnée prendrait en compte d’autres facteurs tel que l’âge, le sexe ainsi que la condition physique nuance The Guardian. Ainsi, le Dr Max Tequet, un des auteurs de l’étude en appelle même à « ajouter les troubles psychiatriques à la liste des facteurs de risque pour le covid-19 », une liste qui ne cesse de se rallonger puisque, selon une autre étude, le groupe sanguin pourrait aussi avoir un impact sur la gravité de l’infection. Le Dr Max Tequet relativise néanmoins en admettant que des recherches plus approfondies sont nécessaires pour confirmer ou infirmer ce lien de cause à effet.

Les résultats de cette étude sont à mettre en perspective

Dans un entretien avec The Guardian, le docteur Paul Harisson, professeur de psychiatrie à l’université d’Oxford, en appelle lui aussi à prendre ces résultats avec des pincettes. Il rappelle que les personnes venant d’un milieu socio-économique défavorisé sont plus exposées à des troubles psychiatriques et que la pauvreté pourrait potentiellement augmenter l’exposition au virus. Cela pourrait être une des possibilités qui contredirait une causation directe entre troubles psychiatriques et contraction du virus. Paul Harisson explique aussi qu’il n’est pas impossible que le Covid-19 puisse avoir un impact sur le cerveau et la santé mentale d’un patient mais que cela reste toutefois à démontrer.

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