Voici les plantes qui luttent contre l’insuffisance veineuse

Vous avez les jambes qui gonflent en fin de journée ou dans l’avion au bout de plusieurs heures de vol, de petits vaisseaux visibles (ou sclérosés par le médecin), des varices, des hémorroïdes douloureuses ou de la couperose sur le visage quand la température ou l’humeur change...

Les plantes médicinales sont incontournables dans la thérapeutique de ces problèmes. Saviez-vous que la quasi-totalité des médicaments traitant l’insuffisance veineuse est à base de plantes ?

Pour atténuer ou faire disparaître des petits vaisseaux disgracieux au niveau des cuisses ou des jambes, le médecin les sclérose en injectant un produit irritant la paroi des vaisseaux qui vont se vider du sang qu’ils contiennent et devenir quasiment invisibles. Cependant des hématomes peuvent apparaître et parfois persister !

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Œdème – Source : spm

Qu’est-ce que l’insuffisance veineuse ?

Faisons connaissance avec une maladie chronique qui évolue lentement. On parle d’insuffisance veineuse lorsque le retour veineux du sang – qui doit se faire jusqu’au cœur – devient inefficace, en particulier lorsqu’on est en position debout.

Le problème débute par des signes fonctionnels anodins. Au départ vous pouvez avoir les jambes lourdes, des fourmillements, un engourdissement des extrémités. Puis les symptômes peuvent se préciser : un œdème (gonflement au niveau des jambes) peut s’installer peu à peu et devenir chronique, accompagné par des crampes nocturnes. La sensation de jambes lourdes est souvent bilatérale (sur les 2 jambes), mais à la marche et en surélevant les jambes les symptômes diminuent. En fait, la diminution de la tonicité des parois des veines et des capillaires (très petits vaisseaux) entraîne un œdème. N’oubliez pas qu’il est toujours important d’assurer le diagnostic par un médecin !

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Veines – Source : spm

Quelle est la structure d’une veine ?

Les veines, comme les artères, ont une paroi faite de 3 tuniques : endothélium, média et adventice. Les veines sont moins épaisses et les pressions dans le système veineux sont très inférieures comparées à celles des artères.

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Jambe – Source : spm

Quelles sont les causes de l’insuffisance veineuse ?

Les causes les plus fréquentes sont :

  • L’insuffisance des valvules (elles sont d’autant plus nombreuses que l’on s’approche des chevilles et elles s’opposent à la pesanteur !).
  • L’augmentation du réservoir veineux en particulier au moment de la grossesse, d’autant plus que les hormones de la grossesse (progestérone) fragilisent la paroi veineuse.
  • L’atteinte de la paroi veineuse : manque de tonicité et augmentation de la perméabilité.
  • L’altération de la semelle naturelle de Lejars. Il s’agit de petites veinules qui tapissent toute la plante du pied et qui, au moment de la marche dans des chaussures adaptées, facilitent le reflux veineux. Attention donc à l’achat de vos chaussures qui doit respecter la semelle de Lejars ! (pas de talons hauts, 3 cm est raisonnable).
  • L’altération musculaire : la contraction musculaire au niveau des jambes améliore le retour veineux du sang en vidant le réservoir veineux, d’où l’importance d’une activité sportive régulière !
  • L’hérédité tient une part non négligeable. Dans ce cas, la prévention est tout à fait nécessaire.
  • Le surpoids doit être traité car la perte de poids améliore la circulation veineuse et facilite l’exercice physique.
  • La chaleur est à craindre. Cet été, marchez au bord de la mer à des heures où il fait moins chaud, pensez à doucher les jambes avec de l’eau fraîche puis tiède pour éviter l’effet rebond ! Et bien sûr, n’exposez pas les jambes à la chaleur !

Conseils pratiques

Mieux vaut prévenir que guérir

Avant de soigner, suivez un certain nombre de règles d’hygiène de vie simples mais indispensables !

  • Lutter contre l’immobilisme : éviter la station debout ou assise prolongée, et surtout le piétinement, penser à se dégourdir les jambes, pratiquer un exercice physique régulier : marche journalière, vélo, natation…
  • Éviter les sources de chaleur : bains ou douches trop chauds, exposition solaire prolongée, chauffage par le sol…
  • Proscrire les vêtements étroits provoquant une contention serrée au niveau des jambes ou du bassin. En revanche, le port de bas ou collants de contention est tout à fait justifié, car la contention est placée de façon à favoriser le retour veineux (il existe différents niveaux de contention à choisir selon vos besoins avec l’aide de votre médecin).
  • Réduire la consommation d’alcool et de tabac.
  • Boire suffisamment : de l’eau, des tisanes, des bouillons de légumes…
  • Masser vos jambes avec un gel à base d’huiles essentielles de bas en haut, puis s’allonger en surélevant les jambes dans une pièce fraîche et aérée.
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Plantes médicinales – Source : spm

Quelles sont les principales plantes qui vont lutter contre l’insuffisance veineuse ?

Les plantes médicinales utilisées pour lutter contre l’insuffisance veineuse ont un effet vasoconstricteur (resserrent les vaisseaux), diminuent la perméabilité et augmentent la résistance des vaisseaux (veines et capillaires veineux et lymphatiques), ce qui prévient la formation des œdèmes. Elles ont aussi souvent une action anti-inflammatoire intéressante en cas d’hémorroïdes par exemple.

Nous distinguerons :

  • Les plantes veinotoniques qui stimulent les fibres musculaires de la paroi veineuse comme le fragon (petit houx) ou l’hamamélis.
  • Les plantes qui diminuent la perméabilité et accroissent la résistance des vaisseaux comme la vigne rouge, le marron d’inde ou encore la myrtille.
  • Les plantes qui fluidifient le sang, comme le mélilot.
  • Le Ginkgo biloba qui mérite une place à part car il possède des activités multiples.
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Hamamélis – Source : spm

Les plantes veinotoniques

Le fragon épineux ou petit houx, Ruscus aculeatus est un arbrisseau toujours vert qui ressemble au houx. En réalité, on a affaire à une curiosité botanique puisque les « feuilles » sont en réalité des rameaux aplatis ! C’est un vasoconstricteur veineux (resserre les vaisseaux), tonique veineux, anti-œdémateux (lutte contre le gonflement), anti inflammatoire, diurétique. De plus, il augmente la résistance des capillaires veineux et lymphatiques. Il est indiqué dans les manifestations subjectives de l’insuffisance veineuse et la prise en charge des hémorroïdes. La plante est d’autant plus efficace que les jambes gonflent quand il fait chaud. Peu utilisée en infusion, on conseille surtout des gélules de poudre (à 350 mg) ou d’extrait sec à raison de 1 gélule 3 fois par jour, 20 jours par mois, pendant 3 mois. On trouve aussi la plante sous forme liquide : SIPF (suspension intégrale de plantes fraîches) ou EPS (extrait phyto standardisé) : 2 mesures diluées par jour (dans une tisane). Quelques effets indésirables rares peuvent apparaître comme des troubles gastro-intestinaux, brûlures d’estomac ou diarrhées.

L’hamamélis, Hamamelis virginiana, dont on utilise la feuille est originaire du Canada et de l’est des États-Unis. Astringente et anti-inflammatoire, la plante est un tonique veineux vasoconstricteur ayant des propriétés vitaminiques P, c’est-à-dire qu’il augmente la résistance et diminue la perméabilité des vaisseaux. On conseille l’hamamélis en cas de jambes lourdes, de fourmillements mais aussi dans les troubles hémorroïdaires, les petites inflammations de la peau, la sécheresse cutanée. Pour soulager les troubles hémorroïdaires aigus (en cas de poussée), il est conseillé de prendre jusqu’à 6 gélules par jour pendant une semaine.

En cas d’irritation, de couperose, de gêne oculaire, eczéma ou peau grasse, on conseille d’appliquer l’eau distillée d’hamamélis pure ou incorporée à une crème (pour la couperose ou la peau grasse).

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Myrtille – Source : spm

Les plantes à action vitaminique P, qui diminuent la perméabilité

Elles renferment un ensemble de substances qui renforcent la résistance veineuse et diminuent la perméabilité capillaire. Il s’agit d’une grande famille chimique qui s’oppose à la formation des radicaux libres qui attaquent les lipides des membranes des cellules de l’endothélium vasculaire (intérieur de la veine). La protection de ces membranes est primordiale car ces cellules ont besoin d’être en bon état pour conserver leur perméabilité :

Le cyprès, Cupressus sempervirens, dont on utilise les cônes fructifères, est largement utilisé à des fins ornementales dans le sud de l’Europe. Les fruits sont des cônes globuleux riches en polyphénols et présentent un grand intérêt dans le traitement des troubles vasculaires tels les hémorroïdes et les varices. Alors que les flavonoïdes présents seront très utiles dans le traitement des crises hémorroïdaires, la plante reste très efficace en cas de jambes lourdes. Par action sélective sur la paroi des vaisseaux, la plante assure une meilleure dynamique vasculaire empêchant le sang de stagner dans les jambes.

Le marronnier d’inde, Aesculus hippocastanum, dont on utilise l’écorce et les fruits, est un grand arbre originaire des Balkans. Dans l’écorce, on trouve surtout esculoside à action vitaminique P permettant de renforcer la résistance des vaisseaux tout en diminuant leur perméabilité.

Quant aux fruits, ils sont riches en escine à action anti-inflammatoire remarquable, d’où son intérêt dans la prise en charge de la crise hémorroïdaire. Il existe de très nombreuses spécialités à prendre toujours pendant 4 semaines et à un dosage suffisant (à faire prescrire éventuellement par votre angiologue). Cependant, à ce dosage, la plante peut provoquer des troubles gastro-intestinaux ; elle est à utiliser avec prudence en cas de traitement par anticoagulants.

On trouve aussi de nombreuses spécialités à utiliser en massage sur les jambes lourdes et pour traiter la fragilité capillaire.

  • La myrtille, Vaccinium myrtillus, dont on utilise les fruits, est originaire d’Europe et d’Amérique du Nord. Elle possède des baies noires bleutées, riches en anthocyanosides et en tanins.

Ces tanins ont une action anti diarrhéique et ont un effet bénéfique sur les douleurs et les spasmes intestinaux liés à la colite ; cette baie est aussi antibactérienne au niveau intestinal, ce qui complète son action anti diarrhéique.

Les pigments, quant à eux, améliorent la vision nocturne en favorisant la régénération du pourpre rétinien.

Remarque

Les fruits frais améliorent la tonicité des vaisseaux et surtout des capillaires ; ils sont donc indiqués dans l’insuffisance veino-lymphatique.

  • La vigne rouge, Vitis vinifera est une plante grimpante à allure de liane sarmenteuse avec des tiges munies de vrilles et des feuilles palmatilobées se colorent en rouge à la fin de l’automne.

Les feuilles sont récoltées à l’automne, après les vendanges. La plante est indiquée pour traiter les manifestations de l’insuffisance veineuse et en particulier la fragilité capillaire, comme par exemple les pétéchies (petites taches rouges au niveau du visage qui apparaissent en cas de vomissement par exemple) ou les ecchymoses, la prévention du risque thrombotique veineux (formation d’un caillot) mais aussi la pathologie hémorroïdaire.

On la conseille en traitement de fond, c’est-à-dire 2 gélules par jour 20 jours par mois pendant 3 mois.

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Ginkgo – Source: spm

Les plantes qui fluidifient le sang

  • Le cornouiller sanguin, Cornus sanguinea, Bg MG 1D (préparé par macération des bourgeons dans la glycérine diluée) est un arbuste à écorce rouge sang dont le feuillage rougit dès le mois d’août.
  • Le macérat glycériné 1D de Cornus sanguinea est indiqué comme anti thrombotique dans :
  • La prévention des phlébites,
  • L’artérite des membres inférieurs,
  • L’athérosclérose.

La posologie est de 1 goutte par Kg et par jour diluée dans une tisane 10 jours avant de prendre l’avion

  • Le mélilot, Melilotus officinalis

La plante, très commune dans les champs et les lieux incultes, possède une action tonique sur la paroi veineuse et augmente les débits veineux et lymphatiques. Elle améliore la résistance capillaire et diminue la perméabilité. De plus, elle diminue la viscosité sanguine (action anticoagulante légère : fluidifie le sang, attention donc aux interactions éventuelles avec les anticoagulants).

La posologie pourrait être de 2 gélules le matin 20 jours par mois pendant 2 mois ou 150 gouttes de teinture-mère diluées dans une tisane) associée éventuellement au drainage lymphatique.

Le ginkgo biloba, une plante à part !

Le ginkgo est le seul survivant de l’ordre des Ginkgoales, largement représenté au Secondaire (200 millions d’années). Pour cette raison, on dit volontiers qu’il est un véritable « fossile vivant ».

Des études ont montré un effet significatif sur la mémoire et les facultés d’apprentissage en augmentant la circulation au niveau cérébral.

Mais la plante s’est révélée aussi très efficace pour soulager les problèmes de circulation ; ses actifs permettent de dilater les artères, les veines et les capillaires. Ils augmentent la micro circulation et la viscoélasticité du sang, prévenant la formation de caillots. Cette plante a une réelle efficacité, seulement elle nécessite des traitements au long cours ; selon le patient, son terrain et ses antécédents, la posologie et le dosage seront différents.

ATTENTION : risque d’interaction avec les anticoagulants.

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Niaouli – Source : spm

Que peut faire l’aromathérapie ?

De nombreuses huiles essentielles (HE) peuvent être utilisées en massage dans des crèmes ou des gels ; elles auront une action décongestionnante, tonifiant veineux, anesthésique local… En particulier pour les jambes lourdes.

  • HE de Niaouli (feuille), Melaleuca quinquenervia : anti-infectieux bien connu, l’HE de niaouli est aussi un décongestionnant veineux, et tonique cutané si appliqué sur la peau (diluée à

20 % dans une huile de massage, Calophylle ou Tamanu recommandée dans cette indication).

  • HE de Katafray (écorce), Cedrelopsis grevei, est une huile essentielle très efficace dans les problèmes tendino-musculaires ; elle est aussi intéressante comme décongestionnant circulatoire.

Mais les huiles essentielles les plus utilisées sont : HE d’immortelle, HE de cèdre de l’Atlas, HE de lentisque pistachier et HE de cyprès.

  • HE d’immortelle, Helichrysum italicum, est le grand remède des bleus ou hématomes ; c’est aussi un excellent tonique circulatoire lequel, en cas de sclérose de varices, pourra diminuer les hématomes dûs au traitement.

En usage interne, il faudra demander l’avis d’un professionnel ; en externe, vous pouvez la diluer à 1% maximum sur le visage et 10% maximum sur le corps. En effet, le mélange donnera de bons résultats sur la couperose (après un test de tolérance et en respectant les doses).

  • HE de Cèdre de l’Atlas, Cedrus atlantica (à ne pas confondre avec le cèdre de Virginie Juniperus virginiana, ou le cèdre blanc Thuya occidentalis qui sont neurotoxiques), est extraite d’un arbre majestueux du pourtour méditerranéen vénéré depuis l’Antiquité pour son bois, très résistant. C’est un symbole de longévité et de solidité ; il est indiqué en accompagnement d’un drainage lymphatique ou de la prise en charge de la cellulite. Il faut l’utiliser dans une huile de jojoba ou de Tamanu à 5 % maximum.
  • HE lentisque pistachier, Pistacia lentiscus, est extraite d’un arbuste typique du maquis méditerranéen. Cette huile essentielle est remarquable pour décongestionner les systèmes veineux et lymphatiques ; elle combine les effets désinfiltrants et anti-inflammatoires. On peut l’appliquer localement diluée à 20% dans de l’huile de rose musquée.
  • HE de Cyprès, Cupressus sempervirens, est extraite d’un conifère typique du bassin méditerranéen, élancé, symbole de l’immortalité de l’âme. L’HE est conseillée diluée à 5% dans de l’huile de Tamanu (ou calophylle) ; masser les jambes de la cheville au genou.

ATTENTION : Cette huile essentielle contient un actif œstrogène-like, c’est pourquoi elle est contre-indiquée aux femmes enceintes, allaitantes, aux personnes atteintes d’un cancer hormono-dépendant.

Remarque

Les huiles essentielles sont très concentrées et hautement réactives ; elles peuvent provoquer des allergies ou des irritations. Un test de tolérance est donc indispensable avant toute application (au creux du coude). Les conseils proposés sont réservés à l’adulte, ce qui est logique lorsqu’il s’agit des maladies veineuses !

En conclusion

L’insuffisance veineuse semble être une maladie bénigne qui peut évoluer vers des symptômes plus sérieux et certainement inesthétiques !

La prévention, dès les premiers symptômes, associée à une bonne hygiène de vie permet d’améliorer de façon sensible le résultat. La phytothérapie est certainement le traitement de choix sachant que nos plantes veinotoniques le plus souvent peu dosées nécessitent des traitements par cures de 2 à 3 mois, les massages par de gels ou d’huiles à base d’huiles essentielles étant un complément agréable et efficace.

LE SAVIEZ-VOUS ?

En France :

  • 18 millions de personnes souffrent de troubles circulatoires.
  • 10 millions de personnes ont des varices.
  • 5% des insuffisances veineuses chroniques évoluent vers des ulcères
  • 20 000 morts par an par embolie pulmonaire.

ATTENTION : les veines et surtout les veines profondes des membres inférieurs peuvent être le siège d’une phlébite ou d’une thrombose veineuse (formation d’un caillot de sang dans une veine). Ce caillot peut rester collé à la paroi de la veine sans symptômes. En revanche, s’il bouche une veine cela entraînera un œdème et de vives douleurs. Et si le caillot se détache, il peut boucher un vaisseau placé plus haut avec un risque grave d’embolie pulmonaire.

Conseils de prise

Les plantes veinotoniques sont pour la plupart peu toxiques mais agissent lentement car elles ont une efficacité progressive croissante en plusieurs semaines (3 mois à renouveler éventuellement). Elles sont à prendre 20 jours par mois ou 5 jours sur 7. En cas de jambes lourdes liées à la chaleur, commencer la prise dès le milieu du printemps.

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