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Vaccins contre le Covid « Ce n’est pas l’humain qui est une priorité, c’est l’argent »

Rendre le vaccin contre le Covid-19 plus accessible. C’est le but d’une initiative menée par 50 experts qui ont réussi à faire lever près de 12 milliards d’euros. Lors d'un débat télévisé, un spécialiste de la santé et un avocat en appellent à la coopération internationale pour suspendre les droits de brevet pour les vaccins contre le coronavirus.

Relayée par nos confrères du site belge La Libre, ce manifeste de 50 experts soutient l’initiative citoyenne européenne « Right to Cure ». L’objectif ? Garantir que les droits de propriété intellectuelle ne compromettent pas l’accès à tout vaccin ou traitement contre le coronavirus.

Près de 12 milliards d’euros ont été recueillis pour cet objectif

C’est en avril 2020, qu’Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne a déclaré que tout futur vaccin doit être disponible dans tous les coins du monde à des prix abordables. « Ce doit être notre bien universel et commun », avance-t-elle. Depuis, l’institution chargée de mettre en place la stratégie de l’Union Européenne a concrétisé ce vœu pour démocratiser ce soin contre le virus. Et pour cause, cette organisation a recueilli près de douze milliards d’euros afin de faire avancer le développement des vaccins, tests et traitements avec pour vision de favoriser l’égalité d’accès quant à ces derniers. Un projet rendu possible grâce à la Banque européenne d’investissement.

Les entreprises pharmaceutiques entravent cet objectif de démocratisation

Le travail scientifique est mené pour rendre accessible les soins, et particulièrement les vaccins grâce au lancement des premiers programmes. Seulement, il demeure une ombre au tableau : celle du modèle des entreprises pharmaceutiques. Ces dernières ont l’autorisation de breveter les résultats de leurs recherches, qui leur prodigue un monopole sur la distribution du vaccin. Cela crée donc un obstacle au souhait de la représentante de la Commission Européenne qui est de garantir une distribution rapide et abordable des vaccins pour endiguer la pandémie. Des mesures concrètes de l’Institution menée par Ursula von der Leyen le 10 mars 2021 avec le laboratoire BioNTech Pfizer pour un accord de livraison de 4 millions de doses de vaccin supplémentaires afin de favoriser la libre circulation par-delà les frontières. D’autres opérations avec d’autres entreprises pharmaceutiques ont été négociées.

Une émission lance le débat sur la suspension des droits de brevet

Invités sur le plateau de l’émission belge CQFD et relayée par nos confrères de RTBF, les interventions de Mireille Buydens, avocate et professeure à l’Université Libre de Belgique (ULB) et Jean Hermesse, expert en soins de santé soulèvent la question de l’accessibilité du vaccin. Pour l’universitaire, la problématique du brevet est que ce droit de propriété intellectuelle permet de fixer de nombreux paramètres. Parmi eux, les conditions de commercialisation, les quantités produites qui influent sur la distribution du produit. L’avocate explique que le breveté décide seul du prix de son produit. Cette spécialiste du droit explique que l’essence même du brevet est de donner à l’entreprise un retour sur investissement qui lui permet d’avoir un monopole et donc, le pouvoir de fixer les prix.

« L’industrie pharmaceutique est le secteur le plus rentable »

Suite à l’explication de l’avocate, Jean Hermesse, l’expert en soins de santé déplore la hauteur des prix en raison du brevet qui influe sur ces derniers. Le spécialiste s’interroge sur le plateau de CQFD quant à la réalité du prix comparée au coût de production et de la recherche liée à cette innovation. « L’industrie pharmaceutique est le secteur le plus rentable avec +de 20% de rentabilité, alors que la recherche est de l’ordre de 15% » souligne-t-il. Il ajoute que le prix n’est souvent pas établi en fonction des facteurs énoncés précédemment mais souvent de « ce qu’on est prêt à payer ».

« La raison humanitaire de faire du vaccin un médicament accessible universellement » 

Jean Hermesse justifie cet impératif de casser le monopole de l’industrie pharmaceutique par le cas d’urgence sanitaire. Le spécialiste avance qu’il s’agit d’une « situation exceptionnelle qui touche la population mondiale ». Pour l’ancien vice-président des Mutualités chrétiennes, la coopération internationale en recherche doit prendre en compte l’intérêt général dans ce contexte de crise. L’expert en soins de santé explique que la raison de rendre le vaccin accessible universellement est humanitaire. L’avocate indique que pour cela, les moyens légaux sont les licences obligatoires soumises à deux conditions, le fait qu’une entreprise soit prête à fabriquer le produit mais aussi qu’elle prouve l’urgence, en l’occurrence celle de la pandémie. « Les entreprises elles, obtiendront des royalties, elles ne seront donc pas dépossédées », assure-t-elle en ajoutant qu’il est important de voir l’intérêt à plus long terme.  

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