Une femme subi une césarienne sans anesthésie, elle attaque l’hôpital en justice

Une femme subi une césarienne sans anesthésie, elle attaque l’hôpital en justice


Une information pour le moins édifiante a été révélée au grand jour. Une jeune femme Californienne de 25 ans aurait subi une césarienne sans anesthésie au préalable. La jeune femme et son fiancé ont poursuivi en justice le Tri-City Medical Center, en Californie, pour faute et erreur médicale et réclament 5 millions de dollars pour le traumatisme physique et émotionnel subis.

Dans une interview accordée à BuzzFeed News, société de medias Américaine, Delfina Mota, une jeune femme de 25 ans arrivant à son terme de 41 semaines de grossesse aurait subi une césarienne sans même avoir pu bénéficier d’anesthésie. En effet, du fait des complications et de l’impossibilité d’accoucher par voie basse, l’équipe du Tri-City Medical Center préfère opter pour un accouchement par césarienne.

Césarienne sans anesthésie

Césarienne, qui selon la jeune femme, a bien eu lieu mais sans anesthésie au préalable ! Information que dément formellement l’établissement hospitalier en déclarant par voie de communiqué de presse que la sécurité et la qualité de prise en charge des patients sont les priorités absolues du Centre médical
Tri-City.

Selon l’acte d’accusation, le médecin de Delfina Mota aurait tenté de joindre en vain l’anesthésiste de garde. L’équipe médicale aurait alors attaché la jeune femme à la table d’opération et commencé à inciser sans anesthésie. Celle-ci, décrit ce qu’elle a vécu, comme digne d’un véritable film d’horreur.

Lorsque Delfina raconte cet évènement douloureux et traumatisant autant psychologiquement que physiquement, l’émotion est encore très présente. D’après elle et son mari, l’anesthésiste n’aurait fait son entrée qu’après l’opération.

Le rapport de l’obstétricien présent lors de l’intervention, confirme le récit de la jeune femme en déclarant qu’en l’absence de l’anesthésiste, il a bel et bien procédé à la césarienne, déclaration que dément toujours l’hôpital en assurant avoir bien administré un anesthésiant à Delfina avant l’accouchement.

Le couple réclame plus de 5 millions de dollars de dommages et intérêts pour préjudice moral et physique.

Facteurs de risques d’une anesthésie dans le cadre d’une opération

Cela peut paraitre de prime abord, complétement invraisemblable, mais il existe bel et bien des cas de ce type même s’ils sont rarissimes. Entre dose d’anesthésiant mal calculée, analgésiques inadaptés, ou état de semi conscience, des facteurs « risques » existent réellement lors d’une intervention chirurgicale.

Le Docteur Gilles Plourde, anesthésiste au sein de l’hôpital spécialisé en neurologie de Montréal déclare que des situations où le patient est parfaitement conscient et éprouve des douleurs intenses et prolongées au cours de son opération restent rarissimes. Cependant, ce « phénomène » est bien reconnu par le corps médical comme un facteur de risque lié à l’anesthésie mais n’est généralement pas associé à une mauvaise pratique médicale. Ce genre d’évènement peut être lié à une mauvaise assimilation des hypnotiques administrés avant une intervention telle qu’une résistance de l’organisme d’un patient en fonction de ses antécédents médicaux, son âge ou sa corpulence.

Le Docteur Plourde ajoute que les épisodes d’éveil transitoire peuvent aussi survenir à la suite d’une erreur mécanique ou à moindres cas humaine, comme la défaillance d’une pompe, une erreur dans le calcul des doses ou une modification dans la concentration des médicaments.

Une étude menée par le Collège royal des anesthésistes et l’Association des anesthésistes de Grande-Bretagne et d’Irlande concernant la sensibilisation aux accidents lors de l’anesthésie générale, a mis en évidence que l’expérience de l’état de conscience était généralement de courte durée, soit au début ou à la fin de l’intervention chirurgicale. La moitié de ceux qui étaient conscients de ce qui leur arrivait étaient ébranlés par cette expérience et 41% ont déclaré souffrir d’un préjudice psychologique à long terme.

Les sensations ressenties se manifestaient par la douleur, la paralysie et l’étouffement. Toujours selon l’étude, ces cas impliquent également des erreurs aussi bien humaines individuelles, qu’organisationnelles.

Tout ceci amène à se poser les bonnes questions concernant l’évènement traumatisant qu’aura subi Delfina même si elle a donné naissance à une petite fille en bonne santé.

Alors état de conscience, erreur médicale, mauvaise assimilation des hypnotiques et autres myorelaxants ? Seule la justice pourra révéler les vraies causes de cet incident pour le moins troublant et bien heureusement rare.