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Une deuxième vague de coronavirus est “extrêmement probable” selon le Conseil scientifique

Alors que les autorités sanitaires estiment que l’épidémie de nouveau coronavirus est “sous contrôle” en France, le Conseil scientifique prône la vigilance. Dans un avis transmis au gouvernement ce dimanche, ce dernier fait part de ses craintes quant à la résurgence de la maladie après la saison estivale. Le groupe d’experts a ainsi indiqué qu’il était “extrêmement probable” qu’une deuxième vague apparaisse en automne. L’information a été relayée par nos confrères du journal Libération

Dans cette note rendue publique, les treize experts chargés d’éclairer le gouvernement français sur l’évolution de la situation épidémique ont dévoilé leurs prévisions en recommandant la conservation “des données de santé”. Selon ces derniers, les risques d’une deuxième vague de Covid-19 doivent être pris en compte, ou du moins, ceux d’un rebond considérable avant l’hiver prochain.

Dans le document remis au gouvernement, le Conseil scientifique met en garde contre la résurgence du virus à l’origine de la maladie apparue à Wuhan. “Une intensification de la circulation du Sars-CoV-2 dans l’hémisphère nord à une échéance plus ou moins lointaine (quelques mois, et notamment à l’approche de l’hiver) est extrêmement probable” a-t-il indiqué sur la note en question.

Pour appuyer ses prévisions, le Conseil met en avant trois critères, à savoir la faible immunité collective, la circulation du virus dans d’autres régions du monde et “l’expérience des pandémies grippales”.

Des critères qui font craindre une seconde vague

Si les données de l’immunité collective sont évoquées, c’est parce que le taux en France serait toujours considéré insuffisant pour prévenir une deuxième vague de l’épidémie. En effet, Libération révèle que ce critère ne concernerait que 5% de la population, un chiffre proche des conclusions de l’Institut Pasteur mais plus bas que les estimations de certains épidémiologistes.

La circulation du virus a également été mise en avant par les scientifiques. Celle-ci serait toujours “très importante” à l’échelle planétaire, en particulier dans l’hémisphère sud. BFM TV souligne par ailleurs que de nombreux pays qui entament leur période hivernale sont confrontés à une augmentation incontrôlée des cas. Le Brésil, qui est actuellement le deuxième pays le plus affecté par la pandémie, enregistre plus de 50 000 décès pour plus d’un million de cas de contamination.

Enfin, le Conseil scientifique s’est appuyé sur “l’expérience des pandémies grippales” qui se sont manifestées en 2 ou 3 vagues avant de prendre un rythme saisonnier.  Interrogé par BFM TV, Benjamin Davido, infectiologue à l’hôpital Raymond-Poincaré de Garches partage son analyse. “On sait de façon inhérente, qu’à l’automne, dans les pays tempérés comme la France, il y a plus de virus qui circulent, et qu’on va se retrouver dans des conditions propices », a-t-il déclaré. Il évoque entre autre des conditions climatiques plus froides qui favorisent des “atmosphères confinées” et “moins de distanciation”.

A cet effet, le Conseil préconise “la sauvegarde des données de santé”, en particulier celles qui sont issues du Si-Dep, le système d’information national de dépistage. Pour ses membres, ces dernières seront extrêmement utiles tant que la menace d’une résurgence du virus sur le sol français persiste.

Une préparation nécessaire

Si la mise en garde du Conseil n’est pour l’heure qu’une hypothèse et que ses membres espèrent se tromper, Jean-François Delfraissy indique que leur rôle “est de mettre sur la table, auprès des décideurs politiques, ce qui pourrait éventuellement se passer (…) Notre message, notre principal retour d’expérience, c’est la préparation pour lutter contre l’impréparation”, précise le président du Conseil.

Dans un entretien avec le Parisien au début du mois de juin, ce dernier soulignait que l’historique des pandémies de virus respiratoires démontrait que 8 sur 10 d’entre elles régressent spontanément durant l’été dans les pays européens, avec 5 sur 10 qui récidivent en revanche à l’automne. La composante saisonnière du virus reste toutefois incertaine pour Antoine Flahault, épidémiologiste et directeur de l’Institut de santé mondiale à l’université de Genève.

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