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Un nouveau vaccin contre le cholestérol pourrait bientôt sauver des millions de vies

C’est une annonce porteuse d’espoir pour les patients à risque de développer des maladies cardiovasculaires. Le gouvernement britannique et le groupe pharmaceutique suisse Novartis ont révélé en début d’année leur intention de mener un essai clinique pour un nouveau traitement contre le cholestérol. Selon The Times, celui-ci consisterait à recevoir une injection biannuelle qui réduirait le mauvais cholestérol dans le sang. Si l’étude s’avère concluante, le traitement pourrait être mis en place dès 2021.

Le produit développé par Novartis s’appelle inclisiran et serait potentiellement apte à venir en aide à de nombreux patients supportant difficilement les statines ou pour lesquels ces dernières s’avèrent inefficaces. Encore non approuvé, il pourrait, selon le ministre britannique de la Santé, sauver près de 30 000 vies durant la prochaine décennie, indique The Times.

Qu’est-ce que l’inclisiran ?

Décrit comme un “vaccin” par nos confrères britanniques, l’inclisiran est en réalité un traitement qui consiste à administrer deux injections par an aux patients pour réduire leur taux de mauvais cholestérol. Selon un article du British Medical Journal, ce dernier agit en interférant avec la production de la protéine PCSK9, qui empêche le foie d’éliminer le cholestérol LDL du sang.

Dans un communiqué de presse daté du 13 janvier 2020, le gouvernement britannique a révélé qu’il s’agit d’une nouvelle approche pour réduire les risques de maladies cardiovasculaires. En outre, des essais présentés à la European Society of Cardiology en 2019 ont démontré que l’inclisiran réduisait les taux de mauvais cholestérol de près de 50% en quelques semaines. Si les injections étaient administrés à 300 000 patients chaque année, le Department of Health and Social Care au Royaume-Uni estime qu’il pourrait prévenir près de 55 000 infarctus et accidents cardio-vasculaires, révèle BBC News.

Interrogé par cette même source suite à l’annonce de Novartis, le professeur Naveed Sattar de l’université de Glasgow a fait part de son enthousiasme. “Les médecins sont emballés par l’inclisiran et le potentiel de ‘vacciner’ contre le cholestérol élevé chez certains patients” a-t-il indiqué. Pour autant, il rappelle que nombre d’entre eux souhaitent également connaître “les données de sécurité à long terme provenant d’essais cliniques” et être informés du coût de ce nouveau traitement avant de considérer son implication dans les soins.

exces de cholesterol

Excès de cholestérol – Source : Salud 180

À qui pourraient s’adresser ces injections ?

D’après une publication de Novartis le 16 octobre dernier, l’inclisiran pourrait, s’il venait à être approuvé, venir en aide aux patients souffrant d’hypercholestérolémie ou de dyslipidémie mixte. Son mécanisme d’action permettrait une réduction efficace et durable du cholestérol LDL pour les patients souffrant de maladies cardiovasculaires athéroscléreuses, du risque de développer ces mêmes pathologies, et de l’hypercholestérolémie familiale hétérozygote, qui représente un facteur majeur d’AVC, de crises cardiaques et de décès.

Le groupe pharmaceutique suisse a également annoncé que le comité des médicaments à usage humain (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA) a émis un avis positif et a recommandé l’octroi d’une autorisation de mise sur le marché du Leqvio (inclisiran) pour le traitement d’adultes atteints d’hypercholestérolémie ou de dyslipidémie mixte. Une recommandation clé, selon Reuters, qui constitue une étape considérable pour sa disponibilité au sein de l’Union Européenne.

Novartis indique aussi que l’inclisiran est en cours d’examen par l’Agence américaine des produits alimentaires et médicamenteux (FDA) et d’autres autorités sanitaires. Cela concernerait le traitement de l’hyperlipidémie primaire chez des adultes dont les taux de cholestérol LDL sont élevés, tout en recevant une thérapie avec une dose maximale tolérée de statines.

Dans une publication du 13 novembre 2020, Novartis a annoncé que les données groupées d’analyses des phases 3 d’essais cliniques ont démontré que l’inclisiran réduisait systématiquement le cholestérol LDL d’environ 51% chez les patients adultes appartenant à 3 tranches d’âge différentes et ce, chez les deux sexes.

Les risques d’un excès de cholestérol dans le sang

Lorsqu’il est présent en excès, le “mauvais” cholestérol peut conduire à la détérioration des artères, la formation de caillots et la survenue d’accidents cardio-vasculaires. Il constitue un facteur de risque important de maladies cardiovasculaires, notamment d’athérosclérose. Comme l’explique la Fédération française de cardiologie dans une publication, cette pathologie constitue la première maladie cardiovasculaire dans le monde et est caractérisée par une plaque lipidique qui évolue au fil du temps. Celle-ci peut alors prendre plus de volume et épaissir progressivement les parois des artères, ce qui finit par nuire au passage du sang porteur d’oxygène.

En France, l’excès de cholestérol serait responsable de 50% des infarctus. En outre, environ 20% de la population adulte souffrirait d’hypercholestérolémie. Cette condition peut se dévélopper silencieusement pendant plusieurs années, sans entraîner de symptômes visibles. Dans ce sens, il est impératif de surveiller son état de santé à l’aide d’un bilan lipidique régulier.

Mieux manger pour faire baisser son cholestérol

Si un régime alimentaire ne se substitue en aucun cas à un traitement recommandé par un médecin, il est également impératif de surveiller son alimentation et son hygiène de vie. Interrogé par le Journal des Femmes, la nutritionniste Véronique Liesse conseille de :

  • Privilégier les oméga-3, notamment le poisson gras
  • Les aliments à faible indice glycémique, tels que les légumineuses
  • Eviter la consommation d’alcool ou son excès
  • Diminuer la consommation de viande pour limiter les graisses saturées
  • Consommer des antioxydants que l’on retrouve dans les fruits, les légumineuses ou les légumes

Il est également important d’éviter la sédentarité et de mieux gérer son stress, tout cela en parallèle d’un suivi médical.

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