Un médecin explique pourquoi il vérifie sur Facebook le profil de ses patients décédés avant d’en informer leurs parents

Informer la famille du patient de son décès est un devoir fondamental pour un médecin. C’est une tâche fréquemment effectuée par les professionnels de santé mais également l’une des plus stressantes et délicates. En effet, afin de faciliter le processus de deuil, il est nécessaire que les proches du patient décédé reçoivent correctement l’information et puissent bénéficier du soutien de l’équipe médicale. Voici une lettre déchirante qu’un médecin a publiée sur Linkedin, expliquant pourquoi il vérifiait le profil Facebook de ses patients avant d’annoncer leur mort aux parents.

L’objectif principal d’un professionnel de la santé est de soigner les gens et de leur apporter toutes les solutions, dans la mesure du possible, afin de les aider à se rétablir pour leur donner une chance de vivre. Ainsi, un médecin sauve en général de nombreuses vies au cours de sa carrière. Néanmoins, quelque fois le bras de fer contre la mort est malheureusement impossible. Vient alors le moment délicat d’expliquer aux parents et aux proches que malgré tous les efforts, le décès était inévitable.

Un médecin utilise Facebook pour mieux connaître ses patients décédés

Dans une lettre émouvante publiée sur Linkedin, Louis M. Profeta, un médecin urgentiste, explique pourquoi il vérifie le profil de ses patients décédés avant d’annoncer leur mort à leurs parents. On peut notamment y lire :

« Cela me permet en quelque sorte de rester humain. Je sais que je suis sur le point de changer la vie de ta mère ou ton père. Dans quelques minutes, ils ne seront plus jamais pareils, ils ne seront plus jamais heureux. En ce moment, tu ne représentes encore qu’un cadavre sans nom sur lequel j’ai collé des tubes, en essayant désespérément de te sauver la vie (…) Je dois dire que je suis en colère, contre toi, pour ce que tu as fait et ce que tu vas leur faire. Je ne sais rien à propos de toi, je dois donc à tes parents de jeter un coup d’œil à ton monde autrefois vivant.

Peut-être as-tu envoyé des SMS au lieu de regarder la route, ou as-tu pris ta voiture après quelques verres de trop au lieu d’appeler un taxi. Peut-être as-tu pris des stupéfiants ou es-tu monté à vélo sans mettre de casque. Peut-être que tu n’as pas tenu compte des avertissements de tes parents lorsqu’ils t’avaient prié de ne pas fréquenter cet « ami » ou d’être plus prudent avant de traverser la route. Peut-être as-tu simplement abandonné…

Alors, je prends ta photo délavée sur ton permis de conduire et bascule sur Facebook afin de chercher ton nom (…) Je vois ton sourire, la couleur de tes yeux quand ils étaient remplis de vie. Tes sorties à la plage, ton dernier anniversaire, Noel chez ta grand-mère. Je te vois debout avec ton père et ta mère devant un panneau indiquant ton université. Je saurais exactement qui ils sont lorsque j’entrerai dans la pièce.

Tu as de la chance de ne pas avoir à assister à cela. Ton père hurle ton nom encore et encore, ta mère se tient la tête, assise sur le sol, comme si elle essayait de se protéger des coups invisibles.

Je vérifie ta page Facebook avant de leur dire que tu es mort parce que j’ai besoin de me rappeler que je parle d’une personne, de la personne qu’ils aiment le plus au monde… »

Apprendre la mort d’un enfant

Faire face à la mort de son propre enfant produit encore plus de douleur que celle d’un parent ou d’un conjoint. Elle est imprévue car ce n’est pas dans l’ordre « naturel » des choses. Ainsi, le choc émotionnel peut conduire à de nombreux troubles psychologiques et physiques tels que l’anxiété, la dépression, des symptômes physiques et cognitifs dus au stress… Ces problèmes persistants, peuvent  entrainer des problèmes psychiatriques plus sérieux tels que des troubles de deuil compliqués.

La mort d’un enfant n’est autre que l’ultime tragédie. Rien n’est plus déchirant et dévastateur. En effet, le chagrin causé par la perte d’un enfant peut être exacerbé par les sentiments de culpabilité, d’injustice et d’impuissance. Ainsi, faire face au décès de son enfant nécessite le travail le plus dur qui soit.

Pour y survivre, il est important de faire preuve d’un dévouement implacable à la vie. Vous devez prendre un engagement à vivre, aussi difficile que cela puisse paraître, pour vous, et pour les gens qui vous aiment. Cette expérience vous changera certainement à jamais. Néanmoins, vous devez accepter que la vie continue et que vous ne devez cesser de vous battre en attendant de retrouver un jour, votre petit ange dans un monde meilleur.

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