Un conducteur de bus en état de mort cérébrale après avoir été sauvagement agressé par des passagers qui refusaient de porter le masque

Tous les jours, des personnes sont victimes de violences abominables dans les quatre coins du monde. Ce dimanche 5 juillet, une agression abominable s’est produite à Bayonne, dans les Pyrénées-Atlantiques. Un conducteur de bus âgé de 59 ans a subi un déferlement de haine et s’est retrouvé dans un état de mort cérébrale. La raison ? il refusait d’admettre à bord des passagers sans titre de transport et sans masque de protection, rapportent nos confrères de Sud Ouest

Les faits se sont déroulés dimanche, aux alentours de 19 heures, dans le quartier de Balichon à Bayonne. Philippe Monguillot, un conducteur de bus âgé de 59 ans, a été sauvagement agressé par des passagers. Après avoir encaissé des coups d’une violence impitoyable, l’homme s’est retrouvé dans un état de mort cérébrale. Actuellement, le parquet de Bayonne a opté pour la mise en examen de quatre individus suspectés d’avoir été impliqués dans cette agression.

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Les circonstances de cette attaque

Philippe Monguillot, conducteur d’un Tram’bus du réseau Chronoplus, se trouve actuellement dans un centre hospitalier de Bayonne, entre la vie et la mort. Père de trois enfants, l’homme s’est retrouvé pris dans une querelle qui a débouché sur un déferlement de colère conséquent.

Selon le procureur de la République de Bayonne Marc Mariée cité par Midi Libre, trois individus seraient rentrés dans le Tram’bus à l’arrêt Gare de Bayonne. Les passagers étaient accompagnés d’un chien dangereux et n’avaient ni titre de transport ni masque de protection. À l’arrêt de Balichon, un autre homme les a rejoint.

Philippe Monguillot est allé à la rencontre du groupe, leur reprochant de ne pas porter de masque, indispensable dans les transports en commun pour se protéger du coronavirus. Dès lors, une dispute a éclaté dans le véhicule avant de se poursuivre sur le quai.

“Les insultes fusent puis il y’a une bousculade. Le chauffeur est poussé hors du bus. Là, deux individus lui donnent de violents coups de pied et de poings dans la partie haute du corps et notamment vers sa tête”, indique le procureur. Le conducteur de bus s’est alors retrouvé grièvement blessé à la tête et a été transporté en urgence au centre hospitalier de la ville. Depuis, l’homme est en état de mort cérébrale, engendrant un sentiment d’insécurité grandissant chez les conducteurs de bus de Bayonne.

Véronique Monguillot, la femme de la victime, a témoigné de ce drame à l’antenne de BFMTV. “Il est tombé dans un coma profond d’entrée. Il n’y avait plus rien à faire. Il y a eu un acharnement, il y a eu une extrême violence”, a déclaré la femme qui parle alors de “meurtre prémédité”.

Actuellement, l’enquête se poursuit et quatre individus impliqués dans l’affaire ont été placés en garde à vue.

La famille de la victime au bord du gouffre

Après cette violente agression, Philippe Monguillot a subi des lésions cérébrales traumatiques qui lui ont causé une mort encéphalique. Cette dernière se caractérise par un arrêt de toutes les fonctions du cerveau, même si le coeur fonctionne toujours. Véronique Monguillot, la femme du conducteur, sait que cette issue est fatale. “Il n’est pas encore parti, même si on sait que c’est une question de quelques heures. Je le sais pertinemment.

Son état n’a pas évolué dans le bon sens, au contraire. Au bout d’un moment, il ne faut plus s’acharner”, a-t-elle déclaré. Ce mercredi, l’épouse s’est rendue au chevet du patient pour lui annoncer de bonnes nouvelles : leur plus jeune fille a eu son bac et son permis. Malheureusement, Philippe n’aura pas eu l’occasion de célébrer sa réussite avec elle.

Pour rendre hommage à la victime, une marche blanche sera organisée dans la ville de Bayonne. Pour Véronique, ce sera l’occasion de montrer “à quel point Philippe est aimé, apprécié”, mais aussi de sensibiliser les gens face à ces massacres qui arrachent des vies. “Mon mari, il est massacré, il a la tête qui est massacrée. On l’a vu avec mes filles… Pour moi il est massacré, il n’y a pas d’autres morts”, déplore la femme.

Philippe, qui voulait faire respecter la loi et inciter les passagers à faire preuve de civisme, s’est retrouvé pris dans une bagarre qui lui a coûté la vie. À présent, son épouse souhaite que les malfrats payent pour leurs actions et est prête à tout pour rendre justice à son époux. “Je veux que ces gens là paient le maximum. Ils nous ont détruits. Ils ont détruit Philippe, ils ont détruit la vie de mes enfants et la mienne”, insiste-t-elle.

 La mort cérébrale : ce qu’il faut savoir

La mort cérébrale se définit par la perte permanente de l’activité du cerveau. L’autonomie est alors perdue et la personne se retrouve incapable de maintenir des fonctions vitales telles que la respiration sans moyens artificiels. Malheureusement, cette assistance ne peut maintenir indéfiniment le fonctionnement des autres organes puisqu’en état de mort cérébrale, aucun traitement ne peut remédier à l’état de santé du malade.

Les médecins doivent alors se fier à des critères spécifiques pour établir un diagnostic. Une fois que celui-ci est confirmé, l’individu est déclaré mort sur le plan légal.

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