Se lever tôt réduit le risque de développer un cancer du sein d’après une étude

De notre consommation d'aliments et d'alcool à l'utilisation de la pilule contraceptive, il est régulièrement demandé aux femmes de rester vigilantes lorsqu'il s'agit de réduire le risque de cancer du sein. Cependant, nous pensions peu que nos horloges biologiques puissent également avoir un rôle à jouer. Des chercheurs britanniques affirment à présent que se lever tôt diminuerait les risques de cancer du sein.

L’étude

Une équipe de l’Université de Bristol dirigée par Dr. Rebecca Richmond, chercheuse associée à l’unité d’épidémiologie de Cancer Research UK de Bristol, a présenté une étude lors de la Conférence sur le cancer au NCRI (Institut National du Cancer) à Glasgow qui suggère que les lève-tôt ont 40 à 48% moins de risques de développer un cancer du sein que les couche-tard.

À l’aide d’une nouvelle méthode d’analyse des données – appelée randomisation mendélienne – les chercheurs ont étudié 341 segments d’ADN contrôlant les horloges de notre corps.

L’étude a également mis en évidence un risque supplémentaire de cancer du sein chez les femmes qui dormaient plus que la durée recommandée de sept à huit heures par nuit, ce qui équivaut à un risque supplémentaire de 20% par heure de sommeil.

Cependant, l’équipe a souligné que le développement du cancer du sein était lié à de nombreux facteurs et que ces chiffres ne représentaient pas un risque absolu. En outre, les résultats ne peuvent pas être appliqués à l’ensemble des populations car la majorité des femmes incluses étaient d’origine européenne.

Qu’est-ce que cela veut dire ?

« Le sommeil est probablement un facteur de risque important du cancer du sein, mais il n’est pas aussi important que d’autres facteurs de risque bien établis tels que l’indice de la masse corporelle (IMC) ou l’alcool », a déclaré Dr. Richmond.

« Nous savons que le sommeil est généralement important pour la santé. Ces résultats peuvent potentiellement influencer les habitudes du sommeil de la population en général afin d’améliorer la santé et de réduire le risque de cancer du sein chez les femmes. »

Nos rythmes circadiens, ou horloges biologiques, contrôlent les fonctions de l’organisme telles que les habitudes de sommeil, la pression artérielle et le métabolisme. Lorsqu’ils sont perturbés, ils peuvent accroitre le risque de cancers et d’autres maladies.

L’équipe du Dr. Richmond a mené son analyse génétique dans l’espoir de mieux comprendre les causes et conséquences possibles de ce lien. Toutefois, les experts préviennent que davantage de recherches sont nécessaires et que les résultats existants ne peuvent être appliqués plus largement.

« La méthode statistique utilisée dans cette étude, ne permet pas toujours d’établir une inférence causale », a déclaré Dipender Gill, chercheur clinicien à Imperial College de Londres. « Par exemple, les déterminants génétiques du sommeil peuvent également affecter d’autres mécanismes neuronaux qui influent sur le risque de cancer du sein indépendamment des habitudes de sommeil. Dans un tel scénario, ces dernières peuvent être associées au risque de cancer du sein, mais ne le sont pas directement. »

Le sommeil, pas aussi important que d’autres facteurs

Les noctambules ne devraient pas être inquiétées par les résultats, ajoute-t-elle. « Je ne soutiendrais pas que les femmes devraient se lever plus tôt pour réduire le risque de cancer du sein. »

Il existe des théories sur les causes de l’effet du sommeil sur le cancer, a-t-elle expliqué, telles que l’idée que la lumière artificielle de nuit provoque des perturbations hormonales.

Le Dr Sowmiya Moorthie, analyste principale des politiques en épidémiologie à la PHG Foundation de Cambridge et qui n’a pas participé à la recherche, a ajouté que l’atout majeur de l’étude réside dans le recours à « de multiples approches pour examiner les liens entre les caractéristiques du sommeil et le cancer du sein, ce qui permet aux chercheurs de démontrer une  cohérence dans leurs résultats. »

« En ce qui concerne les implications de la recherche, elles corroborent les preuves existantes selon lesquelles les habitudes de sommeil influent sur le risque de cancer, mais on ne sait toujours pas comment les préférences individuelles pour un réveil tôt ou tardif interagissent avec les comportements de sommeil réels », a écrit Moorthie dans un courrier électronique.

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