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Quel comportement adopter face à un enfant violent ?

Il peut arriver qu’en cas de colère ou d’insatisfaction, un enfant ou un adolescent peut se montrer violent. Découvrez comment se comporter dans cette situation et prévenir les crises de violence en tant que parent.

Relayés par nos confrères de l’Express, ces conseils sont utiles pour la majorité des parents. Et pour cause, il peut arriver qu’un enfant ait des excès de violence sans que l’on sache y répondre. Des spécialistes livrent leurs analyses sur ces réactions et comment y remédier. 

L’agressivité est une réaction structurante à l’environnement

Patrick Ben Soussan, pédopsychiatre et auteur de l’ouvrage De l’art d’élever des enfants im(parfaits), estime que l’agressivité fait partie du modèle normal de développement de l’enfant. Pour lui, il s’agit même d’une réaction structurante qui est identifiable à partir de 17 mois. La violence est issue au moment où les enfants comprennent que leur environnement ne dépend pas de leur volonté. Cette frustration crée alors un « pic de violence ». « C’est le difficile apprentissage de la frustration et des règles de vie en groupe », analyse l’expert. Il ajoute qu’au moment de ces insatisfactions, l’enfant comprend que la toute-puissance infantile ne peut pas être une réalité durable. Le pédopsychiatre explique que de ce sentiment naît le réflexe de frapper. La plupart des enfants difficiles ont des parents qui font ces 5 erreurs.

La violence résulte d’une difficulté à exprimer ses émotions

Interrogé par Ouest-France, Patrick Ben Soussan explique que si l’agressivité perdure après 3 ans ou s’aggrave, l’enfant a du mal à intégrer « qu’il ne fait plus un avec son parent ». L’agressivité a donc une dimension affective qui fait état d’émotions. Le médecin indique : « Quand il a moins de 3 ans, un enfant fonctionne par projection. Il renvoie à l’extérieur de lui tout ce qui ne lui convient pas : stress, colère, souffrance ». Et cela, il peut l’exprimer comme de l’agressivité envers l’adulte. Pour autant, cela ne veut pas dire que l’adulte doit être permissif même à un âge précoce. 

Faire comprendre à l’enfant que le corps est sacré

Après avoir expliqué les tenants et les aboutissants de cette réaction, le spécialiste explique que ce comportement n’est pas anodin et qu’il mérite d’être corrigé. « On dit de manière radicale qu’il est impossible, qu’il ne doit jamais le refaire. On l’arrête d’un geste, comme on le ferait s’il dirigeait ses doigts vers une prise », recommande-t-il. Respecter ce conseil permet à un parent d’indiquer le caractère sacré du corps. C’est pour cette raison que Patrick Ben Soussan insiste sur le fait de reprendre fermement l’enfant en cas de violence. Ainsi, il comprendra qu’un enfant n’a pas le droit de toucher un adulte et inversement. Parfois, les parents doivent apprendre à se remettre en question. Ces 8 comportements empêchent leurs enfants de réussir.  

Un parent ne doit jamais banaliser la violence

Après un accès de violence, le parent doit instaurer un dialogue. « Il faut savoir écouter sa parole et y rester ouvert », conseille l’auteur de l’ouvrage De l’art d’élever des enfants (im)parfaits. Pour autant, si la discussion est de rigueur, le pédopsychiatre explique qu’il est indispensable de ne jamais rendre la violence ordinaire en ne la laissant pas passer. « C’est à chaque parent, en fonction de la situation, de savoir réaffirmer fermement l’interdiction de taper, de respecter les limites » insiste-t-il. Une façon de faire comprendre à l’enfant que la violence est un comportement rédhibitoire. 

« Il n’existe pas d’enfant violent »

Si le médecin spécialiste des enfants souligne le caractère indispensable de se montrer coercitif en cas de violence, il demande de discuter a posteriori de la crise. Seulement, Patrick Ben Soussan explique aux parents qu’ils ne doivent pas s’attarder en explications. « Certains font de longues tirades sur pourquoi on ne doit pas taper. C’est inutile. Plus on est bref et mieux le message passera » avertit-il. Puis d’ajouter : « Il n’existe pas d’enfant violent qui aurait besoin de se défouler en tapant contre un canapé. La violence est bel et bien dirigée contre quelqu’un », analyse-t-il. S’il donne cet avertissement, c’est parce que le spécialiste estime dangereux de stigmatiser l’enfant en lui faisant comprendre que la violence fait partie de son tempérament, une idée qui ne pourrait que l’empirer. Un lourd vécu peut rendre l’enfant enclin à être violent durablement.

Que faire quand l’enfant est plus grand ?

Le pédopsychiatre et professeur de psychiatrie de l’enfant, Daniel Marcelli, propose des solutions quand cette agressivité est persistante. Parmi elles, le jeu de rôle. C’est avec cette mise en situation que l’enfant pourra comprendre les différents sentiments que l’on peut ressentir. Proposer une activité ou un loisir peut également être utile à canaliser ces mauvaises émotions. Le spécialiste recommande également de féliciter les progrès lorsqu’il y’en a et ainsi de le conforter dans ce nouveau comportement. Si le comportement de l’enfant ou de l’adolescent prend toute la place, il ne faut pas hésiter à consulter un psychologue ou un psychiatre. Ce spécialiste aidera les parents à déceler les causes de ces réactions et à mettre des mots sur les maux du patient. 

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