Que faut-il planter dans votre jardin selon votre type de sol ?

Si le sol de votre jardin vous pose d'éternels problèmes, vous ne pourrez pas tout changer du jour au lendemain, mais là où vous en avez besoin, vous pouvez inverser la tendance vers une amélioration durable.

Sol sableux – Associez bruyères et graminées

Le sable est perceptible au toucher, car c’est l’élément le plus gros : un gramme de sable contient environ mille particules.

Avantages : c’est un élément plein de vides, donc aéré et qui laisse facilement circuler l’eau. Un sol sableux est bien drainé et meuble. Les outils s’y enfoncent facilement, tout comme les racines, qui s’y développent sans contrainte. Les plantes poussent vite.

Inconvénients : il retient six cents fois moins d’eau que l’argile… et sèche rapidement après une pluie ou un arrosage. Avec l’eau, ce sont aussi les éléments minéraux nutritifs qui sont emportés en profondeur.

Quelles plantes ? Les bulbes (narcisse, tulipe, ail d’ornement et potager), les graminées (fétuque bleue, pennisetum), les plantes méditerranéennes (thym, romarin, laurier-rose), les sedums et autres plantes grasses, ainsi que celles de bord de mer (rose trémière, mimosa, genêt, tamaris).

Comment l’améliorer ? Le besoin s’en fait surtout sentir au potager, car les légumes sont gourmands à la fois en eau et en nutriments. La recette miracle : l’apport de com post, toujours en surface, à enfouir superficiellement (10 cm) sur les surfaces à semer ou autour des plantes, une fois installées (tomates). Dans le trou, vous pouvez aussi ajouter du terreau. Le compost augmente le taux d’humus du sol : il retient alors mieux l’eau et s’en trouve enrichi. Ensuite, n’oubliez pas de pailler, car le compost jouera mieux son rôle s’il reste frais.

Sol calcaire – Les seringats embaument

Le calcaire dans le sol est un élément minéral indispensable, sauf en trop grande quantité ! On le mesure par le pH : au-dessus de 7, le terrain est calcaire ; en dessous, il est plus ou moins acide.

Avantages : les plantes ont besoin de petites quantités de calcium, qu’elles ne peuvent puiser que dans le sol. Ce calcium les rend notamment plus résistantes à la sécheresse et active leur fonctionnement. Il est aussi indispensable pour lier l’humus et l’argile dans le sol, ce qui le rend fertile, souple et stable, idéal pour le potager.

Inconvénients : un excès de calcaire nuit à certaines plantes, en les empêchant notamment d’assimiler le fer. Cette carence se traduit par un jaunissement du feuillage, nommé chlorose, qui peut frapper le poirier, le cognassier, le citronnier, le lupin, le liquidambar, le camélia… et, surtout, les rhododendrons et les azalées, qui préfèrent un pH compris entre 4,5 et 5,5 (autrement dit, un sol acide).

Quelles plantes ? L’érable champêtre, l’aubépine, le frêne, le cytise, le sureau noir, l’oranger du Mexique, les saules et l’arbousier. Poiriers et cognassiers s’adaptent grâce au greffage sur des variétés tolérantes, ainsi que les rosiers (greffés sur Rosa laxa).

Comment l’améliorer ? Pour réussir rhododendron ou érable japonais, plantez-les en bacs, plutôt que de creuser une grande fosse remplie de terre de bruyère, que vous arroserez à l’eau… calcaire de chez vous ! Au potager  apportez un maximum de matière organique (compost, terreau, paillis de feuilles) au pied des framboisiers.

terre de jardin

Terre du jardin – Source : spm

Sol argileux – Les rosiers sont heureux

L’argile est composée de particules si fines qu’on ne les sent pas au toucher : un gramme d’argile contient environ quatre-vingt-dix milliards de particules !

Avantages : l’argile retient plus longtemps l’eau d’arrosage, jusque très profondément dans le sol, ainsi que les minéraux qui nourrissent les plantes. C’est donc une terre riche, qui reste fraîche, très intéressante au potager.

Inconvénients : l’air a du mal à circuler entre les particules du sol. Une terre argileuse peut retenir 70 % de son poids en eau et en rester gorgée tout l’hiver. Or, la majorité de nos plantes cultivées ont plutôt besoin d’un terrain drainé. Par contre, dès qu’il ne pleut plus, la terre se rétracte, forme des crevasses entre des blocs durs comme du béton, qui compriment les racines et freinent leur croissance.

Quelles plantes ? Sauf en terrain très humide, l’argile n’est pas longtemps un problème pour beaucoup d’arbres et arbustes, qui développent assez vite de fortes racines. Les rosiers en particulier, préfèrent les sols argileux. Parmi les vivaces, retenez les hémérocalles, les asters, l’acanthe et les phlox.

Comment l’améliorer ? Au moment de la plantation, ouvrez un trou trois fois plus important que la motte des racines de la plante à installer. Placez dans une brouette la terre extraite la plus foncée (1/3) et mélangez-y 1/3 de terreau horticole et 1/3 de sable ou de petits graviers. Rebouchez le trou avec ce mélange bien plus souple et aéré que la terre d’origine. Arrosez et couvrez d’un paillis. Généralisez cette pratique au potager. En région très arrosée, plantez pommes de terre, fraises et iris sur des buttes de 15 cm de haut.

Sol acide – Collectionnez les hortensias

Là où les maisons sont en granite, le sol est généralement acide, provenant de la décomposition de cette roche en sous-sol.

Avantages : si certaines plantes montrent une allergie au calcaire, ce n’est guère le cas en sol acide. Les sols acides sont souvent sableux, légers, faciles à travailler et drainants.

Inconvénients : ce sont souvent des sols pauvres (landes de bruyère), dans lesquels les éléments minéraux nutritifs sont peu nombreux ou non assimilables. Un milieu très acide est peu favorable à une abondante vie du sol, notamment celle des vers de terre, indispensables à la décomposition des déchets végétaux en humus.

Quelles plantes ? Comme en Bretagne, on y réussit les rhododendrons, les camélias et les hortensias  En sol frais se plaisent les fougères et les cornouillers chinois. En sol drainé et climat doux, on collectionne les callistémons, les protéas d’Afrique du Sud et autres raretés.

Comment l’améliorer ? En terrain très acide, pour nourrir légumes et arbres fruitiers, l’apport de compost en surface (encore une fois !) est vraiment la solution. Avant de commencer un potager, il est conseillé de semer des engrais verts (moutarde, seigle, luzerne ou trèfle), dont les nombreuses racines vont enrichir le sol en matière organique et ramener peu à peu les vers de terre. En été, arrosez peu et très souvent pour éviter le lessivage du sol.

planter des fleurs

Planter des fleurs – Source : spm

Analysez votre sol

  1. Utilisez un bocal en verre transparent de 1 litre et remplissez-le d’eau jusqu’aux 2/3.
  2. Prenez un peu de votre terre et tamisez-la pour extraire mottes et cailloux. Ajoutez la terre dans le bocal, jusqu’à ce que l’eau atteigne le rebord. Fermez, secouez bien et laissez reposer.
  3. Notez le niveau du sable qui s’est déposé au fond du bocal, à l’aide d’un stylo-feutre. Patientez une heure, jusqu’à ce que l’eau de surface soit claire.
  4. Marquez l’épaisseur de chaque couche (sable en bas, puis limon et argile) et calculez sa proportion par rapport à la hauteur totale de terre. Comparez avec celle de la terre idéale, qui contient 70 % de sable, 10 % d’argile, 10 % de calcaire et 10 % d’humus.

C’est le bon moment pour…

Débuter les semis

N’oubliez pas de démarrer les semis pour l’automne et l’hiver. En terrain tassé (surtout, ne bêchez pas), semez la mâche et l’épinard d’hiver. Vous pouvez semer des laitues d’hiver dans des plaques alvéolées, pour économiser les graines et obtenir des mottes faciles à repiquer : ne gardez qu’un plant par motte. Pensez aux radis roses et noirs !

Bâcher et désherber

Si vous convertissez une partie de la pelouse en massif ou en potager, c’est le moment de recouvrir toute la surface à l’aide d’une bâche noire étanche. Les dernières chaleurs de l’été vont cuire les herbes et, la nuit, les vers de terre les décomposeront à la surface, tout en travaillant le sol pour creuser leurs galeries. D’ici quelques mois, il sera bien plus facile de réaliser des
plantations.

Bouturer les arbustes

Hydrangéa, weigelia, ciste : si vous envisagez de planter de nouvelles haies, des massifs ou de réussir un troc aux plantes, bouturez les arbustes. Prélevez des rameaux latéraux non fleuris possédant trois départs de feuilles, supprimez la moitié inférieure du feuillage et piquez vos boutures dans un terreau pour semis. Arrosez et placez le tout en mini-serre : les boutures se conservent mieux dans une ambiance humide. Ne forcez pas sur l’arrosage, tant qu’elles n’ont pas formé de racines.

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