Pourquoi y a-t-il des faux négatifs dans les tests COVID-19 ?

Depuis l’apparition du virus Sars-Cov-2 à Wuhan, les gouvernements ont mis en place des stratégies de dépistage pour identifier les cas sur leur territoire. Pour essayer de contenir l’épidémie en France, le moyen le plus fréquemment utilisé est le test PCR, un test virologique de “réaction en chaîne par polymérase". Le résultat est positif lorsque l’individu est porteur du virus, et négatif dans le cas contraire. Mais il existe aussi ce que l’on appelle des “faux négatifs”. Nos confrères du Monde expliquent ce que cela signifie.

À l’heure où le monde entier est confronté à une crise sanitaire inattendue, de nombreuses interrogations émergent quant à la maladie du Covid-19, notamment au sujet des techniques de dépistage. Fiabilité, mécanismes, risques, résultats…Faisons le point sur ces tests qui semblent désormais faire partie de notre quotidien.

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Test PCR – Source : Futura Sciences

Qu’est-ce qu’un test PCR ?

Fréquemment utilisé en France, le test virologique de “réaction en chaîne par polymérase” ou test PCR, permet de déterminer au moment de sa réalisation si un individu est porteur du virus Sars-CoV-2. Le prélèvement se fait par voie nasale ou salivaire, mais cette dernière serait moins efficace. Selon le journal Le Monde qui cite la présidente du collège de la Haute Autorité de Santé, le taux d’erreur chez les personnes asymptomatiques atteindrait les 75%. De ce fait, et compte tenu du fait que la maladie du Covid-19 est une pathologie respiratoire, ce sont les voies respiratoires qui permettent en premier de détecter sa présence, avant qu’il n’atteigne d’autres zones du corps.

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Le déroulement d’un test PCR – Source : Independent

Comment se déroule un test PCR ?

En cas de prélèvement nasal, la procédure consiste à enfoncer profondément dans chaque narine un écouvillon, une sorte de long coton-tige assez souple et ce, jusqu’en haut du pharynx. Pour les tests salivaires, qui peuvent s’avérer utiles pour le dépistage de certains publics comme les personnes âgées, les enfants ou encore les individus souffrant de troubles psychiques, le prélèvement ne nécessite aucun matériel particulier.

Il s’agit essentiellement de tubes pour récolter le crachat de la personne se faisant dépister. Cette méthode peut par ailleurs être réalisée chez soi, grâce à un auto-prélèvement. L’analyse se fait quant à elle en laboratoire, avec des machines PCR. La HAS a rendu le 18 septembre dernier un avis favorable à ce type de prélèvement uniquement pour ceux qui présentent des symptômes du Covid-19.

Qu’est-ce qu’un “faux négatif” ?

Comme mentionné plus haut, le test PCR par prélèvement nasal reste l’option privilégiée en termes de fiabilité. Celle-ci étant de l’ordre de 80 à 90%, d’après le Pr Laurent Andreoletti de la faculté de médecine de Reims, contre 60 à 70% pour un prélèvement par voie salivaire. Il est toutefois possible d’avoir une proportion de 30% de ce que l’on appelle des “faux négatifs” pour les tests par voie nasale. Cette expression représente un échec de diagnostic sur une personne déclarée négative alors qu’en réalité, elle est porteuse du virus Sars-CoV-2. Une infirmière galloise avait été testée négative à trois reprises avant que le virus ne soit détecté via un scanner.

Cela se produit notamment lorsque le prélèvement n’a pas été réalisé correctement. L’écouvillon peut avoir été enfoncé de manière trop superficielle, donc pas assez profondément dans la narine. Mais il est également possible que le dépistage ait été réalisé au mauvais moment, soit trop tôt, durant la phase d’incubation, lorsque le virus est présent en quantité insuffisante pour être détecté dans le nez, ou encore trop tard, en fin de maladie, lorsque le virus est présent en quantité trop faible pour être repéré. Selon la HAS, le risque de “faux négatif” augmente dès le 8ème jour suivant la contamination.

François Blanchecotte, président du Syndicat des biologistes, se veut toutefois rassurant. Interrogé par l’AFP, il estime que le test présente une sensibilité de 98% lorsque le prélèvement est fait de manière correcte. Mais le taux de fiabilité ne fait pas l’unanimité car pour Laurent Andreoletti, chef du laboratoire de virologie au CHU de Reims, celui-ci est plutôt “de l’ordre de 80 à 90%”.

Par ailleurs, il existe également des faux positifs, lorsque le diagnostic indique à tort qu’une personne est porteuse du virus. Ces cas restent toutefois rares, indique Le Monde, et peuvent résulter de l’utilisation d’un réactif défaillant pendant le dépistage.

Y a-t-il des risques à réaliser un test PCR ?

Si la longueur des cotons-tiges utilisés lors des prélèvements nasaux peut impressionner, celle-ci serait sans danger car elle ne franchit pas la paroi du cerveau et se limite à la partie supérieure de notre pharynx. Cette méthode est par ailleurs utilisée pour détecter d’autres virus depuis plusieurs années, octroyant un certain recul quant au procédé et à sa sécurité.

Il existe toutefois des exceptions en cas de maladie ou d’anomalie préexistante si celle-ci passe inaperçue. Une américaine avait souffert d’une fuite de liquide céphalo-rachidien après un test PCR en raison d’une condition non diagnostiquée avant son test. La paroi de son cerveau débordait de manière anormale vers ses fosses nasales. Le Dr Jarrett Walsh, de l’hôpital de l’université de l’Iowa avait appelé à former adéquatement les personnes administrant les tests PCR et à privilégier des tests salivaires pour les personnes qui se seraient, par exemple, faites opérer des sinus.

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