Pourquoi la mort d’un frère ou d’une sœur c’est comme perdre une partie de soi

On parle très souvent du chagrin qui survient après la perte d’un parent ou d’un enfant, mais très rarement de celui qui se manifeste après la mort d’un frère ou d’une sœur. Mais en réalité, lorsqu’un membre de la fratrie nous quitte, le deuil peut être particulièrement difficile à surmonter. Ce frère ou cette sœur, avec qui on a partagé tant de bons moments dans l’enfance, qui nous connaît généralement par cœur, laisse un vide énorme dans notre vie.

Qu’on ait été proches, ou que nos chemins se soient séparés à un moment de nos vies, la mort d’un frère ou d’une sœur donne lieu à une douleur incommensurable. Peur, anxiété, nostalgie, ou encore culpabilité peuvent envahir la personne endeuillée. Malheureusement, ce mélange de sentiments peut passer inaperçu aux yeux des autres qui vont tenter de consoler les parents, les enfants et le conjoint du défunt.

Une relation forte qui n’est semblable à aucune autre

La fratrie entretient une relation particulière et un amour très singulier. En effet, ces sentiments ne sont pas les mêmes qu’on éprouve à l’égard des parents, ni à l’égard de nos enfants, mais sont tout simplement uniques. Alors qu’une rivalité existait durant l’enfance, elle ne diminue en rien l’attention, l’instinct de protection et la connexion profonde qui existent entre frères et sœurs. En effet, la jalousie éprouvée provient inconsciemment d’un refus de partager l’amour des parents. Mais en réalité, les membres d’une fratrie partagent une complicité naturelle et une forte solidarité.

La perte d’un frère ou d’une sœur : une épreuve difficile

Si ce deuil prend du temps, c’est surtout parce que cette perte est différente de toutes les autres. En effet, en perdant un frère ou une sœur, on met fin à une relation qui a duré depuis très longtemps. On dit adieu à une personne avec qui on a partagé des souvenirs par milliers et qui nous connaît dans l’intimité la plus totale.

Un point de repère qui n’est plus là

On perd également un point de repère, qui nous rappelle à l’ordre quand il le faut et atténue nos peines. Ce frère ou cette sœur, qui a les mêmes parents que nous, peut faire émerger des pensées nostalgiques. Ces moments de famille, ces disputes entre les parents, les difficultés qu’on a traversées dans l’enfance ou l’adolescence… Autant de moments que seuls vous deux pouviez connaître. Savoir qu’on ne reverra plus cette personne peut nous donner l’impression qu’une partie de nous-mêmes n’est plus là et qu’elle ne reviendra jamais. On peut à peine imaginer le futur sans cette personne qui nous a accompagnée dans les plus sombres instants. On peut se sentir seul et désarmé, sans ce proche qui nous comprenait et nous épaulait.

Une culpabilité qui naît

Parfois, on peut continuer à jalouser notre frère et notre sœur pour son succès, ses acquis, et toutes ces choses qu’il/elle a et que nous n’avons pas. Bien sûr, cette compétition est vécue dans l’ombre pour ne pas donner lieu à des remarques désobligeantes. Ainsi, lorsque le proche décède, des émotions négatives peuvent naître en nous. Parmi celles-ci, une forte culpabilité prend le dessus quand on ressasse le passé. « J’étais tellement jalouse quand elle s’est mariée », « Je l’enviais pour son salaire », « Je faisais tout pour que papa l’aime moins »… Des regrets face à certains faux pas, tout en sachant qu’il n’y a plus de retour en arrière possible. Mais cette culpabilité ne nous permettra ni de se faire pardonner ni d’avancer. Elle ne fera qu’accentuer le mal.

Les étapes pour se reconstruire après le deuil

Après la mort d’un proche, nous regardons la vie sous un autre jour. Néanmoins, certaines étapes restent nécessaires pour se reconstruire et aller de l’avant. Selon Elisabeth Kübler-Ross, psychologue, on passe par 5 étapes lors d’un processus de deuil :

– Le déni

Le choc qui suit l’annonce de la perte d’un proche peut donner l’impression de vivre un véritable cauchemar. On ne réalise pas vraiment ce qui est en train de se passer et on ne parvient tout simplement pas à y croire.

– La colère

Quand on réalise que ce n’est pas un mauvais rêve, on se sent trahis, sidérés et victimes d’une terrible injustice.

– Le marchandage

On tente inconsciemment de négocier le retour du défunt pour ne pas avoir à faire à cette douleur. On peut ne pas accepter de voir la réalité en face et de continuer à faire comme s’il était là.

– La dépression

Vient la phase de la dépression, qui peut durer plus ou moins longtemps. On se renferme sur nous-mêmes et on se crée une bulle de tristesse et d’amertume.

– L’acceptation

Enfin, on se rend compte que cette perte est irréversible et qu’il va falloir aller de l’avant. On tente de se reconstruire et de reprendre une vie normale, tout en gardant en mémoire la perte du défunt.

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