On célèbre la naissance du premier bébé grâce à une greffe d’utérus d’une donneuse décédée

On célèbre la naissance du premier bébé grâce à une greffe d’utérus d’une donneuse décédée


On célèbre la naissance du premier bébé grâce à une greffe d’utérus d’une donneuse décédée

La greffe d’utérus est une perspective optimiste pour les femmes nées sans utérus ou ayant subi une ablation, suite à une maladie. En effet, la première greffe utérine réussie a eu lieu en Suède en 2014 et a inspiré plusieurs transplantations d’utérus dans le monde entier.

Naissance d’un bébé après une greffe de l’utérus

Il y a un an, au Brésil, un bébé est né grâce à un utérus transplanté chez une femme. Ce cas a d’ailleurs fait l’objet d’un rapport publié dans la revue The Lancet.

La femme en question présentait une absence utérine congénitale appelée « syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH), tandis que la donneuse d’utérus, âgée de 45 ans et décédée d’un AVC, avait déjà vécu trois accouchements de son vivant. L’opération a duré environ 10h30 et a été suivie d’un traitement immunosuppresseur afin d’éviter le rejet de la greffe.

Entre temps, les ovocytes de la future maman ont été prélevés et fertilisés avec le sperme du futur papa et congelés pour une utilisation post-opératoire. Six semaines après l’opération, la femme transplantée a eu ses règles puis sept mois plus tard, les ovocytes préalablement fécondés ont été implantés.

Finalement, l’opération a permis à la maman de donner naissance par césarienne à un bébé en bonne santé et pesant 2,5 kilogrammes.

Le Docteur Dani Ejzenberg, de l’Hôpial Das Clinicas de Sao Paulo, qui a été l’auteur de cette opération réussie, s’est déclaré satisfait par la réussite de cette transplantation, provenant de surcroît d’une donneuse décédée. Il a rajouté que les premières opérations de ce type dont l’utérus provenait de donneuses vivantes, avaient certes ouvert la possibilité à plusieurs femmes infertiles d’avoir des grossesses mais restaient limitées de par le nombre de donneuses.

Qu’est-ce que le syndrome de Mayer-Rokitansky-Küster-Hauser (MRKH) ?

Le syndrome de MRKH se caractérise par une insuffisance congénitale de l’utérus et de la partie supérieure du vagin même si les  trompes et les ovaires présentent un aspect tout à fait normal. Il affecte une femme sur 4500 et peut être accompagné d’anomalies rénales, vertébrales ou encore auditives ou cardiaques.

Les symptômes apparaissent généralement lors de la puberté où la jeune fille enregistre une absence de menstruations. Une échographie permet un diagnostic rapide, dès l’apparition d’une suspicion de MRKH.

Cependant, selon un article publié dans Science Direct, les symptômes du MRKH peuvent être confondus avec ceux d’autres syndromes ou malformations, d’où la nécessité de bien préciser le diagnostic. Par ailleurs, ce syndrome a depuis longtemps été considéré comme une maladie isolée mais au final, après la découverte de plusieurs antécédents familiaux, il s’est avéré que la génétique est la cause principale de l’apparition de ce trouble.

La transplantation utérine : une perspective d’avenir ?

Même avec le succès qu’a connu la fécondation in vitro à la fin des années 70 et l’injection de spermatozoïdes au début des années 90, le problème de l’absence d’utérus chez la femme restait prédominant, privant un bon nombre de femmes de grossesses. Les seules options qui s’offraient à ces femmes étaient de recourir à l’adoption ou à une maternité de substitution. À l’heure actuelle, plusieurs cas de greffes utérines sont à prévoir dans les années à venir.

Toutefois, d’après une étude de l’Hôpital Universitaire de la Suède, publiée dans NCBI, la transplantation d’un utérus représente un risque potentiel aussi bien pour le receveur que pour le donneur s’il est vivant et le futur bébé. En effet, cette opération chirurgicale est complexe, mettant en cause non seulement des implications médicales et psychologiques mais également des approches relevant de l’éthique morale et culturelle.

Néanmoins, le résultat de la première greffe d’utérus via une donneuse vivante liée à la naissance d’un bébé en 2014, suivie par d’autres transplantations réussies, indique indubitablement que la projection de cette opération dans l’avenir deviendra le traitement envisageable pour toute femme souffrant de cette infertilité.