« Mangez vos crottes de nez, c’est bon pour votre santé » conseillent les médecins

On nous a souvent appris que la saleté, quelle que soit sa forme, devrait être éradiquée. Mais ce que l’on ignore souvent, c’est que l’exposition à une grande variété de micro-organismes éduque notre système immunitaire à reconnaître les bons et les mauvais microbes, aidant ainsi au développement d’une bonne immunité. Interrogée par le New York Times, un médecin serait même allé jusqu’à dire que manger ses crottes de nez serait bon pour la santé ! Ce propos incongru incite en réalité à réfléchir à l’importance de notre hygiène de vie.

Les générations précédentes ont bénéficié d’un environnement de jeu différent du nôtre, étant plus exposées aux microbes et à un environnement naturel. Pour Meg Lemon, une dermatologue exerçant à Denver et spécialisée dans les allergies et les maladies auto-immunes, ces derniers sont des conditions sine qua non pour renforcer son immunité.

Quand le système immunitaire “n’a plus rien à faire”

Les scientifiques se sont posés la question des conséquences de comportements antiseptiques et de leur incidence sur la qualité de nos défenses naturelles. Interrogée par le New York Times, Meg Lemon explique les perturbations qu’encoure le système immunitaire lorsqu’il manque d’interactions régulières avec l’environnement naturel: « Notre système immunitaire a besoin d’un travail. Nous avons évolué pendant des millions d’années pour qu’il soit constamment attaqué. Maintenant, il n’a plus rien à faire ».

crotte de nez

“Vous ne devez pas seulement vous curer le nez, vous devriez en manger les crottes!”

Le Dr Lemon décrète sur le ton de la plaisanterie : « Vous ne devez pas seulement vous curer le nez, vous devez en manger les crottes ! » Si ces propos peuvent paraître choquants et prêter à confusion, le message que le médecin essaie en réalité de véhiculer est l’importance de mettre le système immunitaire au défi, en l’exposant à des interactions environnementales qui à la longue, le renforcent et le fortifient.

Pour l’experte, notre hygiène de vie actuelle entrave la confrontation de l’immunité à des bactéries et autres germes pourtant nécessaires au renforcement des défenses naturelles de l’organisme.  Elle fait notamment référence aux allergies que l’on peut développer lorsque le système immunitaire n’a pas été assez bien “entraîné”. “Il peut alors réagir de manière excessive en présence d’acariens ou de pollen, et développer des allergies”, peut-on lire sur l’article du quotidien new-yorkais, bien que d’autres facteurs puissent également intervenir, notamment les changements au niveau de notre environnement, à savoir de nouveaux polluants, ou encore des facteurs génétiques.

Une surconsommation d’antibiotiques

Autre élément pointé du doigt dans l’article du New York Times : la prescription excessive des antibiotiques. Si leur efficacité n’est pas mise en cause, leur utilisation systématique pourrait quant à elle priver notre organisme des bactéries qui lui sont bénéfiques. Comme l’explique le site Pourquoi Docteur, la prise d’antibiotique peut altérer le fonctionnement de l’organisme et nuire à sa flore bactérienne. Cela peut également conduire au développement de bactéries résistantes qui pourraient, à terme, menacer l’efficacité de ce même traitement. A cet effet, il est crucial de se référer aux indications de son médecin qui lui seul, sera à même d’établir si leur consommation est nécessaire pour la santé du patient. Rappelons que l’automédication est fortement déconseillée et que l’avis d’un spécialiste est toujours à privilégier.

Selon le Dr Keiji Fukuda, représentant auprès de l’Organisation mondiale de la santé du développement de politiques globales pour limiter leur usage, nous ne sommes pas plus en sécurité lorsqu’on essaie d’éliminer tous les risques de notre environnement.

“Est-ce que notre hygiène de vie est nécessaire et utile pour notre santé ? Oui. Est-ce qu’on a exagéré ? Parfois” peut-on lire en conclusion de l’article.

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