Les scientifiques découvrent que les personnes qui souffrent de dépression ont un langage spécifique

Les scientifiques découvrent que les personnes qui souffrent de dépression ont un langage spécifique


Selon son intensité, la dépression peut avoir un impact sur vos paroles, vos comportements ou votre sommeil. Elle peut être qualifiée de légère, modérée ou majeure en fonction des symptômes. Dans les cas les plus graves, cette maladie peut conduire au suicide. Selon un groupe de scientifiques, le suicide peut être évité si l’entourage arrive à repérer les signes de la dépression majeure. Explications !

Les scientifiques ont longtemps essayé de cerner la relation exacte entre la dépression et le langage, et la technologie nous aide à nous rapprocher d’une image complète. Cette nouvelle étude, publiée dans Clinical Psychological Science, a dévoilé une classe de mots pouvant aider à prédire avec précision si une personne souffre de dépression.

La dépression en France :

La dépression est une maladie qui touche tous les âges. Des statistiques de l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé ont montré qu’en 2010, 7,5 % des 15-85 ans auraient vécu un épisode dépressif. Il a été estimé que près d’une personne sur cinq a souffert ou souffrira de dépression au cours de sa vie. Les femmes sont deux fois plus touchées par la dépression que les hommes, chez les adolescents la prévalence est estimée à 14%.

Le suicide est la conséquence la plus grave de la dépression, en effet au niveau mondial, le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les 15-29 ans.

Ces chiffres alarmants mobilisent les scientifiques en permanence à cerner au maximum cette maladie notamment ses symptômes. Ils pensent que le langage d’une personne qui souffre de dépression est totalement différent au point qu’il peut être détecté par l’entourage.

Les mots…Un signe de dépression !

Une nouvelle étude, publiée dans Clinical Psychological Science, a dévoilé une classe de mots pouvant aider à prédire avec précision si une personne souffre de dépression.

Traditionnellement, les analyses linguistiques dans ce domaine sont effectuées par des chercheurs lisant et prenant des notes. Actuellement, les méthodes d’analyse de texte informatisées permettent le traitement de très grandes banques de données en quelques minutes. Cela peut aider à repérer les caractéristiques linguistiques que les humains peuvent manquer, en calculant le pourcentage de prévalence des mots et des classes de mots, la diversité lexicale, la durée moyenne des phrases, les schémas grammaticaux et de nombreux autres paramètres.

Les chercheurs ont donc prouvé que les personnes souffrant de symptômes dépressifs utilisent une quantité excessive de mots véhiculant des émotions négatives, en particulier des adjectifs négatifs et des adverbes, tels que «solitaire», «triste» ou «misérable».

Plus intéressant est l’utilisation des pronoms. Les personnes présentant des symptômes de dépression utilisent beaucoup plus de pronoms singuliers à la première personne, tels que «moi», «moi» et «je» et beaucoup moins de pronoms de deuxième et troisième personne, tels que «ils», «eux» ou «elle». Ce modèle d’utilisation des pronoms suggère que les personnes souffrant de dépression sont plus concentrées sur elles-mêmes et moins connectées avec les autres.

Les scientifiques ont conclu qu’il y avait des différences évidentes entre la façon dont les personnes souffrant de dépression s’exprime et celles qui n’en souffrent pas.

Les recherches ont également porté sur les forums de la santé mentale à travers l’analyse des mots utilisés lors des discussions. En effet, les scientifiques ont découvert que ces personnes qui souffrent de dépression ont tendance à utiliser des mots comme « complètement » et « toujours » plus souvent, chose qui montre qu’elles ont une vision plutôt extrémiste du monde.

Cela dit, il est bien entendu possible d’utiliser un langage associé à la dépression sans être réellement déprimé. En fin de compte, c’est ce que vous ressentez au fil du temps qui détermine si vous souffrez. Mais selon les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé, plus de 300 millions de personnes vivent avec la dépression dans le monde soit une augmentation de plus de 18% depuis 2005, il est certainement important d’avoir davantage d’outils pour améliorer la santé et prévenir les suicides tragiques.


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