Non, le dessin animé Peppa Pig ne cause pas l’autisme chez les enfants

Pour les parents d’enfants en bas âge, la prudence est de mise quand il s’agit d’avoir un œil avisé sur les contenus visionnés quotidiennement. Et pour cause, ces programmes télévisés véhiculent souvent des messages quant à différentes thématiques sur la famille, les loisirs ou encore la gestion des émotions. Le dessin animé Peppa Pig a fait l’objet d’une véritable levée de boucliers suite à une information inquiétante : ce programme pourrait déclencher l’autisme chez l’enfant. Cette fake news qui a circulé sur les réseaux sociaux a été décortiquée et les sources qui en découlent s’avèrent pour le moins douteuses. Libération fait le point et retrace l’itinéraire d’une information erronée qui a fait son beurre sur le souci perpétuel des parents à l’égard de leur progéniture.

Ce type de nouvelles aux titres racoleurs fleurissent sur la toile et sont friandes de clics. Quand il s’agit d’assurer le bien-être de leurs enfants, les parents sont particulièrement attentifs quant il s’agit d’informations anxiogènes et ce, surtout quand elles mettent en garde sur des dangers potentiels dont leurs enfants pourraient être exposés. Après la polémique sur Bob L’Éponge, c’est au tour de Peppa Pig d’être sur la sellette. Les tribulations de la famille porcine pourraient contribuer au développement de l’autisme chez les enfants en plein développement cérébral.

Une intox à la peau dure

Cette intox persiste depuis près de deux ans sur les réseaux sociaux. Vastement relayée sur la toile, cette information erronée prend appui sur une parole d’autorité, celles des spécialistes de la santé mentale. Le titre incitatif invite les parents à redoubler de prudence car l’enjeu est considérable pour l’enfant. « Ne laissez pas vos enfants regarder Peppa Pig. Des psychologues avertissent les parents » Une assertion somme toute inquiétante qui invite à faire preuve de plus de contrôle parental sur les programmes favoris des tout-petits.

Experts à l’appui

Pour transmettre des informations d’utilité publique, il est essentiel de s’appuyer sur des arguments d’autorités incontestables. Et pour cela, le site Astuces des femmes n’hésitent pas à simuler une intervention de psychologue pour le moins énigmatique et dans un français approximatif qui pourrait faire croire qu’il s’agit d’une traduction de la langue de Shakespeare. Sans renvoyer vers l’étude citée, le rédacteur évoque une recherche réalisée par « un groupe d’experts de l’université de Harvard ». Un établissement universitaire réputé pour sa probité qui force ainsi la crédulité du public.

Un portrait-robot inquiétant

Pour les rédacteurs de cette fake-news, Peppa Pig, le personnage principal, présenterait des traits de caractère qui pourraient non seulement provoquer un trouble du développement humain mais également être à l’origine de comportements agressifs. Intolérant, irrespectueux, arrogant, impoli, autant de défauts qui pousseraient des enfants en bas âge dans leur phase d’imitation à reproduire l’attitude du cochon cathodique.  Toutefois, cet argument d’autorité scientifique n’est pas valide car il s’agit d’un trouble anténatal qui survient pour des raisons génétiques qui pourrait se déclencher dès le stade fœtal.

Recoupement des sources

Pourtant, ces informations fournies quant à la dangerosité du programme ne sont pas étayées par les communautés scientifiques, comme en témoigne le travail d’investigation des fact-checkers de Snopes, un média spécialisé dans la vérification de hoax. Intrigués par cette polémique à succès, ils ont découvert que le département en psychologie de la précitée Harvard n’avait pas connaissance des recherches susdites. L’expert évoqué, Marc Wildemberg n’est non seulement pas épidémiologiste mais est aux abonnés absents dans l’université réputée de Boston. Pendant ce temps, la fake news continue de gangréner les réseaux sociaux.

Qu’est-ce que l’autisme ?

Encore mal connues, les causes de ce trouble du développement chez l’enfant restent assignées au stade fœtal ou à la loterie génétique. La personne qui souffre d’un spectre autistique évoluera avec cette condition toute sa vie. Pour autant, les enfants peuvent présenter un autisme à différents degrés, une variabilité des symptômes qui peuvent engendrer une errance diagnostique. Souvent, les autistes de type Asperger pourront être qualifiés d’enfants à haut potentiel et ne pourront pas bénéficier du traitement approprié. Des signes avant-coureurs comme des accès de violence ou un repli social peuvent être interprétés à tort comme des symptômes d’autisme. Ce trouble du développement se traduit essentiellement par une difficulté persistante à établir et des comportements stéréotypés et rituels. Souvent, l’autisme se manifeste avant l’âge de trois ans et seule une prise en charge précoce leur permet d’évoluer vers plus d’autonomie.

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