Les experts mettent en garde les personnes qui utilisent la célèbre application FaceApp

Les données à caractère personnelle font partie des premières ressources mondiales à l’ère de la transformation digitale. Cette exploitation accrue des informations personnelles a permis de relever plusieurs problématiques, notamment celles liées à la sécurité et à la finalité de traitement de ces informations. Extrêmement populaire, l’application FaceApp n’a pas échappé aux inquiétudes du public. Le journal Le Monde met en garde contre une éventuelle atteinte à la vie privée de ses utilisateurs.

Certaines entreprises ne manquent pas d’innovation quand il s’agit de collecter subtilement des informations sans avoir à respecter les droits des individus quant à l’exploitation de ces données. On se rappelle encore le scandale relatif au challenge Facebook, plus connu sous le nom du « 10 years challenge». 

Il s’agissait d’un challenge “amusant” qui mettait au défi chaque internaute de partager une photo récente ainsi qu’une photo plus ancienne, datant de 10 ans.Ce challenge a été suspecté d’alimenter la base de données du réseau social afin de fournir encore plus d’informations personnelles sur ses utilisateurs. Certains suspectent même son utilisation par les autorités, comme l’explique le magazine Forbes.

On se retrouve aujourd’hui encore avec une application intéressante, qui a su se placer en tête de liste des téléchargements d’applications sur les deux plateformes Google play et App store. FaceApp vous permet de façon amusante et innocente en apparence, de modifier votre apparence physique en appliquant des filtres sur vos photos. Ainsi vous pouvez changer de sexe ou encore paraître plus vieux.

Cette application est justement d’une simplicité déroutante. L’interface est très facile à utiliser, il vous suffit de télécharger vos photos et le programme vous remet des portraits vieillis de plusieurs années en quelques secondes avec un réalisme assez troublant.

FaceApp n’est pas conforme au RGPD

Le Règlement Général pour la Protection des Données à caractère personnelle est une loi qui a été adopté par le Parlement Européen en avril 2016, pour être ensuite appliquée aux Etats membres à partir de mai 2018.

Cette loi vise à régulariser et à unifier les méthodes de traitement de ces données, de l’opération de collecte jusqu’à la suppression finale de celles-ci. Cette loi permet avant tout de garantir vos droits dont les plus importants demeurent :

– Le droit à l’information : c’est-à-dire votre plein droit de connaître la finalité de collecte de vos données (nom, prénom, adresse e-mail, adresse physique…), le temps de conservation ainsi que les acteurs qui y ont accès.
– Le droit à l’effacement : que vous ayez droit à la suppression totale de vos informations des systèmes de la partie qui les a collectés.

– Le droit à l’opposition : votre plein droit de vous opposer au traitement de vos données personnelles sauf si ces dernières ont été collectées pour une finalité administrative ou sécuritaire.

Il se trouve que FaceApp ne respecte pas les principes et fondements du RGPD explique Le Figaro, ce qui ne vous garantit aucun des droits précités.

Des conditions d’utilisations douteuses

Quand vous téléchargez l’application, vous cochez des conditions d’utilisation qui attestent de votre consentement à donner un accès irrévocable à l’application pour l’utilisation de vos photos et d’autres données comme votre adresse IP ainsi que l’historique des pages web que vous avez consultés.

Cela fait de vous une proie potentielle aux pratiques d’hameçonnages et de piraterie sur la toile si quelqu’un arrive à s’infiltrer dans leur système. D’autant plus que vos photos peuvent être utilisées pour développer des systèmes de reconnaissance faciale ou pour la constitution de base de données en vue d’un démarchage commercial.

Vos photos ne sont pas stockées sur votre galerie

Quand vous finissez de retoucher votre photo, elle est stockée pour une période présumée et non vérifiée de 48h sur les serveurs de l’entreprise. Ce sont des serveurs qui dépassent considérablement les frontières européennes et qui passent par des infrastructures appartenant à Amazon et Google. La territorialité abstraite d’une transaction pareille ne fait que compliquer votre possibilité d’avoir recours à la justice au cas où vos informations seraient utilisées de façon malhonnête.

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