Le Coronavirus a-t-il muté, comme l’affirme le Professeur Raoult ?

Depuis le début de la pandémie, Didier Raoult s’attire les foudres de certains de ses confrères. Fervent défenseur de l’usage de l’hydroxychloroquine pour traiter les malades du Covid-19, les idées du directeur de l’IHU de Marseille ne font pas toujours l’unanimité. Pourtant, le virologue controversé maintient ses positions. Auditionné par la commission d’enquête du Sénat le mardi 15 septembre, il a affirmé que le Sars-CoV-2 a subi une mutation, comme le rapporte BFM TV. 

A l’heure où la France semble être confrontée à une flambée de cas, la crainte d’une deuxième vague persiste. Mardi dernier, Didier Raoult a expliqué devant les sénateurs que le coronavirus aurait subi une mutation, révélant ignorer « ce que le virus allait devenir ».

Le virus aurait muté depuis le mois de mars

Avant son audition au Sénat, le microbiologiste controversé aurait déjà fait part de son idée selon laquelle le coronavirus aurait subi une “surmutation”. Interrogé par Radio Classique, partenaire du Figaro, Didier Raoult a par ailleurs expliqué que ce n’est “probablement pas une mauvaise nouvelle”. Selon le professeur, les recherches réalisées à l’IHU Méditerranée Infection de Marseille aurait permis de détecter “sept mutant qui ont circulé”. 

En effet, il n’y aurait pas “un seul virus”qui se propage dans le monde. “Les mutations que nous voyons sont associées avec la dégradation des organismes (du virus)”, a-t-il précisé. Le mardi 15 septembre, l’infectiologue a encore une fois appuyé son point de vue devant les sénateurs en affirmant que le Sars-CoV-2 a muté depuis le mois de mars dernier. “Il y’a quelque chose que moi je n’avais pas vu avec le coronavirus, c’est la vitesse de mutation qu’il a actuellement”, a-t-il annoncé avant d’ajouter “donc je ne sais pas ce qu’il va devenir”.

Le professeur, qui avait déjà déclaré lors d’un entretien avec CNews que le Covid-19 “ce n’est plus la même maladie” qu’en février ou en mars, a encore une fois manifesté une opinion controversée. “Tout mute tout le temps. Voilà, c’est comme ça. Les mutations, c’est lié au fait que vous faites une copie de quelque chose. Et quand vous faites une copie, il y a des erreurs”, a-t-il indiqué. Selon lui, il existerait aujourd’hui “dix fois plus” de formes différentes du virus“ que ce qu’il y avait entre mars et mai”.

Les scientifiques restent dubitatifs face à ces allégations

Au cours de cette audition, le professeur a réitéré son affirmation selon laquelle “le virus a déjà muté 7 fois”, peut-on lire sur l’article de BFM TV. Bernard Jomier, sénateur écologiste, a considéré que les dires du microbiologiste marseillais étaient en opposition avec ceux d’autres scientifiques, qui argumentaient de manière plausible leurs allégations.

“Vous pouvez, avec un savoir technique qui est incomparable au nôtre en la matière, nous faire un exposé pendant 10 minutes de virologie pour nous expliquer que le virus semble muter, mais un autre virologue éminent,le Pr Lina, nous a dit plusieurs fois que le virus ne semblait pas muter”, a rappelé le sénateur de Paris.

D’après Christophe Rapp, infectiologue à l’hôpital américain de Paris, “le virus est plutôt stable”. Pour défendre son point de vue, le spécialiste a précisé “il y’a des erreurs de recopiage, mais les mutations, c’est la vie naturelle d’un virus. Alors qu’on puisse trouver des petites variantes, pourquoi pas, mais ça n’impacte pas pour l’instant la présentation clinique des malades”. Le médecin a par ailleurs annoncé que le profil des malades en réanimation était similaire à celui de la première vague.

Didier Raoult se défend contre ses détracteurs

Accusé de tenir des propos anxiogènes, le professeur Raoult a expliqué lors de son audition qu’il n’entendait pas par “mutation” l’émergence d’une forme plus agressive de la maladie. “Je m’excuse si mutant, dans votre esprit, veut dire plus méchant. Je n’ai jamais dit que le virus était plus méchant”, a précisé l’infectiologue. “Mutant, ça veut dire que ça change. On a plutôt l’impression que les mutants qu’on a sont des formes dégradées de la forme initiale, c’est plutôt notre impression”, a-t-il déclaré.

Lire aussi « Ils vivent ensemble et partagent un lit » – Pourquoi l’un est positif au COVID-19 et l’autre non

Contenus sponsorisés