« Le confinement était une perte de temps et pourrait avoir tué plus de gens qu’il n’en a sauvé » , affirme un lauréat du prix Nobel

A l’heure où les cas de contamination au Covid-19 ont franchi la barre des 5 millions, de nombreux experts s’interrogent quant aux mesures prises pour enrayer la pandémie, notamment la mise en place du confinement. Parmi eux, le professeur Michael Levitt, lauréat du prix Nobel de chimie en 2013 et biophysicien à l’université de Stanford aux Etats-Unis. Interrogé par nos confrères du Telegraph, celui-ci estime que confiner sans discernement a été une “grande erreur”, son avis a déclenché une avalanche de critiques.

Face à un virus que les scientifiques tentent toujours de mieux comprendre, de nombreux gouvernements ont choisi d’imposer le confinement des habitants pour réduire les risques de propagation de la maladie. En France, celui-ci a duré un peu moins de deux mois avant d’être levé le 11 mai pour un allègement progressif des restrictions mises en place. Mais selon le Pr Levitt, cette mesure entreprise par de nombreux pays était inefficace. Et ce n’est pas tout, l’éminent scientifique est convaincu que le confinement a en réalité entraîné plus de dommages que de bienfaits.
Le confinement

“Le confinement était une erreur”

En faisant référence à la situation au Royaume-Uni, le Pr Michael Levitt estime que le confinement n’a pas permis de sauver des vies. “Je pense que cela a pu coûter des vies”, affirme même le scientifique qui considère que les mesures de distanciation sociale et le port de masques aurait davantage dû être mis en avant par le gouvernement. “Cela a prévenu quelques accidents de la route – des choses comme ça – mais les dommages sociaux – l’abus domestique, les divorces, l’alcoolisme – ont été extrêmes”, ajoute le professeur en précisant que le problème concerne également les personnes souffrant d’autres troubles de santé et n’ayant pu être soignées pour ces autres maladies.

Le confinement

“Je pense que le vrai virus, c’est le virus de la panique”

Interrogé par The Telegraph, Michael Levitt estime que certaines décisions ont été liées à la panique, au détriment d’échanges plus efficaces. “Pour des raisons qui me semblent incertaines, je pense que les leaders ont paniqué, que les gens ont paniqué et qu’il y a eu un manque énorme de communication”, déclare le scientifique.

A 73 ans, ce dernier ne dispose d’aucune expérience en épidémiologie mais il aurait réussi à analyser la situation épidémique en se basant sur ses propres calculs, peut-on lire sur The Telegraph. Fin mars, le New York Post rapportait que le biophysicien avait correctement calculé l’évolution de la situation en Chine, estimant que le pire serait atteint vers la mi-février.

Le confinement : une mesure inutile ?

La réponse à cette question ne semble pas si simple. En France, une polémique s’est développée sur les réseaux sociaux suite à une intervention du professeur Jean-François Toussaint, directeur d’un institut d’épidémiologie à l’Irmes (Institut de recherche biomédicale et d’épidémiologie du sport) et ancien membre du Haut conseil de la santé publique. Invité de la chaîne CNews, ce dernier s’est appuyé sur des données liées à la propagation du virus dans le pays, en plus du bilan de l’épidémie aux Pays-Bas et en Suède, pour affirmer que le confinement n’a pas été très utile. Des propos qui n’ont pas manqué de faire réagir les internautes, notamment sur Facebook.

Le 20 Minutes qui rapporte cette information s’est donc dirigé vers plusieurs experts pour y voir plus clair, et selon les épidémiologistes interrogés, le confinement s’est, au contraire, avéré essentiel dans la lutte contre la maladie du Covid-19. Les propos du Pr Toussaint font d’ailleurs l’objet d’un Fake-Off sur le site du quotidien qui se réfère également à une enquête menée par Le Monde pour souligner qu’ “il faudra sans doute encore beaucoup de recul et de mises en perspective pour trancher sur l’utilité du confinement”.

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