La série Plus Belle La Vie provoque plusieurs plaintes pour viol

Suite au mouvement #metoo, un hashtag lancé à l’aune de l’affaire Weinstein, de nombreuses victimes d’agressions sexuelles ont eu de véritables épiphanies. Un traumatisme lié à un viol ou à des abus peut parfois être tellement banalisé qu’il en devient occulté par les personnes qui les ont subis, rendant difficile le recours à la justice. Le déclic nécessaire peut les amener à réparer cette douloureuse mémoire en portant plainte afin d’affirmer le droit fondamental de l’intégrité du corps. Et cette réalisation peut parfois découler de sources inattendues. C’est le cas pour la célèbre série française Plus Belle La vie qui se révèle cathartique pour de nombreuses victimes qui se décident à porter plainte contre leurs agresseurs. Une information relayée par nos confrères de l’antenne people RTL.

S’il est sûr qu’une affaire de l’envergure de celle d’Harvey Weinstein a jeté un véritable pavé dans la mare en provoquant une réelle prise de conscience globale, il arrive que la fiction puisse revêtir un rôle réellement salutaire pour les victimes. C’est le cas pour la série Plus Belle la vie, qui, grâce à plusieurs épisodes, amène une femme à porter plainte contre son agresseur. Éclairages sur l’influence d’un feuilleton sur des victimes qui ont enfin levé la voix.

Fiction versus réalité

En campant des intrigues liées au viol, la série diffusée sur France 3, amène un tout autre éclairage sur ce fléau qui n’est souvent pas conscientisé par les victimes. Ninon, l’un des personnages iconiques de programme, ouvre sa blessure à vif en révélant qu’elle a été violée par son professeur multirécidiviste à l’âge de 17 ans. Ariane est quant à elle chargée de traiter de nombreux dossiers de viols et fait de la série une fiction qui aborde vastement cette thématique. A priori, ces sujets peuvent créer un sentiment de compassion mais cela va au-delà car ces épisodes ont eu un réel impact sur le cheminement personnel des victimes. Et c’est là que Plus Belle la vie outrepasse son aspect divertissant pour devenir un véritable vecteur de changement sociétal.

Un message de remerciement

Pour une mère de famille, l’un des épisodes a été le moteur d’une véritable épiphanie dont sa fille a été témoin. Cette dernière a tenu à remercier l’actrice qui a campé le rôle d’Ariane en se fendant d’un commentaire sur Instagram. « Bonjour, je tenais à te remercier car ma mère s’est enfin décidée à aller porter plainte pour un viol dont elle a été victime il y a 18 ans, et ce grâce à ton personnage. Je ne sais pas si tu liras ce que j’écris mais je te remercie vraiment » peut-on lire sur le réseau social à l’adresse de l’actrice qui porte le rôle d’Ariane. Ce à quoi l’intéressée répondra : « C’est aussi ça la beauté de notre profession : donner de la force et faire passer des messages. Merci pour ça Plus Belle la vie » Mais cette épiphanie sera bientôt suivie d’une autre prise de conscience.

Le viol conjugal

Un autre épisode de la série fétiche de millions de spectateurs lève également le voile sur un phénomène de société peu médiatisé : le viol conjugal. Et ce n’est pas un coup dans l’eau puisqu’une des scènes fait réaliser à une femme qu’elle avait été victime de ce type d’agression sexuelle. « Pour moi, le viol conjugal n’existait pas. Cette intrigue m’a permis de le comprendre et c’est ce que j’avais vécu pendant plusieurs mois » confie une jeune femme qui confirme l’aspect thérapeutique de ce programme phare.

Porter plainte : une démarche difficile

Toutes les victimes ne sont pas prêtes à se rendre justice. Honte, culpabilité, volonté d’effacer cet épisode douloureux, autant de motivations qui poussent ces dernières à ne jamais passer par la case tribunal quitte à ce que le délai de prescription soit dépassé. Pourtant, le recours à la justice peut s’avérer thérapeutique pour les victimes qui peuvent ressentir un soulagement quant à cette démarche qui indique une volonté de se libérer de ce souvenir. Il arrive que ceux ou celles qui ont subi un viol souffrent d’une amnésie traumatique qui les empêche de relater un récit précis des faits, et cela peut constituer une réticence quant à ce recours parfois nécessaire à la reconstruction psychologique.

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