« Je me suis senti mourir » Un patient soigné à la chloroquine au CHU d’Amiens témoigne

Au CHU d’Amiens, un patient qui présentait des symptômes de l’infection au Covid-19 a vu son état s’améliorer après avoir reçu un traitement à base de chloroquine. Seulement, alors que tout portait à croire que l’homme était infecté, les tests du coronavirus se sont révélés négatifs. Une information relayée par France info.

Le premier ministre Edouard Philippe a annoncé lundi soir que la France serait désormais en état d’urgence sanitaire pour deux mois. Et pour cause, en l’absence de vaccin ou de traitement efficace pour endiguer la propagation du virus, le confinement est une mesure indispensable pour limiter les risques de transmission et de contamination.

Au-delà d’un durcissement des mesures, le chef du gouvernement a également annoncé qu’un essai clinique européen a débuté dimanche dans au moins sept pays pour quatre traitements expérimentaux, écrit le Monde. Parmi eux, la chloroquine. Cet antipaludique défendu par l’infectiologue Didier Raoult pourra désormais être administré uniquement aux malades souffrant de « formes graves » de coronavirus. A défaut d’avoir des données probantes, le comité scientifique « exclut toute prescription » pour des « formes non sévères » de la maladie, peut-on lire sur le même journal.

Si cette solution est encore loin de faire l’unanimité, plusieurs patients témoignent de ses bienfaits, comme l’indique le journal Belge La Libre. En France, un homme de 48 ans qui s’est vu administrer un traitement à base de chloroquine confie depuis sa chambre d’hôpital que les soignants lui ont « sauvé la vie ».

« Je me suis senti mourir » 

C’est le 12 mars que Xavier Fouque ressent les premiers symptômes qui pouvaient s’apparenter au coronavirus. Après s’être rendu chez son médecin traitant, ce dernier lui diagnostique une bronchite et lui prescrit un traitement antibiotique.

Seulement quelques jours plus tard, l’état de santé de l’homme originaire de Laviéville dans la Somme se dégrade. Le mercredi 17 mars, son médecin lui conseille d’appeler le 15, l’homme de 48 ans est alors emmené en urgence au CHU d’Amiens. Si le patient n’a pas de fièvre, il souffre néanmoins de maux de têtes intenses, de brûlures dans la gorge et dans les poumons et de grosses quintes de toux. Un premier test du Covid-19 a été effectué, mais l’homme assure à France info que les résultats ne lui ont pas été communiqués. Seule indication ? Des étiquettes mentionnant « nouveau coronavirus » dans la salle de bain de sa chambre d’hôpital.

Un patient soigné à la chloroquine au CHU d’Amiens témoigne

Trois jours plus tard, Xavier raconte au journal régional qu’il est pris d’une grosse crise de toux qui l’empêche de respirer. Et d’ajouter : « Les personnels soignants n’ont pas réfléchi, ils se sont précipités dans ma chambre avec leurs masques et leurs gants (…) Je me suis senti mourir ». Alors qu’un scanner révèle une infection aux poumons, l’équipe médicale lui administre un traitement à base d’hydroxychloroquine et d’ azythromicine, un antibiotique utilisé dans les infections de la gorge, des bronches, des gencives et des dents.

48 heures après, l’homme ressent une nette amélioration. « Je me sentais encore faible, mais je me sentais déjà mieux », confie-t-il. Les médecins le gardent sous surveillance au cas où le patient présente des effets secondaires, mais pour l’instant, Xavier assure qu’il n’en a eu aucun.

Contacté par France info, le CHU d’Amiens confirme avoir traité Xavier avec de l’hydroxychloroquine. Mais alors que ses symptômes indiquaient une potentielle infection au coronavirus, le centre hospitalier assure que les tests sont revenus négatifs. D’autres examens devraient être réalisés afin de lever le voile sur ce qui lui est arrivé.

Chloroquine : un traitement controversé 

Si ses effets dans le traitement potentiel de l’infection au coronavirus sont vantés depuis quelques semaines par le Professeur Didier Raoult, directeur de l’IHU Méditerranée Infection à Marseille, la chloroquine est loin de faire consensus parmi la communauté scientifique. Pour cause, le manque de preuves plus poussées et de données probantes à ce sujet. Si le médecin marseillais à renommée internationale a annoncé avoir administré cette molécule à plusieurs patients atteints du coronavirus, Karine Lacombe tire la sonnette d’alarme. Lors de son intervention lundi à 13 heures dans le JT de France 2, l’infectiologue alerte sur ce genre de pratiques et dit être « écœurée de ce qui se passe ».  Elle estime que « ce qui se passe à Marseille est absolument scandaleux » et « en dehors de toute démarche éthique ».

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