Il faut avoir la permission d’un bébé avant de lui changer sa couche d’après cette experte

Suite aux débats qui font rage relatifs aux violences faites aux femmes avec notamment les mouvements #MeToo et #BalanceTonPorc, l’heure est à la question du rôle de l’éducation dans la prévention des violences faites aux femmes et des inégalités liés au genre.

Pour Maxime Ruszniewski, co-fondateur de la Fondation des Femmes, la question de l’éducation est fondamentale dans la lutte contre le harcèlement et les violences faites aux femmes. Et il n’est pas le seul à être de cet avis puisque, récemment, au journal télévisé de la chaîne ABC, l’experte en éducation sexuelle Deanne Carson était d’avis qu’il fallait apprendre aux enfants à respecter et à préserver leur corps et que les parents devaient respecter l’intimité de leurs enfants en allant jusqu’à affirmer qu’ils doivent obtenir la permission de leur bébé avant de pouvoir lui changer sa couche.

La culture du consentement

La notion de consentement veut qu’on ne doive pas toucher, caresser, embrasser, ou avoir des rapports sexuels avec une personne si celle-ci n’a pas donné son plein et entier consentement. Un principe qui est cependant poussé à l’extrême par l’experte australienne qui affirme « une fille sur douze sera abusée sexuellement avant son sixième anniversaire » et pour laquelle il serait donc capital, dans l’intention de prévenir les agressions sexuelles, de « sensibiliser les enfants à leurs droits » et ce, dès le berceau.

Interviewée dans journal de la chaîne australienne, Deanne Carson promeut, dès la naissance, l’établissement dans les foyers familiaux d’une « culture du consentement« , qu’elle illustre par l’exemple du changement des couches.

Quelle est la bonne manière de changer les couches d’un bébé ?

Dès lors, une question se pose : quelle est la bonne manière de changer des couches ?

Pour l’experte de l’association australienne Body Safety, pas la peine de lui demander oralement, car il ne faut pas vous attendre à ce que votre bébé vous dise « oui, maman, c’est génial, j’aimerais bien que tu changes ma couche. » Elle assure par contre que « si vous lui laissez un espace, que vous observez son langage corporel et attendez d’établir un contact visuel, alors, vous lui faites savoir que sa réponse compte« .

Ainsi, cela permet à l’enfant de « se forger une bonne communication plus tard dans la vie« .

Ces propos comportant-ils une part de vérité ?

Certains professionnels de la santé s’accordent avec Mme Carson sur le fait qu’il soit bon et important lorsque l’on s’occupe des nourrissons de communiquer avec eux par le regard, par les mots et de leur expliquer par exemple ce que l’on est en train de faire.

Pour la pédopsychiatre Dora Knauer, « La réflexion n’est pas inintéressante. Quand on manipule et touche le corps d’un enfant, même tout petit, il est important de sentir qu’il est bien, de lui expliquer ce qu’on fait. On ne peut pas langer un bébé comme une poupée. Mais il n’y a rien de sexuel, dans un tel acte. On est dans la prise en charge, la protection, qui nécessite aussi parfois qu’on le force un peu pour son bien. Il n’y a rien de sexuel là-dedans. On est aux antipodes du viol ! On peut parler d’intimité, mais en aucun cas de consentement. C’est absurde ! »

Une avalanche de vives réactions sur les réseaux sociaux

C’est avant tout le fait que la spécialiste tente de faire appliquer la politique du consentement à un acte qui fait partie des soins d’hygiène de base des bébés, en leur conférant une connotation sexuelle, qui a déclenché la polémique.

Des extraits de cette interview de la chaîne publique australienne ont été repris sur les réseaux sociaux et il va sans dire qu’elle a provoqué de nombreuses moqueries parmi les internautes, dont l’une de répliquer « Beaucoup d’enfants ne veulent jamais que vous changiez leurs couches. Leur demander leur consentement est une sérieuse indication de graves problèmes mentaux. » Un autre internaute s’interroge : « Sérieusement, qu’est-ce qui ne va pas chez les gens ? »

Trouver le juste milieu

Pour la journaliste Pascale Bieri, « S’occuper d’un petit enfant n’est pas une affaire de consentement, mais de respect et de protection. Et ceux-ci, qu’on le veuille ou non, peuvent aller à l’encontre de la volonté du bambin. »

Pour cette dernière, il est important de se préoccuper des questions relatives au respect de l’intimité, mais  » tomber dans les extrêmes dessert tout le monde« .

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