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Humiliée, elle poignarde son compagnon à mort après qu’il l’ait traité de « grosse »

De plus en plus de personnes font face au harcèlement moral en raison de leur physique atypique. Appelé le « fat shaming » en anglais, la provocation et la discrimination envers les personnes obèses ou en surpoids serait la forme de harcèlement la plus répandue et à l’origine de nombreux maux et faits divers. Dans cet article, découvrez l’histoire d’une femme qui a poignardé son compagnon à mort après qu’il l’ait traité de grosse. Ce fait divers tragique a été relayée par nos confrères du Daily Mail.

Que ce soit dans le cadre professionnel, scolaire ou familial, le harcèlement crée un profond mal-être chez les victimes et peut même détruire des vies. Manque de confiance et repli sur soi, isolement, solitude et troubles du comportement alimentaire, ce fléau peut avoir des conséquences dévastatrices.

C’est le cas de Wang, une jeune femme qui a souffert de ce phénomène et dont la réaction a provoqué un drame en Chine.  Alors que celle-ci souhaitait acheter une glace, elle a subi une moquerie de la part de son compagnon sur son poids. Sa réaction ne s’est pas faite attendre, elle s’est procurée une paire de ciseaux et l’a poignardé.

Le phénomène de la « grossophobie »

Bien que cela ne justifie en rien son acte de violence, la réaction de Wang est celle d’une femme sans doute perturbée, mais certainement épuisée de recevoir des critiques sur son physique. Autrefois, les femmes rondes ou avec des formes étaient très plébiscitées, mais au fil des années, l’idéal de la femme mince à la taille de guêpe s’est imposé, créant ainsi un véritable phénomène de mode. La mode « skinny » est alors devenue pour certaines femmes une véritable obsession, une norme à laquelle elles tentent de se conformer.

Pour Gabrielle Deuydier, auteure du livre « On ne naît pas grosse » il faut distinguer la grossophobie du quotidien à la grossophobie systémique. Cette dernière est liée « à la discrimination à l’embauche » tandis que la première se traduit par des moqueries, des insultes ou commentaires d’une tierce personne sur les choix alimentaires de la victime.

Une corrélation entre la stigmatisation et l’obésité 

Elle démontre aussi que ce phénomène peut très vite devenir un cercle vicieux. En effet, d’après une étude menée sur 93 femmes,  plus la victime se sent stigmatisée, plus elle est stressée et par conséquent susceptible de multiplier la quantité d’aliments ingérés. Les personnes attaquées pour leur surpoids étant par conséquent plus à risque d’en prendre encore plus.

Quand la stigmatisation tourne au drame

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C’est une scène qui peut sembler surréaliste qui s’est produite en pleine rue en Chine dans la ville de Zhumadian. Après 20 jours de relation, Wang a assassiné son compagnon qui a tenté de l’empêcher de prendre une glace. Excédée par les remarques de celui-ci qui lui aurait dit : « tu es déjà si grosse et tu veux manger une glace » cette dernière l’a alors poignardé à mort. La femme a été arrêtée après avoir tenté de prendre la fuite.

Un phénomène récurrent

Il ne s’agit pas du seul phénomène de ce type. Que ce soit les célèbres marques de vêtements condamnées pour du « bodyshaming », des compagnies aériennes qui font débarquer des passagers en raison de leur forte corpulence, ou encore des célébrités condamnées pour harcèlement, les personnes en surpoids souffrent d’une importante pression sociale. Si certaines personnes ont une réaction excessive, comme cela a pu être le cas de Wang, d’autre intériorisent et se retrouvent prises au piège, dans une spirale infernale dont elles ne parviennent à se sortir. La difficulté à s’accepter telles qu’elles sont les amène alors vers des épisodes dépressifs et parfois vers des actes plus dramatiques comme le suicide.

Fort heureusement, de plus en plus de mesures sont développées pour lutter contre ce fléau. Tout d’abord, à travers la prévention de l’obésité mais aussi la sensibilisation au phénomène du « fat-shaming » à travers de belles initiatives comme en Belgique avec le projet « Voyons Large » ou encore la campagne de communication « Surpoids et obésité : quand prévention rime avec discrimination ».

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