x

Harcelé à cause de son homosexualité, cet enfant de neuf ans se donne la mort

Le harcèlement scolaire est au cœur des débats depuis quelques années car les cas se multiplient. Entre les jeux dangereux et les insultes, les cours de récrée sont devenus des mondes impitoyables pour nos jeunes enfants. Pour que cela ne se transforme pas en un enfer sur terre, des mesures sont prises. Malheureusement, les histoires tragiques se suivent en attendant les effets de ces mesures.

L’INPES (Institut national de prévention et d’éducation pour la santé) a édité en 2014 la revue « Les Minorités sexuelles face au risque suicidaire » dans laquelle l’Institut relève que « L’homophobie se manifeste régulièrement par des injures (comme « pédé », « tapette », « enculé », « gouine ») fréquentes dans les cours de récréation et au sein de groupes de jeunes. ».

L’histoire de ce jeune garçon de Denver

Une maman de Denver veut mettre en lumière le harcèlement scolaire et le suicide après la mort tragique de son fils la semaine dernière. Il avait 9 ans et s’est donné la mort. Leia Pierce a déclaré que le harcèlement scolaire était la cause de la mort de son fils, Jamel Myles. Il venait de faire sa rentrée scolaire en CM1 à l’école primaire Joe Shoemaker lundi dernier.
Au cours de l’été, il a avoué à sa mère qu’il était gay. « Il avait l’air tellement effrayé quand il me l’a dit. Il simplement dit « Maman, je suis gay ». Je pensais qu’il rigolait alors je l’ai regardé dans mon rétroviseur car je conduisais. Il était recroquevillé sur lui-même et tellement effrayé. Je lui ai répondu Je t’aime toujours ». Son fils voulait le dire à ses camarades de classe à la rentrée.
« Il est allé à l’école et a dit qu’il allait dire aux gens qu’il était gay parce qu’il est fier de lui », a-t-elle déclaré. Son fils a émis le désir de s’habiller plus fémininement. Il a alors demandé : « Puis-je être honnête avec vous? ». La maman a approuvé de la tête. Il m’a dit: « Je sais que vous m’achetez des trucs de garçon parce que je suis un garçon, mais je préfère m’habiller comme une fille. » Jeudi dernier, seulement quatre jours après la rentrée scolaire, Jamel s’est suicidé. Pierce a trouvé son fils mort dans leur maison de Denver. Elle a dit qu’il s’est tué après avoir été victime d’harcèlement.
« Quatre jours, c’est tout ce qu’il fallait à l’école pour anéantir mon fils. Je pouvais juste imaginer ce qu’ils lui avaient dit », a déclaré Pierce. « Mon fils a dit à ma fille aînée que les enfants à l’école lui avaient dit de se suicider. Je suis juste triste qu’il ne soit pas venu m’en parler. »
Une lettre des écoles publiques de Denver adressée aux familles vendredi a indiqué qu’une cellule de crise était à disposition des familles avec travailleurs sociaux supplémentaires.
« Je suis tellement en colère qu’il ait pensé que c’était son choix », a déclaré la jeune mère. Dans le communiqué, le district a déclaré qu’il continuerait à offrir son soutien à la famille. Malgré le drame, Pierce veut sensibiliser aux effets du harcèlement scolaire.
« Nous devrions avoir la responsabilité du harcèlement. Je pense que l’enfant devrait en prendre conscience. Parce que l’enfant sait que ce qu’il fait a des conséquences. L’enfant ne voudrait pas que quelqu’un lui fasse ce qu’il a fait à l’autre. Je pense que les parents devraient être responsabilisés sur leur rôle dans l’éducation de leurs enfants », a-t-elle dit.
Elle espère également qu’aucun parent n’aurait à subir cette douleur parce que leur enfant est différent des autres. Le service de police de Denver enquête sur la mort comme un suicide.

Le harcèlement scolaire

Les garçons sont plus durs envers les homosexuels puisqu’ils rapportent à 57% avoir exercé de la victimation verbale homophobe, tandis que c’est le cas pour 25% des filles d’après une étude réalisée en 2011.
L’association « SOS homophobie » rapporte ainsi qu’en 2014 :

  • 5% des violences homophobes enregistrées par leur structure ont eu lieu dans le milieu scolaire,
  • 59% des déclarations recueillies concernant le milieu scolaire témoignent d’insultes,
  • 58% des personnes ayant contacté l’association se disent victimes de rejet ou d’ignorance dans le milieu scolaire,
  • 33% des personnes qui témoignent s’y déclarent harcelées.

Rappelons que la provocation à la haine ou à la violence ou aux discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité sexuelle est punie d’un an d’emprisonnement et 45 000 euros d’amende.

L’Education Nationale a décidé de faire évoluer les programmes d’enseignement moral et civique introduisant le sujet de l’homophobie ou encore de l’égalité et de la discrimination.
Le Ministère a mis en place un site proposant des guides pratiques et outils pédagogiques y compris à destination des parents :
https://www.nonauharcelement.education.gouv.fr/

Contenus sponsorisés
Loading...