Enceinte après un viol, une mère choisit décide de garder le bébé : « Ce n’est pas l’enfant de mon violeur, c’est le mien »

Le viol est toujours un traumatisme qui peut générer un profond mal-être dans la vie de ses victimes. Cet évènement dévastateur peut être à l’origine d’un sentiment profond de honte, de colère, de culpabilité qui laisse des stigmates psychologiques définitifs. Cette épreuve peut être difficile à surmonter pour la mère comme pour le fruit de ce viol. Si certaines mères font le choix de l’élever malgré le traumatisme, d’autres recourent à l’avortement par volonté d’oublier cette tragédie. Eclairages sur ces proies silencieuses.

Dans la vie d’une femme, le viol peut être un évènement causant de nombreuses conséquences psychologiques et provoquer un syndrome post-traumatique. Si ce crime engendre une grossesse, il peut être difficile pour ces victimes d’envisager le choix d’élever l’enfant issu d’un viol. D’autres, au contraire décident délibérément d’accueillir ce dernier et de le regarder grandir envers et contre tout.

Le viol : une épreuve dévastatrice

Engendrant de nombreuses retombées psychologiques, le viol est une épreuve difficile à surmonter. Choc, culpabilité, déni, colère, dépression sont autant de conséquences dont peuvent pâtir les victimes de cette agression sexuelle et les empêcher de recourir à des procédures judiciaires. D’autres comportements tels que la consommation de toxiques, l’anxiété, l’automutilation, les pathologies mentales découlent potentiellement de ce traumatisme. Lorsqu’une grossesse est engendrée par ce crime, la femme peut faire face à de nombreux questionnements et un dilemme issu de cette annonce : l’élever ou recourir à l’interruption volontaire de cette grossesse.

Enfants nés du viol : un choix maternel

Si la mère décide de mener à terme sa grossesse et d’élever son enfant, ce choix délibéré n’est pas pour autant sans conséquences sur la psychologie de la victime de ce traumatisme. Une femme violée qui donne la vie peut voir en son bébé le rappel incessant de cet évènement tragique et ressentir de la colère à son égard. Seulement, cette projection n’est pas pour autant inéluctable si cette naissance particulière est consolidée par un travail sur soi et un possible accompagnement thérapeutique. L’enfant peut également souffrir s’il prend connaissance de l’histoire de sa naissance et ressentir de la culpabilité ou de la honte. Le viol engendre alors deux traumatismes : celui de la mère et de son enfant potentiellement victime de stigmatisation.

Déclencher une souffrance

Dans un témoignage relayé par l’ONU Femmes , Ajna Juzic raconte son histoire, celle d’être une enfant née d’un viol. Longtemps, elle a vécu dans le secret d’une histoire lourde et douloureuse portée par la mère. « Elle ne disait rien pour me protéger et pensait que si elle me révélait la vérité, j’aurais honte et la rejetterais » raconte la jeune femme, qui un jour a su que sa mère avait été violée en faisant des recherches. « Je me souviens encore de la douleur que j’ai ressentie à ce moment-là, comme si j’avais été le déclencheur de la souffrance » explique-t-elle. Une culpabilité qui lui a valu d’étudier la psychologie mais également de suivre une psychothérapie pendant plusieurs années.

Comprendre par les mots

Pour Muriel Salmona, psychiatre interrogée par nos confrères du Figaro , la paroles des femmes violées peut finir par se libérer si son environnement est bienveillant. « Une fois que la victime a été mise en sécurité afin de pouvoir se reconstruire émotionnellement, toutes sortes d’évènements positifs peuvent déclencher en elle la liberté de parler » précise la spécialiste. Une note d’espoir pour ces mères en proie au silence.

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