D’où vient l’arbre du voyageur ?

Malgré son nom, ce n’est pas un arbre. Malgré ses longues feuilles, ce n’est pas un bananier. Malgré ses fleurs en bec d’oiseau, ce n’est pas un strelitzia… Mais qu’est-ce donc alors ?

Partons pour Madagascar ! Là-bas vit une espèce unique en son genre, reconnaissable entre toutes : Ravenala madagascariensis. Elle ressemble à un palmier ou à un bananier gigantesque, avec son stipe surmonté d’un magnifique éventail de longues feuilles vertes, mais c’est bien dans la famille des Strelitziacées, comme l’oiseau du paradis, qu’elle a été classée grâce à la forme de ses fleurs. Celles-ci sont particulièrement effilées et ne sont pollinisées que par certains oiseaux, chauves-souris… et lémuriens, des mammifères également indigènes de l’île, dont le museau semble s’être adapté au cours de l’évolution.

En fait, c’est à Philibert Commerson (1727-1773) que l’on doit sa description pour les Européens.

Comme beaucoup de savants de cette époque, il est aussi bien botaniste, explorateur, naturaliste et médecin. En 1768, il a déjà effectué une bonne part du voyage autour du monde que mène Bougainville. Il n’est d’ailleurs pas seul, puisque Jeanne Baret, sa compagne, s’est déguisée en homme pour embarquer sur le navire !

ravenala

Ravenala – Source : spm

D’où lui vient ce nom ?

Après l’Amérique du Sud, Tahiti et Java, ils font escale à l’île de France (aujourd’hui Île Maurice).

Bougainville s’en va boucler son périple, Philibert et Jeanne restent pour herboriser. Ils recensent les palmiers, dont le fameux coco-fesses, dessinent, notent, réalisent des herbiers. À Madagascar, Commerson repère enfin l’arbre du voyageur.

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Feuille Ravenala – Source : spm

D’où tient-il ce surnom ? Est-ce parce qu’on le voit de loin, ce qui permet de s’orienter quand on est égaré ? Qu’il pousse là où l’eau est abondante ?

Que la base de ses feuilles retient l’eau de pluie et offre donc à l’assoiffé de quoi se désaltérer ?

Toujours est-il qu’il le baptise Dalembertia uranoscopa en l’honneur de l’encyclopédiste, Jean Le Rond d’Alembert… mais c’est plutôt le nom donné par Pierre Sonnerat que l’on retiendra.

Deux siècles plus tard, on jugera que l’eau contenue à la base des feuilles étant le plus souvent impropre à la consommation (végétaux et petits animaux s’y décomposant fréquemment), il est plus sage de percer le cœur riche en eau pour étancher sa soif. D’ailleurs, certains variants du Ravenala sont consommés par les Malgaches, quand ils ne sont pas utilisés pour la construction des maisons.

Coté culture

À moins de posséder un jardin d’hiver, il vous sera difficile de cultiver cette grande plante qui peut atteindre plus de 10 m de haut. De plus, elle a besoin de chaleur, de luminosité, et d’un sol humifère et assez humide.

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