Des médecins avertissent les parents : ne jetez plus les dents de lait de vos enfants

Des médecins avertissent les parents : ne jetez plus les dents de lait de vos enfants


Perdre ses dents de lait est à la fois une expérience angoissante et remplie d’excitation pour les enfants. Impatients de faire partie des petits chanceux qui auront la visite de la petite souris, ces derniers ne manquent jamais de placer bien sagement leurs dents sous leur oreiller pour récolter leurs précieuses récompenses ! Longuement associée à un mythe enfantin, cette tradition aurait des répercussions nouvelles complètement inattendues selon des médecins. Nos confrères de l’Express se penchent sur cette découverte.

Face aux maladies qui ne cessent de croître et aux inquiétudes qui s’ensuivent, Sara Rankin, professeur en biologie au Imperial College London s’intéresse à différents moyens capables de fournir des cellules souches. A travers un projet de recherche qui attire l’attention de nombreux médias tels que The Guardian, cette scientifique se penche sur les dents de lait en tant que sources potentielles de cellules souches qui pourraient être exploitées dans le futur.

Une première étude menée en Chine

Réalisée dans un premier temps par le Dr Songtao Shi, cette étude menée en Chine montre que les cellules souches extraites de la pulpe des dents de lait pourraient se révéler efficaces dans le traitement de blessures dentaires. Dans le cadre d’un premier essai clinique réussi, Dr Shi et ses collègues vont regrouper 40 enfants à l’incisive cassée. Trente d’entre eux seront choisis pour implanter ces cellules souches tandis que les dix restants subiront une technique d’apexification destinée à refermer la racine de la dent affectée de manière artificielle.

Une fois la procédure terminée, les scientifiques ont observé que les incisives des patients soignés à l’aide de cellules souches avaient retrouvé une dentine plus épaisse, une racine mieux développée et une irrigation plus importante. Un an plus tard, ils avaient retrouvé des sensations au niveau de la dent affectée, contrairement aux dix patients traités par apexification.

Grâce aux résultats prometteurs obtenus, Dr Shi va ouvrir la voie à un nouvel intérêt envers ces cellules souches, notamment dans le traitement de maladies systémiques. Dansune étude publiée par Proceedings of the National Academy of Sciences, ces cellules souches font l’objet d’une nouvelle recherche, notamment dans le cadre de greffes autologues et d’ingénierie tissulaire.  Selon les scientifiques, l’usage de dents de lait exfoliées serait similaire à un cordon ombilical et pourrait représenter une source exceptionnelle de cellules souches pour de futurs applications cliniques. Les chercheurs ont découvert que celles-ci possèderaient un taux de prolifération et de dédoublement très élevé qui pourrait permettre dans le futur de traiter non seulement les structures dentaires endommagées mais aussi les lésions de tissus neuraux et les troubles dégénératifs.

Des résultats qui attirent la curiosité des parents

Carole et Sean Daly font partie des nombreux parents qui s’intéressent à la conservation des dents de lait à des fins médicales. Comme le relaye l’Express, ce couple serait l’une des quelques trois mille familles à avoir envoyé les dents de leurs enfants à un laboratoire situé dans le Cheshire en Angleterre.

Suite à une collaboration entre le Pr Rankin et l’artiste Gina Cwarnecki, près de 12 000 enfants avaient envoyé leurs dents de lait pour contribuer à une sculpture géante destinée à sensibiliser le public sur la valeur des cellules souches contenues dans ces dernières. Bien que les nombreuses études menées n’ont pour l’instant fait que lever le voile sur le potentiel de ces cellules, les chercheurs n’en sont pas moins optimistes.

John Hunt, professeur à la tête de la division de l’ingénierie clinique à l’université de Liverpool valide cette opinion et explique qu’il y aurait de fortes chances que les cellules obtenues via les dents de lait puissent proliférer de manière incroyable et donner lieu à différents types de cellules. Par ailleurs, la conservation des dents de lait serait, pour ce scientifique, beaucoup plus simple que de recueillir du sang ombilical quelques minutes après la naissance.

BioEDEN, l’un des deux laboratoires anglais acceptant de conserver ces dents manifeste son scepticisme :

« Nous sommes conscients des études scientifiques menées jusqu’à présent mais nous prenons aussi en considération que les banques pour dents de lait ne sont basées pour l’instant que sur un futur potentiel de réussite »


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