Covid-19: On est en “situation de guerre” et il faut “reconfiner le pays” selon le Pr Gilles Pialoux

Face à une épidémie qu’ils jugent “hors de contrôle”, certains experts appellent à un reconfinement général. Chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, le Pr Gilles Pialoux était l’invité d’Apolline de Malherbe ce mardi 27 octobre sur BFM TV et RMC. Pour l’infectiologue, nous sommes “en situation de guerre”. 

La France va-t-elle être confrontée à un reconfinement ? Depuis que les chiffres ont battu de nouveaux records ces derniers jours, des experts estiment que le couvre-feu mis en place pourrait s’avérer insuffisant. Parmi eux, le Pr Gilles Pialoux qui partage ses craintes sur le plateau de RMC.

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Le professeur Gilles Pialoux, chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon – Source : Telerama

“Une deuxième vague hors de contrôle”

Alors que la barre du million de cas de Covid-19 a été franchie ce vendredi en France, près de 46 millions de Français sont soumis à un couvre-feu. Selon nos confrères du Monde, cette mesure devra être respectée pendant six semaines, mais certains experts restent sceptiques face à son efficacité. Pour Gilles Pialoux, même si l’hypothèse d’un couvre-feu à 19h et les week-end est considérée, elle reste insuffisante. En cause ? Une épidémie “hors de contrôle” selon l’infectiologue qui met en exergue la “brutalité” de cette seconde vague. Fin septembre, deux prix Nobel avaient d’ailleurs appelé à un reconfinement avant les fêtes pour protéger la population.

“Plus précoce, plus critique et plus forte”

C’est au micro d’Apolline de Malherbe sur RMC que le Pr Pialoux révèle que l’épidémie s’avère plus critique que prévu. Malgré les prévisions établies, il estime que la situation actuelle est un véritable “coup de massue” et ajoute que l’on s’apprête à faire face à des “semaines très difficiles”. Pour l’infectiologue, “on est en situation de guerre”. Des propos chocs qui reflètent l’inquiétude du chercheur face à l’évolution de la crise sanitaire.

Jean-François Delfraissy a également fait part de craintes similaires ce lundi 26 octobre. Invité de RTL, le président du Conseil scientifique a expliqué que la deuxième vague de coronavirus était prévisible, son ampleur en revanche ne l’était pas. “Nous sommes nous-mêmes surpris par la brutalité de ce qui est en train de se passer depuis 10 jours » a-t-il indiqué, ajoutant que “la deuxième vague va probablement être plus forte que la première”.

Ce dimanche, la France a d’ailleurs battu un record de cas de contaminations, avec 52 010 cas recensés en 24 heures. Un chiffre qui avoisinerait en réalité les 100 000 cas par jour selon le professeur, comme le révèle un article du 20 Minutes.

Un appel au reconfinement général

Si cette perspective est redoutée en raison de son impact sur l’économie française, le Pr Pialoux est catégorique. “Il faut reconfiner le pays et laisser de côté l’économie car ça, c’est rattrapable. En revanche, la réanimation loupée ça ne l’est pas » déclare l’infectiologue. Des craintes partagées par le Pr Eric Caumes, chef du service infectiologie de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière.

Invité de France Info ce lundi 26 octobre, ce dernier a révélé que la France avait “perdu le contrôle de l’épidémie”, expliquant que si la situation s’aggrave les prochaines semaines, le confinement sera nécessaire. “Bientôt on aura plus que des Covid dans nos lits de réanimation, on ne pourra plus en charge correctement les autres malades si le système est saturé par le Covid” a alerté l’infectiologue. Une situation qui justifierait la réinstauration d’un confinement dans le pays mais qui n’est pas sans inquiéter le président du Medef.

Interrogé par RMC, Geoffroy Roux de Bézieux a mis en garde contre un reconfinement total comme au mois de mars dernier : “Ce n’est pas moins 10% de récession qu’on risque, c’est un écroulement de l’économie« . En faisant référence aux nombreuses entreprises gravement touchées par la première vague, il en appelle à trouver des restrictions intelligentes qui réussiraient à protéger les entreprises et les salariés.

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