Covid-19 : La Chine révèle qu’elle ne serait pas à blâmer, suite à une étude italienne

Suite à une publication de l’Institut national du cancer italien, la Chine semble remettre en cause l’origine de l’épidémie de Covid-19. L’étude en question décrit la présence d’anticorps au virus Sars-CoV-2 dans le sang de patients sains en Italie durant le mois d’octobre de l’année dernière, soit avant l’apparition présumée du nouveau coronavirus dans l’Empire du Milieu. Ces résultats auraient été obtenus lors d’un test de dépistage du cancer du poumon. Mais plusieurs scientifiques interrogés par Reuters font part de leur scepticisme et en appellent à la prudence.

Alors que Wuhan est considéré comme le berceau initial de la pandémie de Covid-19, la Chine estime qu’elle ne serait peut-être pas à blâmer au sujet de la crise sanitaire actuelle, révèle le journal britannique The Times. La raison ? Une publication de l’Institut du cancer italien qui suggère que le virus aurait pu circuler en Italie dès le mois de septembre 2019, soit cinq mois avant que le premier cas officiel n’ait été signalé fin février 2020 en Lombardie, près de Milan.

Si ces données s’avèrent correctes, cela pourrait changer l’histoire de la pandémie et donner naissance à de nombreuses questions au sujet de la date et de l’endroit de son origine. Mais les experts consultés à ce sujet par Reuters sont circonspects et indiquent qu’un examen plus approfondi est nécessaire.

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Le nouveau coronavirus, apparu à Wuhan – Source : Santé Publique France

Une étude qui épaissit le mystère autour de l’origine du virus

Selon les résultats des chercheurs, publiés par le magazine scientifique Tumori Journal de l’Institut national du cancer italien, le virus Sars-CoV-2 aurait pu circuler dans le pays bien avant l’annonce officielle d’un premier cas le 21 février 2020. Ce dernier a été identifié dans une petite ville à proximité de Milan, dans le nord de la Lombardie. Mais à en croire les scientifiques, 11,6% des 959 volontaires sains ayant participé au test de dépistage entre septembre 2019 et mars 2020 ont montré des signes d’un contact avec le nouveau coronavirus, la plupart d’entre eux bien avant le mois de février.

Des tests spécifiques aux anticorps du Sars-CoV-2 ont ensuite été menés par l’Université de Sienne. Selon leurs résultats, six cas étaient dotés d’anticorps permettant de tuer le virus, et quatre d’entre eux remontaient à octobre 2019, signifiant que les patients auraient été infectés en septembre.

Des résultats qui ne font pas l’unanimité

Si ces résultats méritent d’être relayés, Mark Pagel, professeur à l’école de Sciences Biologiques de l’Université de Reading au Royaume-Uni, estime qu’ils doivent surtout être considérés comme un point de départ pour mener des tests supplémentaires. Contacté par Reuters, l’expert souligne que “tous les patients de l’étude étaient asymptomatiques, alors qu’une majorité d’entre eux sont des fumeurs âgés de 55 à 65 ans. Cela devrait normalement représenter un groupe à haut risque pour le Covid-19”, a-t-il expliqué, jugeant que ces observations sont déroutantes.

Pour Enrico Bucci, professeur adjoint en biologie à la Temple University de Philadelphie, “le nombre six est totalement compatible avec des erreurs de test et des irrégularités aléatoires. Pour ces raisons, il me semble que les preuves amenées pour soutenir une affirmation aussi extraordinaire ne sont pas assez solides” a-t-il souligné.

Le test de détection des anticorps a également été mis en cause par le scientifique italien et l’une de ses confrères. Selon eux, ce dernier a été conçu de manière interne et n’a jamais été validé par un examen des pairs. Un avis rejoint par d’autres chercheurs qui font part de leur scepticisme, soulignant que si les tests ne sont pas parfaitement réalisés, ils pourraient révéler la présence d’anticorps pour d’autres maladies. 

“Je pense que nous avons besoin d’une démonstration vraiment concluante que ces échantillons ont identifié le virus du Covid-19 et que ces anticorps n’ont pas en réalité, été déclenchés par un autre virus” a précisé Andrew Preston, lecteur en pathogenèse microbienne à l’Université de Bath.

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Zhao Lijian, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois – Source : New York Post

Une question “qui pourrait impliquer plusieurs pays”

Accusée à maintes reprises d’un manque de transparence, notamment par les Etats-Unis qui ont même dénoncé des mensonges au sujet de l’épidémie, la Chine estime aujourd’hui que plusieurs pays pourraient être impliqués dans l’origine du virus. Selon The Times UK, les médias étatiques chinois auraient amplement relayé l’étude de l’Institut italien. Zhao Lijian, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères a déclaré : “Cela montre encore une fois que déterminer la source du virus est une question scientifique complexe qui devrait être laissée aux scientifiques. C’est un processus en développement qui peut impliquer de multiples pays”. Il aurait par ailleurs confié aux journalistes à Pékin que la Chine maintiendra son engagement au côté de la communauté internationale pour “contribuer à la coopération globale visant à combattre le Covid-19 et les autres virus”.

L’Organisation Mondiale de la Santé a quant à elle indiqué que le nouveau coronavirus et la maladie du Covid-19 dont il est à l’origine étaient inconnus avant que l’épidémie de Wuhan ne soit révélée. Mais l’agence onusienne n’exclut pas la possibilité que le virus ait pu “circuler silencieusement ailleurs”. A l’heure actuelle, l’origine exacte du virus suscite encore de nombreuses interrogations.

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