Coronavirus : malgré les critiques, des hôpitaux américains se rebellent et donnent de la Vitamine C aux malades

Depuis le début de la pandémie de coronavirus, les scientifiques multiplient leurs efforts pour trouver un médicament ou un vaccin efficace contre la maladie. Face au manque de consensus scientifique et à l’urgence de la crise sanitaire, certains d’entre eux prennent des décisions controversées, passant outre l’autorisation ou la validation des autorités sanitaires pour un traitement officiel. Récemment, ce serait les hôpitaux de l’Etat de New York qui auraient décidé d’administrer de la vitamine C à forte dose aux malades, en combinaison avec d’autres types de traitements. L’information a été relayée par le New York Post, puis RTL.

La vitamine C a fait l’objet de nombreuses alertes Fake News depuis le début de l’épidémie. En effet, on a pu lire que la vitamine C permettrait de “prévenir ou de traiter” le coronavirus, une information démentie par de nombreux médias dont BBC News, en l’absence de preuves scientifiques. Le Dr Gérald Kierzek, médecin urgentiste, alerte également quant à cette affirmation trompeuse en soulignant “qu’aucune étude ne montre actuellement que la prise seule de vitamine C peut guérir ou prévenir cette maladie”.

Le 20 Minutes cite une étude datant du 1er mars, évoquant la prise de vitamine C par des patients infectés par le Covid-19. Il précise que dans ce contexte, celle-ci aurait été administrée en complément de nombreux traitements. Il serait donc impossible d’affirmer avec certitude que la vitamine C à elle seule, est efficace contre le Covid-19 en cas d’une éventuelle guérison.

Aujourd’hui, son utilisation à forte dose fait partie de pistes poursuivies à Wuhan, foyer de l’épidémie de coronavirus, notamment dans l’hôpital Zhongnan. Toutefois, les résultats ne seraient pas attendus avant le mois de septembre. Un délai trop long pour des hôpitaux new-yorkais qui auraient décidé, au vu de l’urgence de la situation, d’inclure la vitamine C à d’autres traitements, révèle RTL.

L’initiative des hôpitaux new-yorkais

Les hôpitaux de l’Etat du nord-est des Etats-Unis auraient donc décidé de commencer à administrer par voie intraveineuse de fortes doses de vitamine C aux patients. Selon le Dr Andrew G. Weber, pneumologue et spécialiste en soins intensifs, ces dernières seraient basées sur des traitements expérimentaux menés à Shanghai.

des hôpitaux américains se rebellent en donnant de la Vitamine C aux malades

Immédiatement après leur admission en soins intensifs, le médecin révèle que les patients reçoivent 1500 mg de vitamine C en intraveineuse, et que des quantités identiques leur seraient ensuite administrées à nouveau, 3 ou 4 fois par jour. Toujours selon ses propos, la vitamine C serait utilisée en complément d’autres traitements, notamment l’hydroxychloroquine, l’azithromycine, des agents biologiques et des anticoagulants.

Le pneumologue explique aussi que les niveaux de vitamine C baisseraient de manière drastique chez les patients atteints du Covid-19 en cas de septicémie. Cette réponse inflammatoire résultant d’une réaction excessive du corps à l’infection. A ses yeux, il serait donc “plus que censé d’essayer de maintenir un niveau adéquat de vitamine C”.

Selon un porte-parole de Northwell Health, un réseau de soins de santé dans l’Etat de New York auquel le Dr Weber est affilié, la vitamine C serait administrée à de nombreux patients atteints du coronavirus. Il précise néanmoins que les protocoles varient selon le cas de chaque malade, en fonction de la décision du médecin. Un total de 700 patients atteints par le Covid-19 seraient actuellement traités à travers le réseau hospitalier. Le nombre de malades traités à la vitamine C reste toutefois indéterminé.

Suivre les recommandations officielles

Dans l’attente de résultats qui confirment ou infirment l’efficacité de la vitamine C, seule ou combinée à d’autres traitements, il est indispensable de suivre les recommandations officielles des autorités sanitaires concernant le Covid-19, notamment en évitant l’automédication qui peut s’avérer dangereuse, voire mortelle dans certains cas.

Pour autant, “prendre de la vitamine C ne peut pas vous faire de mal”, révèle le Dr Kierzek. Cette dernière participe au renforcement de l’immunité, de la même manière qu’une alimentation saine et équilibrée ou un bon sommeil sont nécessaires à une bonne santé.

A savoir qu’une carence en vitamine C est susceptible de causer le scorbut, comme à l’inverse, un excès peut entraîner des diarrhées, des maux d’estomac ou encore des calculs rénaux, précise l’Anses. La dose quotidienne recommandée pour un adulte est de 110 mg, une quantité qui peut être fournie à l’organisme via une alimentation variée et équilibrée.

Pour le Dr Grégoire Cozon, immunologue, s’il n’existe aucune preuve que des vitamines soient capables de prévenir le coronavirus, il n’en est pas moins essentiel d’avoir une alimentation variée, donnant pour exemple les agrumes et les fruits rouges qui contiennent de la vitamine C. De manière générale, ces aliments “renferment de nombreux antifongiques, antiviraux et antibactériens naturels”, souligne le médecin.

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