Comment trouver mon Ikigai ?

Certaines populations dans les îles japonaises vivent centenaires, et surtout en bonne santé physique et mentale. En plus des habitudes alimentaires, il y a ce qu'on appelle l'Ikigai et qui expliquerait non seulement la longévité, mais surtout la joie de vivre et la paix intérieure qui caractérisent ces populations. Focus sur l'Ikigai.

personnes agées sport

Deux personnes âgées faisant du sport – Source : spm

Ikigai : finie l’anxiété !

Le stress représente le premier ennemi de la santé. L’état de stress permanent dans lequel se retrouvent la plupart des personnes en proie à des difficultés économiques, professionnelles ou sociales représente le facteur de risque majeur pour leur santé. Le stress se comprend mieux en relation avec une anxiété profonde, l’absence du moteur même ou sens de la vie. Autrement dit, quand on est porté par un objectif, une passion ou des valeurs bien déterminées, on avance sur son chemin de vie de façon plutôt sereine, malgré les difficultés. Mais force est de constater que l’anxiété et le stress sont les maux majeurs de notre époque.

Alors que les occidentaux souffrent d’anxiété, les populations des zones bleues semblent baigner dans une Zénitude totale.

Okinawa est la plus connue des zones bleues, une île de l’archipel des Ryuku au sud du Japon. Les « zones bleues » sur le globe, étant ces zones où l’on trouve plus de centenaires que partout ailleurs. Une traduction approximative de « Ikigai » serait « ce qui fait que la vie vaut la peine d’être vécue ». Une sorte de « raison d’être », un « pourquoi je me lève le matin », « c’est le sel de la vie », « c’est ce sur quoi je me concentre », comme un axe sur lequel on peut revenir, un ancrage auquel on peut se raccrocher. Jean-Christophe Dulot en fait une description très complète dans son livre « Apaiser le mental » (Jouvence, 2018).

L’auteur est allé collecter de nombreux témoignages sur l’île japonaise, il rapporte qu’il y avait un point commun à chaque Ikigai. La plupart du temps, il y a un lien à l’autre.

Pour certains, ça peut être « la musique » ou « la cuisine », pour d’autres, ce sera « prendre soin de ma mère », « m’occuper de mon chien », « cultiver mon potager » …

Comment trouver mon Ikigai ?

Trouver son « Ikigai » demande une recherche longue et profonde de soi-même. La découverte de celui-ci apporterait une satisfaction et un sens à la vie.

On pourrait remplacer le terme « trouver » par « identifier », car cet Ikigai serait facilement identifiable si on prend la peine d’observer notre parcours de vie, les difficultés ou les obstacles qui ont été marquants, les grandes sensations ou les émotions inoubliables. Tout cela représente un vivier d’informations extrêmement utiles si on veut découvrir le moteur profond derrière notre vie.

Pour trouver votre Ikigai, Jean-Christophe Dulot vous propose de vous poser 4 questions, et de prendre le temps d’y répondre dans les jours qui suivent.

  • Qu’est-ce que vous aimez ?
  • Quelles sont vos qualités ?
  • Quelles sont vos valeurs ?
  • De quoi le monde a-t-il besoin ?
joie de vivre

Joie de vivre – Source : spm

Et si je ne trouve pas ?

Si vous ne trouvez toujours pas ce moteur intérieur qui vous est propre, si vous continuez à ressentir de l’anxiété malgré les « réussites » professionnelles ou sociales…pensez à poser des intentions. Autrement dit, à défaut d’un Ikigai stable et ancré en vous, il y a une étape intermédiaire qui consiste à poser des intentions.

Une intention est une disposition d’esprit, un mouvement intérieur qui nous porte vers un but.

Avant de poser une intention, Jean-Christophe Dulot vous invite à prendre le temps de répondre aux trois questions suivantes :

  • Que souhaitez-vous ?
  • À quels besoins cela répond-il ?
  • Que ressentiriez-vous si votre souhait se réalisait ?

Le « Que souhaitez-vous ? » pourrait être plus précis avec un « Que souhaitez-vous transformer qui vous empêche de vous sentir en paix ? »

Exemples

1. Vos amis vous disent qu’ils ont la sensation que vous papillonnez quand vous êtes avec eux et que vous ne les écoutez pas.

Vous sentez qu’ils ont moins de plaisir à être avec vous et ça vous fait ruminer

  • Vous voulez changer ça et être plus « présent » à la relation pour nourrir des besoins d’échange, de partage, d’écoute, de communication, de respect, de conscience…

Et quand vous y pensez, vous vous dites que si vous y arriviez, vous vous sentiriez fier, reconnu, curieux, satisfait…

2. Vous êtes tellement dans votre mental que vous décortiquez tous les faits et gestes des gens autour de vous, vous sentez que vous restez dans cet engrenage, que cela bloque vos relations et vous coupe de votre joie de vivre

  • Vous vous dites que si vous vous posiez moins de questions, vous seriez moins froid et moins calculateur avec les autres. Cela répondrait à votre besoin de paix intérieure, de coopération, de calme, de chaleur humaine.

Si vous répondiez à ces besoins, vous vous sentiriez à votre place, apprécié, léger, ouvert… 3. Vous vivez dans un environnement bruyant et vous dormez mal, vous vous levez fatigué le matin et vous faites des scenarii pas possibles pour que vos voisins déménagent rapidement.

Vous en avez assez de cette situation et, en plus, vous ne vous sentez pas à l’aise avec cette manière de penser qui génère de l’inconfort et de la culpabilité

  • Vous décidez donc d’inverser la tendance en changeant d’état d’esprit tout en déménageant.

Cela répondrait à votre besoin de récupération, de repos, de calme, d’équilibre et vous vous sentiriez reposé, apaisé, dynamique, et enjoué.

C’est à partir de là que vous allez créer la formule ou l’affirmation sur laquelle vous allez vous aligner. Voici ce que cela pourrait donner, en lien avec les exemples cités ci-dessus :

  • je souhaite être plus présent dans mes discussions avec les amis ;
  • je développe une qualité d’écoute envers les autres ;
  • je m’apaise et je retrouve ma joie de vivre ;
  • je me relie quotidiennement à mes objectifs ;
  • je déménage vers un lieu de vie plus calme et plus ressourçant ;
  • j’arrive à faire le vide dans ma tête au moment de m’endormir ;
  • je deviens bienveillant envers moi pour être plus ouvert aux autres.
fixer objectifs

Fixer des objectifs – Source : spm

La loupe et la boussole

Pour vous aider à avancer, Jean-Christophe Dulot vous propose de mettre deux objets dans votre besace à ressources :

  • Le premier, c’est la boussole.

Celle qui vous permet de garder le cap sur vos objectifs, vos intentions et le sens de votre vie. À chaque fois que vous vous sentez déstabilisé, sortez votre boussole et demandez-vous:  « Où est-ce que je veux aller ? », « Où cela me mène de penser, d’agir de telle ou telle manière ? ». Suivre l’aiguille de votre boussole vous remettra en lien avec ce que vous souhaitez vivre et vous remettra sur les rails.

Votre mental, focalisé sur votre axe, retrouvera une sensation de sécurité et d’apaisement. La boussole permet de vous aligner sur votre intention.

  • Le second, c’est la loupe. Celle qui vous permet d’attiser la flamme qui est en vous en vous concentrant sur vos intentions et votre Ikigai.

Lorsque vous pointez la loupe sur une feuille de papier et que vous bougez, que vous allez dans tous les sens, que les mouvements de votre main sont dissipés ou dispersés (un peu comme votre esprit parfois), rien ne se passe. Lorsque vous stabilisez la loupe sur un point précis (une intention, une direction), les rayons se concentrent sur le point et la feuille peut alors s’embraser. La loupe vous permet, elle aussi, de vous aligner sur l’intention.

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