Comment renforcer l’immunité de votre chien ?

C’est en automne que nous préparons notre corps à affronter la rigueur hivernale. Qu’en est-il pour nos animaux de compagnie ?

Ils disposent d’un solide système immunitaire mais qui peut être mis à mal par certains facteurs : alimentation déséquilibrée, stress, maladies chroniques, traitements médicamenteux, substances toxiques, températures extrêmes…

S’il convient généralement de renforcer le système immunitaire de votre animal à titre préventif par une alimentation de qualité, adaptée à son âge et à ses conditions de vie, et par des substances naturelles, la situation peut parfois être plus compliquée. Il arrive ainsi que le système immunitaire se dérègle et s’emballe, ce qui peut générer des allergies ou des pathologies auto-immunes, dans lesquelles l’organisme attaque ses propres cellules.

chien a la maison

Chien à la maison – Source : spm

Le soi et le non-soi

Avant de vous présenter les meilleures solutions naturelles pour booster l’immunité de votre compagnon, il nous faut présenter rapidement quelques concepts propres à l’immunité qui expliquent le choix de telle ou telle plante. Ainsi, il y a les cellules de l’organisme (le soi) et il y a les éléments étrangers (virus, bactéries, parasites, toxines, cellules cancéreuses… qui forment le non-soi). Le système immunitaire reconnaît les éléments du non-soi et les détruit grâce à l’immunité non spécifique (on parle de phagocytose par des globules blancs : granulocytes, macrophages et cellules dendritiques) et l’immunité spécifique (dont les lymphocytes qui produisent des anticorps).

En pratique, l’immunité innée se met rapidement en place et dans environ 5 % des cas, lorsqu’elle n’arrive pas à se débarrasser de l’agresseur, l’immunité acquise prend le relais au bout de quelques jours. Elle est spécifique de l’agent pathogène et deux voies sont alors possibles selon le type d’antigène détecté : la médiation cellulaire (Th1 : via les cellules cytotoxiques) ou la médiation humorale (Th2 : via la production d’anticorps spécifiques). La moelle osseuse, le thymus, la rate et les ganglions lymphatiques sont le siège de cet admirable système. Mais l’intestin joue aussi un rôle primordial dans nos défenses en tant que barrière contre certains agents étrangers et par l’action protectrice du microbiote. D’où l’importance des pré- et probiotiques dans la stimulation du système immunitaire !

Les plantes de l’immunité

Les substances naturelles ont tout leur intérêt dans la stimulation des défenses immunitaires. Une plante médicinale contient de nombreux principes actifs agissant en synergie et présentant une analogie structurale avec les molécules de l’organisme à traiter, donc une affinité avec les récepteurs accrue par rapport aux molécules de synthèse. Ceci permet d’administrer un traitement individualisé, efficace et sûr.

Commençons par l’échinacée pourpre qui était traditionnellement utilisée par les Amérindiens en cas d’infections, de retards de cicatrisation et d’envenimations. Aujourd’hui, on utilise la racine et les parties aériennes de la plante pour l’activité immunomodulatrice de ses composés :

  • Des polysaccharides, présents en grande quantité dans les racines, qui stimulent l’immunité innée et acquise ;
  • Des alkylamides, majoritairement présents dans les parties aériennes, qui sont immunodépresseurs de l’immunité acquise ;
  • Des acides phénols, antibactériens et antiviraux, qui agissent sur l’inflammation en fonction du contexte

Les tests réalisés sur chacune de ces molécules seules n’ont pas donné de bons résultats. Ensemble, en revanche, la magie opère… C’est donc un bel exemple de l’importance d’utiliser le totum de la plante et de la synergie entre ces différentes molécules ! Pour toujours plus de synergie, vous pouvez y associer d’autres plantes anti-infectieuses, telles que le cyprès, le pin sylvestre, la busserole, la piloselle, la canneberge…

L’échinacée pourpre peut ainsi être utilisée en préventif ou en curatif sur les infections ORL et pulmonaires notamment. Elle renforce les défenses des chiens que l’on introduit dans les chenils (SPA, animaleries, pensions, meutes de chiens de chasse, de chiens de traîneau…) pour éviter des maladies comme la toux de chenil.

En curatif, on peut l’associer à un traitement allopathique (antibiotiques et anti-inflammatoires). Notez tout de même qu’elle nécessite quelques précautions d’emploi :

  • Ne l’administrez pas lors de maladies où le système immunitaire s’est emballé (allergies, dermatite atopique, maladies auto-immunes, asthme…) ;
  • Respectez la fenêtre thérapeutique (donnez-la 5 jours par semaine seulement, sinon 20 jours par mois ou une semaine sur deux) ;

Mode d’emploi :

  • En infusion des parties aériennes ou en décoction de racines : 3 g pour 0,25 l d’eau ;
  • Ou en extrait de plantes standardisé (EPS) : 2 ml pour 10 kg ; jusqu’à 5 prises le premier jour, 4 le second, 3 le troisième, puis 2, puis poursuivre une prise par jour pendant 10-15 jours.
les reglisses

Les réglisses – Source : spm

Les racines de réglisse sont intéressantes car elles contiennent, entre autres, des saponosides (immunodépresseurs de l’immunité innée et acquise, anti-inflammatoires, antibactériens et antifongiques), des acides phénols et des flavonoïdes (anti-inflammatoires et anti-enzymatiques, protecteurs des muqueuses), des polysaccharides (immunostimulants de l’immunité innée, pro-inflammatoires et antibactériens) et des coumarines antibactériennes.

Elles évitent l’emballement immunitaire dans les pathologies cutanées telles que la dermatite atopique ou allergique, dans les pathologies respiratoires comme l’asthme, et elles deviennent immunostimulantes lors d’infections par des bactéries, des virus ou des champignons (aspergillose notamment). Restez vigilant sur le long terme et à fortes doses à cause de son effet hypertenseur et « minéralo-corticoïdes ». Prudence surtout avec les chiens cardiaques déjà sous traitement (IECA/diurétique/ spironolactone) !

Mode d’emploi :

  • En EPS, seule ou associée à d’autres plantes, à raison de 2 ml/10 kg/jour ;
  • Ou en décoction de bâtons de réglisse en copeaux (8 g/0,25 l d’eau/jour).

Le plantain lancéolé était déjà utilisé dans l’Antiquité pour les plaies et les hémorragies. Ses feuilles contiennent des iridoïdes (anti-inflammatoires et antibactériens), des flavonoïdes (immunostimulants de l’immunité acquise et antioxydants), des acides phénols (antiviraux, pro-inflammatoires, immunostimulants de l’immunité acquise), des glucosides phénylpropaniques (immunodépresseurs de l’immunité acquise, anti ou pro-inflammatoire selon le contexte, antibactériens et antioxydants) et des triterpènes (anti-inflammatoires et immunostimulants de l’immunité acquise). On l’utilisera dans les pathologies respiratoires allergiques (asthme, toux sèche, emphysème), dans certains troubles digestifs (ulcère, gastrite…) et dans les maladies cutanées (urticaire, eczéma, ulcère cutané, mycose, otites…). Il n’y a pas de contre-indication connue à ce jour.

Mode d’emploi :

  • En infusion de feuilles, 6 g de plante pour 0,5 l d’eau pendant 10 min, à boire dans la journée ;
  • En jus de feuilles fraîches en cataplasme sur les plaies (30 g mixée avec 10 ml d’eau) ;
  • En EPS (3 ml/10 g)

La racine de ginseng contient des saponosides (ginsénosides, anti ou pro-inflammatoires selon le contexte, immunodépresseurs ou immunostimulants de l’immunité acquise et anti tumoraux), des panaxanes (immunostimulants de l’immunité innée, antioxydants et pro-inflammatoires), et des acides phénols (antioxydants). Le ginseng stimule l’activité des cellules de l’immunité (macrophages, lymphocytes T et NK) et la sécrétion des médiateurs de l’immunité. Il sera utilisé dans toute adaptation des performances physiques, intellectuelles, psychiques et immunitaires. En cas de surdosage, il peut y avoir des effets secondaires : tachycardie, insomnie, hypertension, excitation sexuelle ou agressivité. Pour les chevaux, il est d’ailleurs considéré comme dopant et doit être arrêté 5 jours avant une épreuve sportive.

Mode d’emploi :

  • En mélange de plusieurs EPS, sinon à raison de 2 ml/10 kg/ jour.

Le rhizome de rhodiole est très riche en principes actifs. Ce « ginseng de Sibérie » a la particularité d’agir très vite, en 30 minutes environ. Il contient des polyphénols (salidroside ou rhodioloside), des acides phénols et des flavonoïdes. Ses effets immunostimulants sont très intéressants en cas de stress chronique. On peut aussi l’utiliser dans les maladies chroniques avec déficits immunitaires acquis : FelV, FIV, caliciviroses chez le chat, maladie de Lyme, maladies vectorielles chez le chien. Il n’y a pas de contre-indication, mais attention au surdosage qui peut provoquer agitation et excitabilité.

Mode d’emploi :

  • 2 ml d’EPS/10 kg ;
  • 5 g de poudre de rhizome pour 4 heures de décoction ;
  • 1 gélule de 200 mg d’extrait titré à 5 % de rosavine, 4 % de rosarine, 2 % de salidroside/20 kg/jour.

Le bourgeon d’églantier, sous forme de macérat concentré, est très adapté au renforcement de l’immunité, aux pathologies de la sphère ORL récidivantes, chez le jeune en période d’acquisition. Il est anti-infectieux global (antiviral, antibactérien, antifongique) et anti-inflammatoire.

Mode d’emploi :

  • 1 goutte/10 kg/jour chez le chien, 1 goute/chat/jour, en cures de 20 jours par mois. Il peut aussi être mélangé avec des EPS.

Chiens : un combo d’huiles essentielles

De nombreuses huiles essentielles possèdent des vertus immunostimulantes. Voici quelques exemples d’associations que vous pouvez utiliser sur vos chiens, en cures de 2-3 semaines.

  • Thym thujanol/ravintsara/ tea tree/eucalyptus radié en inhalation pour renforcer l’organisme lors d’affections respiratoires virales.
  • Thym thujanol ou origan compact/ravintsara/tea tree/ sarriette : 1 goutte de chaque pour 10 kg chez le chien 1 fois/ jour, dans une capsule fermée ou mélangées dans du miel ou de la graisse (rillettes par exemple)

4 solutions moins connues

1. Les algues médicinales représentent une source encore assez méconnue et qui semble inépuisable de protéines et autres nutriments fort intéressants d’un point de vue curatif et nutritionnel. Nous en avons sélectionné deux, la spiruline et la chlorella.

La première contient 60 % de proténes végétales, des antioxydants, de nombreuses vitamines, du fer et des oméga-6. Plusieurs études sur les animaux montrent qu’elle a des effets antioxydants, immunostimulants, antidiabétiques et qu’elle peut réduire les taux de lipides sanguins. La posologie est encore imprécise, mais on l’utilise par exemple sous forme de gélules ou de comprimés de 500 mg à raison de 1 cp/ 10 kg/jour, en cure de plusieurs semaines.

Quant à la chlorella, elle présente des mécanismes de réparation de l’ADN très intéressants en thérapeutique. Elle est composée de 60 % de protéines, de 20 % de glucides et de 11 % d’acides gras insaturés, de vitamines et d’oligoéléments. Elle est surtout quatre fois plus concentrée en chlorophylle que la spiruline, ce qui lui confère un pouvoir antitoxique, antioxydant et immunostimulant plus puissant. Elle est indiquée dans les maladies virales chroniques (FelV, FIV, etc.), les dysimmunités et les cancers. Elle fait partie des protocoles de désintoxication aux métaux lourds, d’où l’attention particulière recommandée à sa provenance et aux bonnes conditions de culture quand vous en achetez. Elle peut s’administrer en cure alternée de 3 semaines avec la spiruline en laissant une semaine d’arrêt entre les deux, ou être associée à d’autres plantes adaptogènes et immunostimulantes. Vous trouverez dans le commerce des gélules de 500 mg. Comptez 1 gélule par jour pour un chien de moins de 10 kg et jusqu’à 3 gélules par jour pour un chien de 30 kg.

2. Sachez que la mycothérapie vole également au secours de l’immunité de votre animal de compagnie. Consommés comme médicaments depuis des centaines d’années en Chine et au Japon, les champignons restent néanmoins très peu utilisés en Occident. La partie qui nous intéresse le plus est le mycélium, très riche en polysaccharides et en chitosane, composé qui lui permet de ne pas fixer les métaux lourds ni les pesticides et qui ne stimule pas la croissance des cellules cancéreuses. C’est pourquoi les champignons peuvent être utilisés, entre autres, pour stimuler nos défenses immunitaires et en oncologie. La posologie pour les chiens et les chats est de 50 mg de mycelium/10 kg/jour sur de longues durées (3 mois minimum). Quatre champignons semblent sortir du lot :

  • Le Coriolus versicolor (Karawataké) pousse principalement sur les arbres feuillus en mauvaise santé, morts ou abattus. Il est comestible et est utilisé sous forme d’épices ou d’infusion. Il est particulièrement riche en PSP et en PSK, deux polysaccharopeptides immunostimulants, indiqués dans les maladies virales chroniques et les cancers. Il privilégie la médiation cellulaire (Th1) en stimulant les cellules souches de la moelle, les macrophages et certains facteurs moléculaires. Il limite ainsi les allergies et les maladies auto-immunes. Il contient aussi des prébiotiques.Il existe d’ailleurs en complément alimentaire vétérinaire (Versikor 500 ND, Laboratoire Sum Lab Vet) et se prescrit à la dose d’un comprimé pour 5 kg/jour.
  • Le Ganoderma lucidum (Reishi) est aussi un champignon ligneux consommé en infusion. Son mycélium est riche en bêtaglucanes et en acide ganodermique, dont l’effet est immunostimulant. Il est indiqué dans les maladies virales chroniques, les cancers, le diabète et les cardiopathies. Il est souvent associé au précédent et il existe un complément les associant en poudre sous le nom de Ganoderme coryolus.
  • Le Grifola frondosa (maïtaké) est un champignon comestible qui permet la stimulation de l’immunité innée (activation des macrophages, des NK) et de la médiation cellulaire (Th1). Il est indiqué dans les maladies virales et vectorielles (piroplasmose, Lyme, ehrlichiose…). Il abaisse aussi le taux de cholestérol, les triglycérides et la glycémie.
  • Le lentin du chêne (shiitaké), très riche en nutriments (enzymes, acides aminés, vitamines, minéraux, polysaccharides), inhibe le stress oxydatif, stimule l’activation des macrophages, améliore les défenses de l’organisme et a des propriétés anticancéreuses.

3. Les extraits de pépins de pamplemousse (EPP) ont fait leurs preuves en tant qu’antiseptiques et immunostimulants, mais leur commercialisation à outrance et l’ajout de conservateurs a galvaudé la composition de certains traitements… Il faut donc que vous soyez attentif à la composition et au fournisseur de votre produit : pas d’ajout de vitamines ou de conservateurs, pas d’alcool, pas de solvant ! Optez si possible pour un EPP fabriqué à partir d’un macérat eau-glycérine végétale, sans ajout d’écorce et de péricarpe, d’aspect huileux et avec une bonne traçabilité. Il doit contenir 400 mg de flavonoïdes bio pour 100 ml de produit fini. On l’utilise à raison d’1 goutte/kg en curatif pendant 15 jours et 1 goutte/2 kg en préventif par périodes de 10 jours/mois ou en cures de 3 semaines. Ses indications se recoupent avec celles de l’argent colloïdal qui sera notre dernière recommandation pour toutes les dysimmunités, les infections respiratoires, ORL, cutanées, digestives et urinaires.

4. L’argent colloïdal revient sur le devant de la scène ces dernières années, et c’est une bonne chose ! C’est une solution obtenue par réaction électrique à partir de deux électrodes d’argent très pur plongées dans de l’eau distillée. On l’utilise par voie locale ou buccale en tant qu’anti-infectieux puissant, immunostimulant et anti-inflammatoire. Par voie orale chez l’animal, il peut être prescrit à la concentration de 15 ppm à raison de 3 à 10 ml/chat/jour et 30 à 50 ml/jour chez le chien.

Vous verrez, des préparations du commerce ont l’avantage d’associer différentes solutions évoquées dans ce dossier. Elles permettent d’effectuer ces cures de renforcement immunitaire de façon plus simple. Essayez par exemple Endostim ND (Laboratoire Demeter), Immunite ND (Ergyvet), Tony’phyl ND (Vetophylum), Stimunvet ND (Laboratoire Labbéa), A.N.D 100 Résistances naturelles (Laboratoire Oskan), Vitalité ND (Wamine) parmi tant d’autres… Ces traitements sont réellement pertinents dans les malades virales chroniques du chat notamment (leucose féline, FIV, calicivirose, etc.) où notre arsenal thérapeutique est limité en curatif.

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