Comment protéger son audition ?

Près de 16 % de la population souffre de problèmes auditifs, et une personne sur trois après 50 ans. Il est donc important de préserver son audition au quotidien, tout au long de la vie.

Un Français sur deux n’a jamais fait de bilan auditif. Dommage, car c’est l’occasion d’évaluer une perte d’audition, d’y remédier si possible, et d’apprendre à protéger ses oreilles afin de garder l’ouïe fine le plus longtemps possible. Pour une meilleure prévention et un bon suivi.

1. S’équiper d’un bouclier anti bruit

Les bouchons d’oreille, c’est la solution en cas d’exposition sonore exceptionnelle, comme en concert. On trouve facilement des modèles en mousse à petit prix dans les pharmacies ou en GMS, mais ils sont difficilement lavables, donc peu hygiéniques. Mieux : le silicone réutilisable pour moins de 10 euros. Et le top : des versions avec filtres pour bloquer les ondes les plus toxiques (entre 10 et 20 euros), et même les modèles sur mesure réalisés chez l’audioprothésiste, pour des expositions fréquentes et intenses, mais il faut compter 150 euros non remboursés.

2. Réguler le volume sonore

son smartphone

Son smartphone – Source : spm

Moins fort ! On baisse en priorité le son du smartphone (surtout avec écouteurs), qui peut envoyer jusqu’à 10 0 décibels, au risque de provoquer des lésions définitives comme les acouphènes ou les pertes auditives. Certains appareils sont d’ailleurs équipés d’une fonction limitatrice à activer. Et en concert ou même en soirée, on s’éloigne le plus possible des enceintes. Il ne faut pas non plus sous-estimer les expositions quotidiennes, notamment en pleine ville dans une rue passante, ou au travail. Le seuil limite, au-delà duquel l’oreille commence à souffrir, est fixé à 80 décibels. Et on y est vite, quand 5 ou 6 personnes échangent dans un lieu clos. Une simple discussion animée à deux atteindra facilement les 50 décibels !

3. Limiter le temps d’exposition

C’est le secret pour préserver les fonctions auditives. Et logiquement, plus le volume sonore est important, plus on réduit la durée d’exposition : 7 minutes maximum à 100 décibels, mais 7 heures à 50-80 décibels, par exemple. Et pour bien s’adapter, on évalue le niveau sonore en équipant le smartphone de l’application gratuite Sonomètre JNA qui mesure précisément le bruit ambiant.

4. S’accorder des temps de récupération

Comme pour les yeux qui fatiguent devant les écrans, il est important de mettre les oreilles au repos. Ce temps de récupération devrait être aussi long que le temps d’exposition : 1 heure de concert (même avec bouchon !) égale 1 heure de silence ; une journée dans un environnement très sonore au boulot ou en ville équivaut à une bonne nuit au calme. Ponctuellement, dans la journée, on essaye de se soustraire au bruit, 5 à 10 minutes toutes les heures, idéalement.

5. Éviter les Cotons-tiges

coton tiges

Cotons-tiges – Source : spm

Leur usage est inutile, voire risqué. Nos oreilles s’auto-nettoient et le cérumen leur est nécessaire, notamment pour faire glisser les ondes vers les tympans et protéger la peau. À trop gratter, on irrite, on augmente le risque d’eczéma et d’infection, on peut léser le tympan et favoriser les bouchons limitant l’acuité auditive. Il suffirait de nettoyer l’extérieur, juste à l’entrée du conduit, à l’aide de la serviette-éponge.

6. Éliminer l’humidité résiduelle

L’eau qui stagne au fond des oreilles peut générer les infections, autrement dit des otites, qui peuvent aussi faire perdre des points d’audition quand elles sont trop fréquentes. En sortant de la douche ou du bain, on s’assure qu’il ne reste pas d’eau dans le conduit en secouant la tête sur le côté et en séchant avec un papier absorbant, voire en dirigeant le sèche-cheveux à température modérée.

7. Faire du sport

faire du sport

Faire du sport – Source : spm

C’est bon pour tout, on le sait, mais pour la santé des oreilles aussi. L’activité physique améliorerait la vascularisation des organes composant l’ensemble de l’appareil auditif, et joue un rôle protecteur sur le cerveau qui est aussi très impliqué dans la perception auditive. À condition d’éviter les chutes sur la tête en tombant, au risque d’endommager l’oreille interne… On porte un casque pour faire du vélo ou du ski, et tout doux avec les écouteurs ! Avis aux fans de piscine : en cas de fragilité, le port de bouchons spéciaux est conseillé.

8. Travailler sur son stress

L’anxiété, les doutes, la fatigue majorent la perception des acouphènes. Il est donc recommandé de travailler sur ces facteurs aggravants pour ne pas se sentir envahi par ces perceptions sonores internes. Respiration abdominale, sophrologie, yoga, exercices de cohérence cardiaque peuvent réellement aider et l’on trouve beaucoup d’applis pour s’y mettre.

9. Réaliser des bilans réguliers

Une gêne croissante dans les milieux bruyants et des difficultés de compréhension, mais aussi des sifflements ou des bourdonnements internes, ainsi que des vertiges sans explication, doivent motiver la consultation d’un médecin ORL à tout âge. Et, après 50 ans, il est conseillé de faire un bilan tous les trois ans. Il repose sur l’examen clinique par otoscopie pour observer le conduit, repérer un bouchon de cérumen, vérifier l’état du tympan… On peut aussi réaliser un audiogramme tonal, afin de mesurer la perception auditive, ou vocal, éventuellement, pour mieux comprendre une surdité.

10. Se faire appareiller si nécessaire

Trop peu de personnes souffrant de surdité sont appareillées, mais le nouveau dispositif « 100 % santé » assurant la prise en charge totale de certaines aides auditives devrait changer la donne. On peut se faire aider pour retrouver une aisance auditive. Les prothèses soulagent également les acouphènes parfois plus nombreux avec la progression de la presbyacousie. Et continuer à bien entendre, c’est aussi protéger les fonctions cognitives.

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