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Cette infirmière dévoile des photos d’elle avant et après avoir travaillé au service Covid-19

Les personnels soignants, ces héros en blouse blanche, se battent en première ligne, tous les jours et en continu contre le Covid pour sauver les malades des griffes du virus ravageur. Mais ils sont fatigués, épuisés et au bout du rouleau. Soumis depuis l’apparition de l’épidémie du coronavirus à une surcharge de travail liée au stress, ils ressentent un réel épuisement professionnel. Une infirmière aux soins intensifs témoigne de sa vulnérabilité et de sa transformation physique suite à la fatigue aussi bien physique que morale dont elle souffre durant la pandémie.

Kathryn est une infirmière aux soins intensifs à Nashville, qui se bat comme elle peut depuis le début de l’épidémie, pour sauver les malades du Covid-19. A la chaîne d’information, CTVNews, elle déclare être au bout du rouleau.

« C’est épuisant »

La fatigue se lit sur son visage et les photos qu’elle a publiées sur Twitter en témoignent. Juste après avoir obtenu son diplôme, Kathryn a publié une photo d’elle fraîche, souriante et arborant un visage aux traits détendus et reposés.  Mais quelques mois plus tard, après les dures journées à l’hôpital à subir le stress et à essayer d’apporter le soutien nécessaire à tous ceux qui souffraient du coronavirus, elle a dévoilé un tout autre visage sur sa photo. Ses yeux étaient marqués par les cernes et les poches, ses traits étaient tirés et son visage portait encore la trace du masque facial qu’elle n’a pas le droit d’enlever…sauf pendant la pause. Elle a commenté ses photos : « Comment ça a commencé…comment ça se passe ».

Photo de Kathryn avant la pandémie. Source : ctvnews
Photos de Kathryn après la pandémie. Source : ctvnews

A CTVNews, elle a déclaré lors d’une entrevue téléphonique que les gens ne sont pas conscients de la réalité dans les hôpitaux et qu’ils ne voient pas ce que le personnel de la santé voit. Et même s’il n’est pas possible de filmer ce qui se passe chaque jour dans un hôpital, il suffit de voir son état à elle afin de comprendre comment la pandémie affecte les travailleurs de la santé. Elle explique que les personnels soignants sont souvent déshydratés à cause de la transpiration et qu’avec les masques, ils ne peuvent pas boire, sauf durant la pause.

Les photos de Kathryn ont inspiré bien d’autres personnels soignants

Touchés par les photos de Kathryn, d’autres personnels de la santé au cœur des unités Covid et travaillant dans les mêmes conditions épuisantes et stressantes, ont décidé de partager leurs photos sur Twitter, d’avant et après, pendant la pandémie.

Sarah, une infirmière, montre sa photo avant la pandémie. Source : Twitter
Sarah, une infirmière, montre sa photo après la pandémie. Source : Twitter
Makaela, une infirmière, montre sa photo avant la pandémie. Source : Twitter
Makaela, une infirmière, montre sa photo après la pandémie. Source : Twitter
Lyss, une infirmière, montre sa photo avant la pandémie. Source : Twitter
Lyss, une infirmière, montre sa photo après la pandémie. Source : Twitter

Toutes ces infirmières avaient l’air épanouies et au mieux de leur forme avant la pandémie. Mais les photos d’après, sont révélatrices de l’épuisement professionnel de ces héroïnes du quotidien qui risquent leur vie pour en sauver d’autres.

A l’instar de cette femme atteinte du Covid-19 qui a voulu avertir du danger de ce virus mortel, Kathryn a tenu à travers ses publications à transmettre un message d’alerte à tous ceux qui ne prennent pas au sérieux les ravages du virus et qui ne respectent pas les règles sanitaires.

La détresse psychologique du personnel de la santé

La fatigue psychologique est aussi observée chez le personnel soignant. Ils demeurent les plus à risque de développer des problèmes de santé mentale suite à la pandémie. Les situations imprévisibles, les urgences, l’anxiété, la crainte d’être contaminé et de contaminer ses proches et la fatigue accumulée, exposent ces héros du quotidien à un stress permanent qui peut être traumatique, qu’ils ne contrôlent pas forcément. Nathalie Prieto, psychiatre référente national des cellules d’urgence médico-psychologiques, explique que le statut de héros donné au personnel soignant peut aider ceux qui ne vont pas trop mal. Pour ceux qui vont mal, cela retarde l’expression de leur souffrance. « S’avouer qu’on va mal, quand on est soignant, c’est très compliqué. », avance-t-elle.

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