5 interactions médicament-aliment dangereuses

On ne vous le répètera jamais assez : adoptez un style de vie sain ! Une bonne alimentation suffit à prévenir ou gérer un grand nombre de maladies. Pourtant, il y a des moments où vous vous rendez au cabinet de votre médecin, que ce soit pour un check-up ou une douleur quelconque, et vous n’avez pas le choix. Vous en sortez avec une ordonnance prescrivant des médicaments pour faire baisser votre taux de cholestérol, contrôler votre tension artérielle ou combattre une infection.

Ensuite, le pharmacien vous indique comment prendre ces médicaments. Parfois, il vous met en garde contre le fait de les prendre l’estomac vide. Certaines personnes écoutent ces recommandations, mais pas toutes. D’autres ne sont même pas mises en garde.

Saviez-vous que de nombreux médicaments peuvent interagir négativement avec certains aliments que vous consommez quotidiennement ? Il ne s’agit pas seulement d’effets secondaires désagréables, comme des maux de tête. Il peut s’agir de conséquences graves comme une insuffisance rénale, une détresse respiratoire, un saignement gastro-intestinal ou même un décès. Quand vous mangez certains aliments en même temps que vos médicaments, ils peuvent en altérer l’effet. Ils peuvent aussi en accentuer l’effet, les rendant plus « biodisponibles », et donc plus toxiques.

Les patients très âgés ont plus de risques d’être victimes d’une interaction négative aliment-médicament, étant donné qu’ils prennent 30% de médicaments en plus. Ceux dont le système immunitaire est affaibli sont aussi plus à risque. Si vous souffrez d’un cancer, du HIV ou d’un dysfonctionnement gastro-intestinal, ou si vous avez subi une greffe, vous devez être plus prudent que la moyenne.

La science évoluant en permanence, notre compréhension des effets des aliments sur les médicaments d’améliore. La liste qui suit est celle des interactions communes ayant un impact sur l’effet des médicaments.

• Le pamplemousse et plusieurs médicaments

Le pamplemousse a fait l’objet de nombreuses études ces dernières années, et le nombre de médicaments avec lequel il peut interagir a grimpé à pas moins de 85. Au moins 43 de ces médicaments ont des effets secondaires sérieux qui peuvent aller jusqu’au décès. Les médicaments avec lesquels le pamplemousse interagit négativement le plus couramment incluent les statines, destinées à faire baisser le cholestérol, les inhibiteurs calciques qui font baisser la tension artérielle et certains antibiotiques. Un composé du pamplemousse, la bergamottine, désactive les enzymes utilisées pour briser les médicaments dans le foie. Par conséquent, des quantités excessives de médicament sont libérées dans le sang, provoquant des effets toxiques et débilitants sur votre santé.

De nombreuses personnes en ont déduit que le pamplemousse était mauvais pour la santé au lieu de comprendre que c’est le cas seulement quand on prend certains médicaments. Des chercheurs travaillent au moyen d’extraire ce composé du pamplemousse afin d’en éliminer les effets négatifs. En attendant, cette interaction étant très spécifique à certains médicaments, posez la question à votre pharmacien en cas de doute.

• Les aliments riches en vitamine K et le Coumadin (Warfarine)

Les aliments riches en vitamine K jouent un rôle dans la formation de caillots sanguins. Si vous mangez beaucoup de ces aliments, vous risquez d’annuler les effets anti-coagulants de ces médicaments. Les aliments riches en vitamine K comprennent les légumes verts à feuilles, comme les épinards, le chou frisé, les blettes, les brocolis, le chou, les choux de Bruxelles et le chou-fleur, et des fruits, comme les avocats et le kiwi, ainsi que l’huile de soja. Combiner ces aliments à des anticoagulants peut avoir des effets inverses, et même mettre votre vie en danger. Sachez que votre docteur peut vous prescrire un autre type d’anticoagulant qui n’interagit pas avec les aliments riches en vitamine K.

• Les aliments contenant de la tyramine et les inhibiteurs de la monoamine oxydase

Les aliments contenant de la tyramine, comme le chocolat, la bière, le vin, l’avocat, le fromage vieilli et la viande traitée de manière industrielle, affectent l’action de ce type d’antidépresseurs. Des études suggèrent que la tyramine pourrait ralentir la métabolisation de ces médicaments, conduisant à une hausse dangereuse de la pression sanguine.

• Le millepertuis et plusieurs médicaments

Même s’il ne s’agit pas d’une interaction aliment-médicament, il est important de souligner que des thérapies alternatives peuvent aussi modifier fortement la façon dont votre corps métabolise des médicaments. De nombreuses personnes oublient de mentionner à leurs docteurs les suppléments, les produits pour la santé et les thérapies alternatives qu’ils peuvent utiliser. Pourtant, ceux-ci peuvent avoir des conséquences désastreuses. Ainsi, le millepertuis s’est popularisé comme traitement contre la dépression et les désordres psychiatriques. Mais il peut interagir dangereusement avec de nombreux médicaments, dont des contraceptifs oraux, des anticoagulants, des traitements utilisés en chimiothérapie, des statines, des immunosuppresseurs, des antidépresseurs, etc. En effet, le millepertuis fait diminuer la concentration de médicaments disponible pour votre corps, ce qui fait qu’ils ont moins d’effet et ne parviennent pas à traiter le syndrome qu’ils sont censés soigner.

• Les protéines et la levodopa

La levodopa est le traitement habituel pour les personnes souffrant de la maladie de Parkinson, car elle aide à contrôler les tremblements et à être physiquement et mentalement apte tout au long de la journée. Les personnes souffrant de cette maladie manquent de dopamine, la substance qui envoie des signaux de votre cerveau vers votre corps. Par exemple, quand vous écrivez un email, votre cerveau envoie un signal à vos mains lui indiquant comment le taper. Donc, si vous manquez de dopamine, ces signaux ne sont jamais transmis et votre capacité à mener à bien des actions physiques est stoppée. Or, la levodopa augmente la quantité de dopamine dans votre corps, vous aidant à contrôler des actions physiques.

Malheureusement, les protéines concurrencent l’absorption de la levodopa et c’est généralement elles qui l’emportent. Un régime de répartition des protéines est donc recommandé. Vous devez consommer des quantités minimales de protéines très tôt dans la journée tout en prenant vos médicaments le matin, et faites le plein de protéines pendant le repas du soir et les snacks, afin de maximiser l’effet des médicaments.

Beaucoup ne réalisent pas que de nombreux aliments contiennent une petite quantité de protéines. Par exemple, une tranche de pain en contient 2 ou 3 grammes. Avec un régime de répartition des protéines, vous consommeriez 7 à 10g de protéines au cours de la journée et 40g le soir. Mais, comme vous le voyez, il n’est pas facile de minimiser sa consommation de protéines au début de la journée.

Toutefois, il peut aussi être compliqué de déterminer la quantité de médicaments que votre médecin devrait vous prescrire. Si vous en prenez trop, vous serez hyperactif, mais trop peu peut vous laisser paralysé, sachant que votre dose met 20 minutes avant de vous donner un coup de fouet, puis de vous stabiliser.

Il n’est pas facile de savoir quels aliments manger quand vous prenez certains médicaments, de même que les heures auxquelles vous pouvez les consommer. Renseignez-vous toujours auprès de votre médecin ou votre pharmacien et envisagez de consulter un diététicien de manière à déterminer les aliments à éviter, à limiter ou à répartir dans la journée afin d’optimiser l’effet de vos médicaments.

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