Comment renforcer l’immunité en hiver ?

Hygiène de vie, micro-nutrition, homéopathie, phytothérapie, aromathérapie... L’arrivée des maux de l’hiver nécessite que l’on prenne des mesures préventives. Nos astuces pour se préparer à la saison froide !

À l’approche de la saison hivernale, la prévention des infections virales et bactériennes est indispensable. « Dès que les températures chutent en dessous de 0, nos patients se préoccupent tout particulièrement du virus de la grippe. La flambée du Covid-19 les inquiète également : le nouveau variant “Centaure”, qui nous arrive d’Inde, échappe complètement aux vaccins. Quant au Monkeypox (variole du singe) – cette maladie infectieuse caractérisée par une éruption cutanée accompagnée d’une fièvre ou de ganglions – il concerne surtout les hommes ayant des relations sexuelles avec des hommes. Mais sa diffusion au sein de la population ne rassure pas les patients », souligne le docteur François Mulet, généraliste homéopathe, hypnothérapeute, régulateur SAMU (Angers). D’autres épidémies touchent en priorité les nourrissons, telles que la bronchiolite ou la gastro-entérite. À tout cela s’ajoutent les virus et affections bactériennes de l’hiver : rhume, angine, otite, sinusite, toux…

La complexité de nos défenses immunitaires

Pour pouvoir lutter de façon optimale contre ces affections, il nous faut renforcer nos défenses immunitaires. Mais en quoi consiste-t-elle ? Notre système immunitaire rassemble tous les mécanismes physiques de lutte contre les agents pathogènes : ces bactéries (salmonelles, staphylocoques…), virus (grippe, Covid-19…), parasites (paludisme, vers intestinaux…), levures, champignons – qui nous rendent malades. Il est constitué d’organes, de cellules (appelées globules blancs ou leucocytes) et de protéines (anticorps) qui aident l’organisme à se protéger contre ces agents infectieux. « L’immunité est également associée à la notion du “soi” et du “non soi”. Ce dernier correspondant à toute substance étrangère à l’organisme identifiée comme telle par notre système immunitaire », indique le docteur Mulet.

Immunité innée et acquise

Il existe deux types d’immunité : celle dite « innée » – génétiquement héritée et présente dès la naissance – et celle « acquise », qui se développe avec le temps, par le biais du contact de notre organisme avec les microbes ainsi que par l’intermédiaire de la vaccination. Quand un agent infectieux pénètre l’organisme, il se heurte à des barrières naturelles de première défense qui entourent le milieu intérieur (la peau et son microbiote, la sueur, les larmes…). Il déclenche alors une réaction inflammatoire : des cellules de l’immunité vont se développer, se spécialiser et lutter contre l’agent infectieux par phagocytose (ces cellules vont « manger » le corps étranger). « La cellule, en phagocytant le corps étranger, va présenter en surface des éléments constitutifs de cet envahisseur : c’est ce que l’on appelle les antigènes. Ces derniers vont alors être reconnus par d’autres cellules de l’immunité comme appartenant au “non soi” ce qui déclenche une réponse adaptée de façon très spécifique : c’est l’immunité acquise. Cette dernière est sous-tendue par deux types de cellules : les lymphocytes B et T. Les lymphocytes T vont garder en mémoire la trace de l’infection. Ce qui permet, en cas de réinfection, une réponse plus anticipée et plus amplifiée contre l’agent infectieux », note le docteur Mulet.

Misez sur la micro-nutrition

Outre son effet antioxydant, le zinc participe au maintien de l’équilibre du microbiote. La vitamine C, quant à elle, intervient notamment dans la mobilité cellulaire. La vitamine D et le magnésium ont également une importante fonction immunostimulante. Le sélénium a un effet de blocage de la réplication des virus. « Pour booster l’immunité, je conseille à mes patients, dès l’automne, de prendre chaque jour de la vitamine D, du zinc (au moins 15 mg). La supplémentation en magnésium doit être effectuée sous certaines formes biodisponibles (citrate, glycérophosphate ou malate de magnésium : 400 à 6 000 mg tous les jours). L’apport en vitamine C doit être, au moins, de 500 g par jour. Attention, par ailleurs, à la prise de paracétamol régulière qui abaisse nos défenses immunitaires », note le docteur Mulet.

Les facteurs de baisse d’immunité

Stresser au travail

Stresser au travail – Source : spm

L’immunodépression est une situation pathologique traduisant un affaiblissement du système immunitaire : cela survient dans certaines maladies (cancers, VIH…). D’autres facteurs, tel le stress psychologique, peuvent diminuer nos défenses immunitaires. Le stress induit la production de certaines hormones (adrénaline, noradrénaline, cortisol) dont l’hypersécrétion induit une baisse de l’immunité. Le stress oxydatif, quant à lui, correspond aux réactions biochimiques cellulaires engendrant, in fine, une production de radicaux libres (molécules instables d’oxygène qui prennent les électrons d’autres molécules pour s’auto stabiliser) en excès. À forte dose, ceux-ci sont très toxiques, à l’origine de mutations génétiques et d’un vieillissement cellulaire précoce. « Une mauvaise hygiène de vie (alimentation trop riche en graisse, sédentarité, tabagisme, exposition trop importante au soleil…) favorise le stress oxydatif. À l’opposé, certaines substances antioxydantes permettent de neutraliser les radicaux libres : vitamine C, A et E ; zinc ; magnésium, sélénium, polyphénols des fruits rouges, resvératrol du cacao, flavonoïdes des fraises… », affirme le docteur Mulet. Parmi les autres causes d’immunodépression, on compte notamment la dénutrition, le dérèglement du microbiote intestinal (bactéries qui évoluent au sein du tube digestif), la consommation de tabac et d’alcool, et certains médicaments tels que les corticoïdes, les chimiothérapies ou encore, les anti-inflammatoires.

L’aromathérapie pour soutenir l’immunité

Le rhume doit être soigné dès les premiers symptômes pour éviter une infection bactérienne. En aromathérapie, des huiles essentielles (HE) aux propriétés assainissantes et antivirales (niaouli, citron, ravintsara) peuvent être diffusées dans l’air (chambre, salon). La plupart des angines sont virales et guérissent sans traitement particulier. Les pastilles composées d’HE (miel, propolis, lavande, citron, eucalyptus) sont efficaces. Les HE d’eucalyptus ou de thym peuvent être utilisées en inhalation ou déposées sur une boulette de mie de pain (à prendre par voie orale) ou à l’intérieur du poignet (une goutte 2 à 3 fois par jour). Pour libérer les sinus, on peut opter pour l’HE d’eucalyptus radié (2 gouttes dans un mouchoir, au creux du poignet ou par voie orale sur un peu de mie de pain).

Une hygiène de vie équilibrée

Pour améliorer l’immunité, il faut d’abord lutter contre l’inflammation chronique de l’organisme. Cette situation survient, par exemple, lorsque l’on est atteint de certaines maladies : diabète, obésité, cancers… Pour cela, certaines mesures hygiéno-diététiques sont indispensables : sommeil de qualité adapté à nos besoins, activité physique modérée et régulière (marche nordique, vélo, natation…), alimentation équilibrée, activités sociales, ludiques et culturelles. « Ces mesures aident à prévenir ou limiter les complications des troubles et maladies chroniques responsables d’une baisse de l’immunité : diabète, cancer, déclin cognitif… En matière d’alimentation, le régime crétois (abondance de végétaux ; huiles végétales et notamment d’olive ; poissons gras ; peu de viande ; produits laitiers en particulier de brebis) est particulièrement intéressant pour la santé immunitaire », confie le docteur Mulet.

Le pouvoir des plantes

L’échinacée

L’échinacée – Source : spm

Certaines plantes adaptogènes (telles que le ginseng rouge) boostent l’immunité grâce à leur effet antioxydant. Des plantes immunostimulantes, dotées d’une action modulatrice sur le cortisol (hormone du stress) sont intéressantes : réglisse, ginseng et rhodiole chez l’adulte et la personne âgée ; cassis chez l’enfant. Certaines plantes contiennent des polysaccharides, c’est-à-dire des sucres complexes composés de plusieurs molécules de sucres simples. La propriété commune des plantes qui en contiennent est de moduler l’immunité. Elles contribuent, par exemple, à renforcer l’immunité chez une personne fatiguée qui fait des infections à répétition. L’échinacée est la plante de l’immunité par excellence. Elle peut être prise à tous les âges, en prévention des virus de la saison froide (y compris ceux de la gastroentérite). Elle est souvent associée au cyprès lorsque l’immunité est déjà affaiblie (personnes malades, âgées, polymédiquées…). L’astragale convient également aux seniors ayant un système immunitaire vieillissant et/ou fragilisé par des maladies chroniques.

L’intérêt de l’homéopathie

En prévention hivernale, l’homéopathie est une aide précieuse pour booster l’immunité. « Je propose souvent un protocole simple, adapté à tous. Echinacée pour son action immunostimulante et anti-purulente. Silicea pour renforcer l’immunité innée, Aviaire chez les jeunes (enfants et adolescents) pour contrer les sinusites, otites et autres affections ORL et sérum de Yersin chez les adultes et les seniors. Je prescris aussi Thymuline chez les personnes fragiles d’un point de vue ORL. Ces traitements doivent être entrepris durant toute la période d’exposition aux épidémies. », conclut le docteur Mulet

Lire aussi Comment booster l’immunité et la vitalité naturellement ?

Contenus sponsorisés