Comment perdre du poids grâce à l’hypnose ?

À contre-courant des régimes, l’hypnose peut aider à perdre des centimètres, mais sans frustration. Une méthode douce pour limiter les compulsions, en apprenant à mieux gérer ses émotions. Explications.

En finir une fois pour toutes avec le grignotage, modifier de (mauvaises) habitudes alimentaires… Franchir la porte du cabinet d’un hypnothérapeute peut aider à se débarrasser d’un comportement qui nous a fait grossir. Avant de consulter ce professionnel, un conseil : identifier l’origine du problème, celui qui a entraîné la prise de quelques kilos superflus. L’objectif que l’on souhaite atteindre peut être ambitieux, tout en restant réaliste. On ne gravit pas l’Everest d’un coup ! Cet objectif doit être formulé d’une manière positive. « Dans tous les cas, avec l’hypnose, nous ne parlons pas de perte de poids, insiste Carine Grzesiak, psychologue et hypnothérapeute à Paris. En effet, le cerveau n’aime pas la perte. On va donc bannir ce mot perte. C’est un préalable important pour atteindre ses objectifs. »

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Une séance d’hypnose – Source : spm

L’alimentation et les émotions

En début de séance, le thérapeute demande à son patient l’objet de sa visite, afin de pouvoir lui proposer des séances sur mesure. « Très souvent, quand quelqu’un mange toujours très gras et/ou très sucré, il y a un rapport aux émotions. On va essayer de voir quelle béquille émotionnelle l’alimentation représente pour cette personne. La nourriture n’est alors que la partie émergée de l’iceberg. » Une fois les émotions extériorisées, le travail peut commencer. « Faire parler les émotions a un effet très apaisant. Le patient aura moins besoin de nourriture. On réfléchit aussi ensemble à ce qui pourrait être mis en place pour apaiser, trouver d’autres solutions qui ne passent pas par la nourriture. Cela demande un travail en profondeur, en général de 10 à 15 séances. » Compter en moyenne de 70 à 120 € la séance, selon le lieu d’installation du praticien.

Entre veille et sommeil

L’hypnose est un état de conscience modifié. C’est l’état dans lequel nous nous trouvons lorsque nous rentrons du travail en voiture, sur un trajet que nous avons emprunté mille fois, et que le cerveau se met en mode « pilote automatique. » Quand vous poussez la porte de chez vous, vous vous rendez compte que vous n’avez plus de souvenirs du trajet, ou d’une partie du trajet. Dans le cabinet d’un hypnothérapeute, le patient est plongé dans cet état, pour lui permettre de recevoir plus facilement les suggestions du praticien. Ce dernier va par exemple lui suggérer le plaisir qu’il prend à manger des aliments plus sains. Pendant la séance, le patient est invité à fermer les yeux, mais ce n’est pas obligatoire. Il est assis ou allongé, au calme, sans aucune perturbation extérieure. Le thérapeute l’invite à prendre trois respirations profondes, pour se détendre, prélude à l’installation d’un état de conscience modifié.

perte de poids

Perdre du poids – Source : spm

Loin de l’hypnose spectacle

Le patient reste acteur d’un bout à l’autre de la séance. Il n’est à aucun moment manipulé, ou contraint de faire quelque chose qui ne lui conviendrait pas. Peu à peu, il change la vision qu’il a de certains aliments.

Il peut ainsi se détacher, rendre moins désirables des aliments identifiés comme « réconfortants », comme le chocolat ou les chips, et renforcer son attirance pour les fruits et légumes.

La part inconsciente du cerveau entre en scène pendant la séance pour modifier les comportements qui gênent au quotidien, « casser » des automatismes parfois installés depuis de longues années. Par exemple, la tablette de chocolat ou le paquet de gâteaux mangés chaque soir devant la télé, sans même réfléchir. Il est ensuite sollicité pour trouver des idées de « remplacement » : lire un bon roman, se glisser dans un bain chaud, passer un coup de téléphone à un ami, ou ne rien faire, tout simplement. Les anciennes habitudes sont remplacées par des nouvelles, plus en accord avec ses objectifs. Ce qui permet, de retour chez soi, de prendre du recul, d’être moins stressé, et donc moins dans la compulsion. En changeant ses habitudes alimentaires, l’hypnose peut donc permettre d’atteindre son poids de forme. Pas de baguette magique, mais quelques séances accompagnées d’une bonne dose de détermination pourraient permettre de perdre 2 à 3 kilos par mois.

Un travail sur le long terme

L’hypnose s’adresse à tous ceux qui en ressentent le besoin. Mieux vaut, bien sûr, y être particulièrement réceptif, cela augmentera les chances de succès, car il faut accepter l’idée de lâcher prise. Si l’on résiste, ce sera plus compliqué, et demandera plus de temps pour avoir des résultats. Quelques séances avec un hypnothérapeute pourront aussi permettre, si la personne le souhaite, d’apprendre les bases de l’autohypnose. Un véritable atout pour pérenniser, sur le long terme, les résultats obtenus, et stabiliser son poids. Car l’adoption de nouveaux réflexes, pour remplacer les anciens, ne se fait pas en une semaine. Répéter l’exercice chez soi, encore et encore, multiplie ses chances de réussite. Une méthode douce, comme la méditation de pleine conscience, à pratiquer sans modération. « Seules les personnes psychotiques, ou épileptiques, devraient s’abstenir, par précaution. »

nourriture malsaine

Nourriture malsaine – Source : spm

Les limites de L’HYPNOSE

« Quand une personne me dit qu’elle voudrait arrêter les bonbons, ou les biscuits apéritifs, il est possible de faire une séance pour qu’elle ait plutôt envie d’autre chose, comme des bâtonnets de carottes. Mais attention, cela ne marche que lorsqu’un seul aliment est concerné. Si la personne veut arrêter de manger burgers, pâtes et pizzas, et avoir envie de poisson et de légumes verts, c’est voué à l’échec. Pour que l’hypnose fonctionne, il faut que ce soit validé, pleinement accepté par le patient. » De même, certains posent – virtuellement – un anneau gastrique sous hypnose. Cela a pour but de pousser la personne à manger aussi peu que si elle était réellement passée au bloc opératoire pour réaliser cette lourde opération. « Personnellement, je ne le ferai jamais, car je trouve ça très violent. Cela entretient l’idée que la personne n’est pas autonome par rapport à ça. En plus, pour le thérapeute, c’est très compliqué de bien doser l’anneau, cela peut être dangereux. »

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